Jour de dé­brayage

Pre­mier jour de grève

L'Etoile - - LA UNE - PAR MÉ­LA­NIE MELOCHE-HOLUBOWSKI mm­ho­lu­bows­ki@heb­dos­du­su­roit.com

Mar­di, plus de 200 en­sei­gnants ont­ma­ni­fes­té leur mé­con­ten­te­ment sur les ter­rains de la Ci­té-des-Jeunes avant de se rendre en au­to­bus àMon­tréal. Non pas pour une sor­tie édu­ca­tive, mais plu­tôt pour dé­crier la len­teur des né­go­cia­tions de leur conven­tion col­lec­tive de­vant les bu­reaux de Jean Cha­rest.

Plus de 300 000 élèves de 800 écoles ont pro­fi­té d’une jour­née de congé alors que les quelque 32 000 en­sei­gnants de la Fé­dé­ra­tion au­to­nome des en­sei­gnants (FAE) ont dé­brayé.

« Les en­sei­gnants pressent le gou­ver­ne­ment de pro­cé­der à des amé­lio­ra­tions sub­stan­tielles de leurs condi­tions de tra­vail. La FAE re­ven­dique de réelles so­lu­tions pour sou­la­ger les en­sei­gnants d’une tâche ex­trê­me­ment lourde et pour fa­ci­li­ter les condi­tions d’ap­pren­tis­sage de tous leurs élèves. Cette grève est l’ex­pres­sion de l’exas­pé­ra­tion des en­sei­gnants. Le gou­ver­ne­ment va sai­sir l’am­pleur de notre mo­bi­li­sa­tion et de notre dé­ter­mi­na­tion », a af­fir­mé Pierre St-Ger­main, pré­sident de la FAE.

Le Syn­di­cat de l’en­sei­gne­ment des Sei­gneu­ries (SES), af­fi­lié à la FAE, re­pré­sente plus de 550 en­sei­gnants du se­con­daire, de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle et de l’édu­ca­tion des adultes de la Com­mis­sion sco­laire des Trois-Lacs. De son cô­té, le Syn­di­cat de l’en­sei­gne­ment de la ré­gion de Vau­dreuil (SERV) est af­fi­lié à la Fé­dé­ra­tion des syn­di­cats de l’en­sei­gne­ment du Québec (FSE) et re­pré­sente 740 en­sei­gnants du pri­maire et du pré­sco­laire de la ré­gion.

Le 8 juin marque les quatre ans de la scis- sion des en­sei­gnants de la FAE et de la FSE. In­sa­tis­faits des der­nières né­go­cia­tions, neuf syn­di­cats de l’en­sei­gne­ment se sont désaf­fi­liés de laFSE en 2006 pour créer la­FAE.

« Nous l’avons fait pour ne plus ja­mais avoir une en­tente au ra­bais, a dé­cla­ré Stéphane Au­coin, pré­sident du SES. Nous ne si­gne­rons pas d’en­tente au dé­tri­ment de nos membres. »

Si la FSE a né­go­cié une en­tente de prin­cipe la se­maine der­nière, la FAE re­fuse d’ac­cep­ter de tels com­pro­mis.

M. Au­coin res­pecte la dé­ci­sion de la FSE, qu’il qua­li­fie tou­te­fois d’in­adé­quate pour ses membres.

Re­ven­di­ca­tions prio­ri­taires

« La base né­go­ciée par les autres syn­di­cats n’est pas une base pour nous. Nous vou­lons des condi­tions de tra­vail amé­lio­rées », a pré­ci­sé M. Au­coin.

L’en­ve­loppe de 20 M$ pro­mise à la FSE pour les élèves en dif­fi­cul­té ne contien­drait en fait que quelque 6000 $ par école.

« Ce n’est même pas le sixième du sa­laire d’une tech­ni­cienne en édu­ca­tion spé­cia­li­sée. Quel ser­vice pour­rons-nous don­ner aux élèves? » a dé­plo­ré M. Au­coin.

L’iden­ti­fi­ca­tion a prio­ri n’in­clut qu’une mi­no­ri­té d’élèves, es­time la FAE. « Nous vou­lons pou­voir iden­ti­fier tous les élèves. »

Le gou­ver­ne­ment doit re­voir l’in­té­gra- tion des élèves en dif­fi­cul­té : les élèves « or­di­naires » su­bissent trop les ef­fets de cette in­té­gra­tion, se­lon ce syn­di­cat.

La ré­duc­tion du nombre d’élèves par classe pour­rait né­ces­si­ter plu­sieurs an­nées, se­lon M. Au­coin. « Si nous avons 18 classes à la Ci­té-des-Jeunes, en­le­ver un élève par classe ne se­ra pas suf­fi­sant pour ou­vrir une autre classe. La Com­mis­sion sco­laire don­ne­rait un pe­tit sup­plé­ment à l’en­sei­gnant sans ré­duire la gros­seur des groupes », a-t-il pré­ve­nu.

Du cô­té de l’édu­ca­tion des adultes et de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, la pré­ca­ri­té d’em­ploi de­meure un che­val de ba­taille. Cin­quante pour cent des en­sei­gnants de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle et 60% de l’édu­ca­tion des adultes vivent un sta­tut pré­caire, af­firme le SES.

« J’ai une en­sei­gnante qui, après 25 ans, a re­çu sa per­ma­nence! Du cô­té de l’ate­lie­ré­cole des Cèdres, au­cun en­sei­gnant n’a de contrat à temps plein de­puis 1997! » s’est in­di­gné M. Au­coin.

L’en­tente au­près de la FAE ne rè­gle­rait pas le cas de tous les en­sei­gnants au sta­tut pré­caire.

Nor­ma­le­ment, les né­go­cia­tions sont in­ter­rom­pues pen­dant la pé­riode es­ti­vale. Cette pre­mière jour­née de grève ne se­ra donc peut-être pas la der­nière. « La par­tie pa­tro­nale est fer­mée à la né­go­cia­tion. Il risque d’y avoir plus de ma­ni­fes­ta­tions à l’au­tomne. Et ça ne se­ra pas qu’une seule jour­née de grève… »

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