Les dom­mages col­la­té­raux du pont Cham­ber­ry

Un éta­blis­se­ment de 50 ans pour­rait fer­mer ses portes

L'Etoile - - LA UNE - YA­NICK MI­CHAUD JOUR­NA­LISTE ymi­chaud@heb­dos­du­su­roit.com

Les tra­vaux du pont Cham­ber­ry, en­tre­pris il y a quelques se­maines, ne font pas que des heu­reux. Loin de là.

Jean-Guy Ro­bin­son, pro­prié­taire de­puis huit ans du com­merce À la pa­tate do­rée, à la li­mite de Vau­dreuil-Do­rion et Pointe-desCas­cades, ful­mine. « Au bas­mot, je risque de perdre près de 30 000 $ cet été. J’ai vu mon chiffre d’af­faires bais­ser de 90%. Je suis pas­sé de 60 clients par jour en se­maine à en­vi­ron 15 », lance d’en­trée de jeu ce­lui qui se sent com­meC­ru­soé, loin­sur so­nîle.

« Pour les gens, le pont est fer­mé et la pa­tate aus­si. Nous sommes loin d’être fer­més. C’est là que nous avons be­soin de notre clien­tèle. J’es­père que les gens vont en­cou­ra­ger les com­merces du coin, parce que je ne suis pas le seul dans cette si­tua­tion. Je suis le pire, mais pas le seul », dé­plore-t-il.

Cet homme d’af­faires s’est adres­sé au mi­nis­tère des Tran­sports duQué­bec et à des élus. « Ils ne veulent pasm’ai­der. Ni le­maire, ni le dé­pu­té, ni le­mi­nis­tère ne veulent le­ver le pe­tit doigt. Ils ont ins­tal­lé un pe­tit pan­neau à l’en­trée de Vau­dreuil-Do­rion, mais c’est tout. Est-ce que ce se­rait trop pour la Ville, dem’of­frir de ne pas payer les taxes cet été? » de­mande-t-il.

Dom­mages évi­dents

En plus de ris­quer la fer­me­ture ou­même la faillite, Ro­bin­son a dû re­mer­cier quatre em­ployées. « Il y avait quatre filles qui tra­vaillaient ici en été. Pas cette fois. Sans comp­ter que­ma femme ne peut tra­vailler. Je n’ar­rive pas à ren­ta­bi­li­ser mon com­merce. Sans pro­fits, je dois quand même payer les taxes, l’élec­tri­ci­té et bien d’autres fac­tures », ex­plique-t-il.

Ro­bin­son n’ose ima­gi­ner une fer­me­ture : « C’est du pa­tri­moine et il est en pé­ril. Nous avons 50 ans d’ac­ti­vi­té. »

Au cours des der­nières fins de se­maine, cet en­tre­pre­neur n’a uti­li­sé que deux poches de pommes de terre pour ras­sa­sier les rares clients de son­casse-croûte.

« L’été, le week-end, je brûle de 400 à 450 livres de pa­tates. De­puis le dé­but des tra­vaux, ce ne sont que 40 livres. J’ai un com­merce sai­son­nier et suis ou­vert d’avril à oc­tobre. Les tra­vaux se­ront en cours au moins jus­qu’à dé­cembre. Je vais per­dre­mon été! » lan­ceRo­bin­son, dé­pi­té.

« Ha­bi­tuel­le­ment, je n’en­tends ja­mais les oi­seaux ici. Je prends les com­mandes, les frites sont dans l’huile, il y a de l’ac­tion. Au­jourd’hui, j’ai eu trois clients. Il est­mi­di quinze; àmon avis, il n’y en au­ra pas d’autres ce­mi­di », éva­lue le cui­si­nier.

Ca­po­tages

Dans un autre ordre d’idées, le dé­tour obli­ga­toire des au­to­mo­bi­listes laisse des sé­quelles à d’autres en­droits.

Les po­li­ciers de la Sûreté duQué­bec ont en ef­fet confir­mé de nom­breuses sor­ties de route sur le che­minSaint-An­toine.

« Nous avons re­çu des de­mandes de sur­veillance à cause de la vi­tesse. Nous al­lons aug­men­ter notre sur­veillance à cet en­droit, mais de­man­dons évi­dem­ment aux gens d’être pru­dents », ex­plique l’agent Bru­no Beau­lieu.

La mai­resse des Cèdres, Géraldine T. Ques­nel, s’in­quiète aus­si de ces ca­po­tages. « Le conseil est in­quiet. Il se de­mande si le mi­nis­tère des Tran­sports a pris toutes les­me­sures qui s’im­posent. L’as­phalte a été re­fait, mais c’est pire, les gens vont plus vite. Il faut faire quelque chose », a dé­plo­ré celle qui en­tend écrire au mi­nis­tère des Tran­sports duQué­bec.

PHOTO YA­NICK MI­CHAUD

Le com­merce À la pa­tate do­rée de­meure ou­vert mal­gré les tra­vaux du pont Cham­ber­ry de Pointe-des-Cas­cades, en­tre­pris il y a quelques se­maines.

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