Les ci­toyens ré­clament de l’eau em­bou­teillée

Une tren­taine de Vau­dreuillois dont l’ha­bi­ta­tion est des­ser­vie par le puits Rit­chie, aux prises avec un avis d’ébul­li­tion pen­dant au moins trois mois, ont té­moi­gné de leur mé­con­ten­te­ment et de leur in­quié­tude à la séance du conseil mu­ni­ci­pal de lun­di.

L'Etoile - - ACTUALITÉ - PAR MÉ­LA­NIE MELOCHE-HOLUBOWSKI mm­ho­lu­bows­ki@heb­dos­du­su­roit.com

De­puis le 31 août, ces ré­si­dents de l’ouest de la ville doivent faire bouillir leur eau au moins une mi­nute. Le 24 août, une ana­lyse avait ré­vé­lé la pré­sence de vi­rus co­li­phages Fs­pé­ci­fiques dans l’eau brute du ré­seau. Le mi­nis­tère de l’En­vi­ron­ne­ment avait alors or­don­né à la Ville de pro­cé­der à une étude ap­pro­fon­die pour dé­ter­mi­ner la source du pro­blème et pro­po­ser des so­lu­tions.

Le maire Guy Pi­lon a pro­mis aux ré­si­dents qu’une séance d’in­for­ma­tion se­rait te­nue lorsque le rap­port se­rait prêt. Ils de­vront at­tendre en­vi­ron trois mois avant d’ob­te­nir des ré­ponses, a-t-il confir­mé lun­di.

Un groupe me­né par la ré­si­dente Hé­lène Si­card a fait part de son in­quié­tude à l’égard de la qua­li­té de l’eau. « Pour vous, une mi­nute d’ébul­li­tion ne semble pas sé­rieuse », a lan­céM­meSi­card.

Si l’eau était for­te­ment conta­mi­née, au point de nuire à la san­té des gens, la Ville fer­me­rait im­mé­dia­te­ment l’ac­cès à l’eau, a tou­te­fois rap­pe­léGuy Pi­lon.

Le conseiller Robert La­wrence, éga­le­ment mi­cro­bio­lo­giste en san­té pu­blique, a ten­té de ras­su­rer les gens après qu’une dame eut sug- gé­ré avoir été conta­mi­née par la bac­té­rie E. co­li. « L’eau ne semble pas être en cause ici. Les sources pour­raient pro­ve­nir de la nour­ri­ture ou­mê­mede tuyaux de sa mai­son », a-t-il ex­pli­qué.

Des ci­toyens ont de­man­dé si ces ana­lyses pou­vaient dé­tec­ter les pro­duits chi­miques, dont le ben­zène, qui en 2004 a conta­mi­né des puits des rues avoi­si­nantes. Le maire a ap­pe­lé la foule au calme, es­ti­mant que la si­tua­tion n’est pas ca­tas­tro­phique. « À SaintPo­ly­carpe, des ré­si­dents ont vé­cu avec un avis d’ébul­li­tion pen­dant trois ans. Et dans le cas de la conta­mi­na­tion (au ben­zène) des puits des rues Crevier et des Érables, cer­taines per­sonnes ont dû éva­cuer leur mai­son », a-t-il lan­cé.

Quelques ci­toyens ont ré­tor­qué qu’ils payaient des im­pôts fon­ciers et qu’ils s’at­ten­daient à re­ce­voir des ser­vices de base, no­tam­ment de l’eau po­table.

Les ci­toyens re­prochent par ailleurs à la Ville le manque d’in­for­ma­tion. Cer­tains af­firment même n’avoir ja­mais re­çu d’avis. Lorsque le sec­teur a été bran­ché quelques jours à un puits avoi­si­nant, per­sonne n’a été avi­sé de la le­vée tem­po­raire de l’avis d’ébul­li­tion, a in­di­quéMme Si­card.

Guy Pi­lon a dé­plo­ré ce manque de com­mu­ni­ca­tion, mais a pro­mis que la Ville avait ré­ta­bli la si­tua­tion.

Pas d’eau pour le­mo­ment

Les ci­toyens ont de­man­dé au maire si la Ville leur four­ni­rait de l’eau em­bou­teillée jus­qu’à ce que le pro­blème soit ré­glé. « Pour l’ins­tant, c’est non. De toute fa­çon, com­bien d’entre vous uti­li­saient de l’eau em­bou­teillée avant l’avis d’ébul­li­tion? » a de­man­dé le maire.

Plus tôt, Mme Si­card avait même ap­por­té des cruches à l’hô­tel de ville de l’en­droit, de­man­dant à ce qu’on les rem­plisse. Et le maire avait ré­pon­du par la né­ga­tive : « C’est un hô­tel de ville. Nous ne pou­vons four­nir de l’eau à tous ces ré­si­dents. »

Dans une lettre à la Ville, les ci­toyens ré­clament 30 $ par se­maine pour ache­ter de l’eau. « Dans l’éven­tua­li­té où laMu­ni­ci­pa­li­té re­fuse ce rem­bour­se­ment, les ci­toyens pren­dront in­di­vi­duel­le­ment les re­cours né­ces­saires enCour des pe­tites créances. »

Le maire a in­di­qué mar­di que le conseil pour­rait ré­vi­ser sa po­si­tion se­lon l’évo­lu­tion de la si­tua­tion.

Ca­pa­ci­té du puits

Les ci­toyens s’in­ter­rogent : pour­quoi une firme d’in­gé­nieurs n’a pas re­çu le man­dat d’éva­luer la ca­pa­ci­té du puits? « La pres­sion di­mi­nue de­puis quelques an­nées. Pour­quoi ne pas avoir choi­si d’étu­dier la ca­pa­ci­té du puits pour l’in­clure dans vos so­lu­tions? » a de­man­déMme Si­card.

De plus, les ci­toyens ne sont pas ali­men­tés en eau lors de pannes élec­triques, le puits n’étant pas ali­men­té par une gé­né­ra­trice.

« Il est plus que temps que laVille pro­cède à une mise à ni­veau de ce puits pour le rendre conforme à la nou­velle lé­gis­la­tion », pou­vai­ton lire dans une lettre de Mme Si­card aux ci­toyens.

Le maire se dit ou­vert à une mise à ni­veau, mais in­dique que les coûts ne se­raient pas né­gli­geables : « Les ci­toyens vont trou­ver la fac­ture sa­lée! »

PHOTO MÉ­LA­NIE MELOCHE-HOLUBOWSKI

Une tren­taine de ci­toyens ont ma­ni­fes­té leur in­quié­tude à l’égard de l’avis d’ébul­li­tion de l’eau du puits Rit­chie.

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