La sou­ve­rai­ne­té, tou­jours pos­sible

De pas­sage à Vau­dreuil-Do­rion

L'Etoile - - LA UNE - PAR MÉ­LA­NIE MELOCHE-HOLUBOWSKI mm­ho­lu­bows­ki@heb­dos­du­su­roit.com

La sou­ve­rai­ne­té doit re­ve­nir au pre­mier plan, a dé­cla­ré Gilles Du­ceppe à Vau­dreuil-Do­rion dans le cadre de sa tour­née es­ti­vale.

Vingt ans après son élec­tion comme chef du Bloc Qué­bé­cois, Gilles Du­ceppe a ré­af­fir­mé son en­ga­ge­ment à pro­mou­voir la souve - rai­ne­té du Québec : « Je suis tou­jours fi­dèle à mes en­ga­ge­ments en­vers le peuple qué­bé­cois et bien dé­ci­dé à pour­suivre le com­bat pour la sou­ve­rai­ne­té du Québec. Alors que l’opi­nion ca­na­dienne se dur­cit à l’en­droit du Québec, cette loyau­té des dé­pu­tés du Bloc Qué­bé­cois s’avère au­jourd’hui plus im­por­tante que ja­mais. »

Se­lon lui, la pos­si­bi­li­té de ré­for­mer le fé­dé­ra­lisme ca­na­dien n’existe plus. « Alors qu’en 1990, il y avait une ou­ver­ture pour dé­battre des de­mandes du Québec, au­jourd’hui les Ca­na­diens ne veulent plus rien sa­voir. […] Har­per dit que le ter­rain n’est pas fer­tile, mais le ter­rain est plu­tôt bi­tu­mi­neux », a-t-il lan­cé.

Le cli­vage éco­no­mique entre le Ca­na­da et le Québec s’élar­git, a ajou­té Gilles Du­ceppe. Par consé­quent, la sou­ve­rai­ne­té de­meure la seule op­tion pour la sur­vie du Québec, se­lon lui.

Il avoue tou­te­fois qu’il reste en­core beau­coup à faire pour y ar­ri­ver : « La sou­ve­rai­ne­té, ça ne se réa­lise pas du jour au len­de­main. C’est pour­quoi nous de­vons y tra­vailler chaque jour en nous te­nant de­bout pour le Québec sur toutes les ques­tions. »

D’ailleurs, il dé­note un en­goue­ment re­nou­ve­lé au­près des jeunes. « Ils sont très en­ga­gés. L’ave­nir du­re­ra bien plus long­temps pour eux », es­time-t-il.

Com­battre le cy­nisme

Quant au désen­chan­te­ment po­li­tique des Qué­bé­cois, Gilles Du­ceppe croit qu’il s’agit d’un com­bat per­pé­tuel. « Le cy­nisme, ce n’est pas d’hier, a-t-il rap­pe­lé. Fé­lix Le­clerc l’a dit : ‘‘La veille des élec­tions, il t’ap­pe­lait son fis­ton; le len­de­main, comme de rai­son, il avait ou­blié ton nom’’. »

La dé­mo­cra­tie dé­pend de la par­ti­ci­pa­tion ci­toyenne. En ef­fet, les ci­toyens doivent dé­non­cer les in­éga­li­tés et les abus de pou­voir. Les élus doivent donc rap­pe­ler aux gens l’im­por­tance de leur par­ti­ci­pa­tion.

Des élus de la ré­gion ont lais­sé en­tendre que Vau­dreuil-Sou­langes a « élu le mau­vais par­ti pour la cir­cons­crip­tion ». Par consé­quent, la ré­gion ne bé­né­fi­cie­rait pas d’au­tant d’aide fi­nan­cière du gou­ver­ne­ment Har­per.

Gilles Du­ceppe a vi­ve­ment ré­agi à ces al­lé­ga­tions. « C’est faux! Les cir­cons­crip­tions blo­quistes re­çoivent au­tant d’ar­gent (que les autres). Il faut sim­ple­ment re­gar­der l’en­sem- ble du bud­get. De plus, en ré­pan­dant ces ru­meurs, les gens confirment que les conser­va­teurs font du fa­vo­ri­tisme. Je laisse à ces gens le soin de ré­pandre ces stu­pi­di­tés! »

Ap­pui au PQ

Par ailleurs, Gilles Du­ceppe ap­puie Pauline Marois et le Par­ti Qué­bé­cois, pré­ci­sant « qu’il n’y a pas grand-chose à at­tendre du Ca­na­da, d’au­tant plus qu’on est pris avec un gou­ver­ne­ment fé­dé­ra­liste à Québec. Un gou­ver­ne­ment sou­ve­rai­niste di­ri­gé par Pauline Marois va se te­nir de­bout pour le Québec, va tout faire pour mettre un frein aux in­tru­sions fé­dé­rales, ac­qué­rir de nou­veaux pou­voirs pour le Québec et prendre toute la place pos­sible, ce que re­fuse de faire le gou­ver­ne­ment Cha­rest, même à par­tir des com­pé­tences qui sont celles du Québec ».

D’ailleurs, le Par­ti Qué­bé­cois est en cau­cus na­tio­nal cette se­maine à Sa­la­ber­ry-deVal­ley­field.

En­fin, la dé­pu­tée Mei­li Faille lan­ce­ra bien­tôt un site Web plus in­ter­ac­tif.

Jeunes sou­ve­rai­nistes

Charles, 18 ans, de Vau­dreuil-Do­rion, et Jus­tin Ar­cand, 17 ans, de Co­teau-du-Lac, ont par­ti­ci­pé à l’Uni­ver­si­té d’été des jeunes sou­ve­rai­nistes à Mon­tréal en août, où leur dé­sir de pro­mou­voir la sou­ve­rai­ne­té et la po­li­tique a été ani­mé. Ces jeunes étaient éga­le­ment pré­sents mer­cre­di lors de la halte de Gilles Du­ceppe à Vau­dreuil-Do­rion.

Le thème de ce col­loque de trois jours, or­ga­ni­sé par le Bloc qué­bé­cois, était « Un pays pour nous! ». Plus de 400 jeunes y ont abor­dé des ques­tions de sou­ve­rai­ne­té, d’éco - no­mie et de culture qué­bé­coise.

Charles Ti­son a re­mar­qué à quel point la sou­ve­rai­ne­té de­meure un su­jet d’ac­tua­li­té chez les jeunes. « C’est iro­nique qu’en même temps, les jeunes du cau­cus li­bé­ral dis­cu­taient de cy­nisme! Nous par­lions d’une idée qui ne vieillit pas », a ajou­té Jus­tin Ar­cand.

Plu­sieurs pro­fes­seurs uni­ver­si­taires et po­li­ti­ciens ont par­ti­ci­pé aux dis­cus­sions.

Jus­tin Ar­cand es­time que la sou­ve­rai­ne­té se­ra ac­quise lorsque les Qué­bé­cois com­pren­dront les bien­faits éco­no­miques d’une telle dé­ci­sion : « Les gens ont une crainte quant à l’éco­no­mie d’un Québec sou­ve­rain. Mais nous pou­vons convaincre les gens. »

« J’avais ma propre vi­sion de la sou­ve­rai­ne­té, mais cette ren­contre m’a convain­cu qu’on peut y ar­ri­ver, ex­plique Charles Ti­son. Il faut ar­rê­ter de sur­vivre au Ca­na­da et plu­tôt vivre au Québec. »

Pour voir des photos de Charles Ti­son et de Jus­tin Ar­cand, ain­si que des photos sup­plé­men­taires de la vi­site de Gilles Du­ceppe à la mai­son Trest­ler, con­sul­tez le site In­ter­net au www.jour­nal­le­toile.com.

La dé­pu­té Mei­li Faille et le chef du Bloc Qué­be­cois, Gilles Du­ceppe.

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