Un­chien at­taque un ado­les­cent àVau­dreuil-Do­rion

L'Etoile - - ACTUALITÉ - PAR MÉ­LA­NIE MELOCHE-HOLUBOWSKI mm­ho­lu­bows­ki@heb­dos­du­su­roit.com

Cet été, un chien amor­du un ado­les­cent à Vau­dreuil-Do­rion. Les pa­rents de la vic­time in­tentent une pour­suite contre le pro­prié­taire de l’ani­mal, mais veulent sur­tout conscien­ti­ser la po­pu­la­tion à la res­pon­sa­bi­li­té ci­vile.

Le 23 juillet, Ju­lien Théo­rêt fait du por­teà-porte pour vendre du cho­co­lat sur la rue Bour­get à Vau­dreuil-Do­rion. Son em­ploi d’été se trans­forme alors en cau­che­mar.

L’ado­les­cent sonne à la porte d’une mai­son, comme il l’a fait à maintes re­prises. « J’ai vu un chien qui jap­pait der­rière la porte, ra­conte-t-il. Per­sonne n’a ré­pon­du, et j’ai dé­ci­dé de re­tour­ner sur mes pas. J’ai en­ten­du un dé­clic et je me suis re­tour­né. Un chien a sau­té sur mon bras droit. J’ai es­sayé de re­cu­ler et je suis tom­bé. Le chien a en­suite at­ta­qué ma cuisse. »

Per­sonne ne sort de la mai­son, et le chien s’acharne sur sa vic­time.

Les mi­nutes qui suivent sont floues pour cet ado­les­cent, aux prises avec d’in­tenses dou­leurs. Une pas­sante, Manon Mar­leau, en­tend des cris et aper­çoit Ju­lien, bles­sé. Elle lui porte secours.

La vic­time est en­suite trans­por­tée d’ur­gence à l’Hô­pi­tal gé­né­ral du La­ke­shore. « Mon fils ne sen­tait pas son bras », ra­conte la mère, Re­née Al­lard.

En soi­rée, Ju­lien est trans­fé­ré à l’Hô­pi­tal de Mon­tréal pour en­fants à cause de la gra­vi­té de ses bles­sures. Il est alors pris en charge par une équipe se spé­cia­li­sant dans les trau­ma­tismes, et plu­sieurs spé­cia­listes suivent son cas.

Il ap­pert que Ju­lien a su­bi une frac­ture du poi­gnet droit, des mor­sures au bras et à la cuisse et de mul­tiples ec­chy­moses. Il est hos­pi­ta­li­sé une se­maine à cause du risque d’in­fec­tion.

Les pro­prié­taires du chien en ques­tion au­raient ten­té de par­ler à la fa­mille à l’hô­pi­tal, mais les pa­rents étaient trop ébran­lés pour leur ré­pondre. Ju­lien a dû ar­rê­ter de tra­vailler et in­ter­rompre ses cours de gui­tare et de ka­ra­té. Il pour­suit ses trai­te­ments de phy­sio­thé­ra­pie.

Sen­si­bi­li­sa­tion

À la fin d’août, la fa­mille choi­sit d’en­voyer une mise en de­meure au pro­prié­taire du chien. La date de l’au­dience n’a pas en­core été fixée.

La fa­mille a ap­pris de l’ins­pec­teur mu­ni­ci­pal que le chien, un ame­ri­can strat­ford­shire ter­rier, com­mu­né­ment ap­pe­lé Am­staff, avait été en­re­gis­tré par son pro­prié­taire.

Cette race a été créée au XIXe siècle aux États-Unis. Il s’agit d’un croi­se­ment entre un bull­dog et un ter­rier.

La fa­mille a aus­si ob­te­nu, il y a quelques se­maines, un rap­port du vé­té­ri­naire in­di­quant que le chien avait été eu­tha­na­sié. Elle rend cet in­cident pu­blic afin de conscien­ti­ser la po­pu­la­tion aux dan­gers de l’ani­mal de com­pa­gnie et aux de­voirs du pro­prié­taire.

« Les gens qui ont des ani­maux sont res­pon­sables de leurs gestes, dé­clare Re­née Al­lard. Notre fils n’avait pas peur des chiens et com­pre­nait qu’un chien qui jappe ne veut pas né­ces­sai­re­ment dire qu’il va mordre. Pour­quoi le pro­prié­taire n’a-t-il pas mis le chien en sé­cu­ri­té avant d’ou­vrir la porte? C’est une ques­tion de vi­gi­lance. »

Re­née Al­lard es­père que cette agres­sion ser­vi­ra de le­çon aux pro­prié­taires de chiens. « Nous ai­mons les chiens, mais vou­lons que les gens prennent au sé­rieux la pos­si­bi­li­té d’une at­taque », conclut-elle.

Les bles­sures cau­sées par le chien.

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