Les pa­pillons au ventre

L'Etoile - - SPORTS SUR LES ROUTES DU SUROÎT - PAR JUS­TINE GRE­NIER jgre­nier@heb­dos­du­su­roit.com

Dé­jà plus de deux se­maines que les soeurs Na­tha­lie et Roxanne Cour­chesne ont sta­tion­né leur quatre-quatre.

Les deux femmes, âgées de 30 et 40 ans, ont par­ti­ci­pé au 10e tro­phée Roses des sables. Dix-huit jours où elles ont tro­qué Vau­dreuil-Sou­langes contre la France, l’Es­pagne et le dé­sert ma­ro­cain.

« Il n’y a rien qu’on n’a pas fait! ré­sume Na­tha­lie, écla­tant de rire. Ça a été 18 jours mou­ve­men­tés du dé­but à la fin. »

C’est qu’en met­tant les pieds à l’aé­ro­port, Na­tha­lie et Roxanne ont ap­pris que leur vol avait été de­van­cé de quatre heures et qu’elles l’avaient donc ra­té. « Per­sonne ne nous avait avi­sées! » s’ex­clament-t-elles. Après avoir trou­vé un autre vol in ex­tre­mis et ter­mi­né leurs pré­pa­ra­tifs, l’équipe nu­mé­ro 157 a fi­ni par ar­ri­ver à temps à sa pre­mière ren­contre.

Or ce n’était pas tout. Lorsque l’équipe a quit­té Bor­deaux pour ga­gner le sud de l’Es­pagne, son quatre-quatre a qué­man­dé un ar­rêt chez un mé­ca­ni­cien. « Ça fai­sait une heure qu’on était par­ties, ex­plique Na­tha­lie. On a per­du six heures en France et on a dû rou­ler toute la nuit pour rat­tra­per les autres équipes. »

Heu­reu­se­ment, les huit jours de ral­lye dans le dé­sert se sont dé­rou­lés sans en­nuis ma­jeurs. Na­tha­lie et Roxanne se le­vaient à 5 h 30 chaque ma­tin et pas­saient une di­zaine d’heures par jour au vo­lant. Un bon stress, se­lon les par­ti­ci­pantes.

« Pour notre pre­mière course, on a ter­mi­né en hui­tième place sur près de 100 équipes, se sou­vient Na­tha­lie. Sauf que le jour d’après, on s’est per­dues deux fois et on est ar­ri­vées avant-der­nières! »

Ce jour-là, les soeurs se sont pro­cla­mées grandes cham­pionnes du hors-piste. « On s’est re­trou­vées très loin, se rap­pel­len­telles. On était en­tou­rées de mon­tagnes et l’on ne voyait per­sonne! »

Pour le plai­sir

Na­tha­lie et Roxanne se re­mé­morent ces anec­dotes en riant. Comme cette fois où tout le conte­nant de lave-glace s’est dé­ver­sé dans le quatre-quatre, juste avant que le vé­hi­cule ne soit as­per­gé d’es­sence. Une odeur in­sou­te­nable qui a for­cé les co­équi­pières à dor­mir à la belle étoile en plein ma­ra­thon et à contem­pler un trou­peau de dro­ma­daires sau­vages!

« Ça ne s’ex­plique même pas, dé­clare Na­tha­lie. On s’est fait un pe­tit feu et on a ou­vert nos slee­pings sur le toit de notre ca­mion. Le clair de lune éclai­rait les dunes. Tu vis ça une fois dans ta vie! »

Avec le re­cul, les aven­tu­rières af­firment être très sa­tis­faites de leur ex­pé­rience. Elles avouent que le po­dium au­rait été agréable, mais qu’il n’était pas leur ob­jec­tif ul­time. Le ral­lye au­ra été l’oc­ca­sion de se dé­pas­ser et de sou­der leur ami­tié.

« On ne pen­sait pas à la job, aux comptes à payer, à rien! Je suis dé­çue de notre 42e po­si­tion, mais on pre­nait ça à la lé­gère », com­mente Roxanne. « Si on fai­sait une er­reur, ce n’était pas la faute de l’une ou de l’autre. C’était du tra­vail d’équipe, point à la ligne », ajoute sa soeur aî­née.

Avant l’en­trée dans les grandes dunes : « L’étape la plus stres­sante, mais aus­si la plus sti­mu­lante, com­mente Na­tha­lie. Celle qui­nou­sa­don­né­de­gros­pa­pillons­dans­le­ventre! »

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