Étu­dier sur la ligne bleue

Une classe spor­tive avec op­tion ho­ckey

L'Etoile - - ACTUALITÉ - PAR JUS­TINE GRE­NIER jgre­nier@heb­dos­du­su­roit.com

SAINT-LA­ZARE – Ré­soudre quelques pro­blèmes en ma­thé­ma­tiques, puis prendre une pause mi­ni­ho­ckey. De­voir quit­ter la classe au beau mi­lieu de la dic­tée puis­qu’il est temps d’en­fi­ler ses pa­tins. À Saint-La­zare, ce rêve est de­ve­nu réa­li­té.

C’est la pre­mière an­née qu’une classe spor­tive avec op­tion ho­ckey fait des heu­reux à l’école Au­clair. Pas moins de 27 gar­çons de 5e et 6e an­née ont en­fin l’oc­ca­sion de se dé­lier les jambes. « Ils ont deux heures de glace par se­maine, pen­dant les heures de classe », ex­plique le pro­fes­seur d’édu­ca­tion phy­sique, Yan Forgues.

L’an der­nier, une classe spor­tive pour les gar­çons et les filles avait été mise en place à l’école. Le pro­blème est la dif­fi­cul­té de cap­ti­ver tous les élèves toute l’an­née. « L’an pas­sé, on a tou­ché à beau­coup de sports, se rap­pelle l’en­sei­gnante Ka­tia La­pointe. Quand on touche au golf, par exemple, on ac­croche seule­ment une par­tie des jeunes. Et quand on touche au soc­cer, on en touche seule­ment une autre. En se di­ri­geant vers le ho­ckey, c’est plus ho­mo­gène. » son coin. Le tra­vail d’équipe est au contraire très mo­ti­vant pour lui. »

Le tra­vail ma­nuel est éga­le­ment en­cou­ra­gé au sein de cette classe spé­ciale. ll est par­fois plus sti­mu­lant pour un gar­çon de construire des ma­quettes que de pous­ser sa­ge­ment son crayon entre les lignes d’un ca­hier Ca­na­da.

La dif­fé­rence

Ce­lui qui agit à titre d’en­traî­neur voit dé­jà une grande dif­fé­rence : « Je peux dire fiè­re­ment qu’ils ont beau­coup évo­lué au ho­ckey, mais aus­si sur le plan hu­main », confie Yan Forgues.

La mère du ho­ckeyeur Fré­dé­ric Myre voit elle aus­si une nette amé­lio­ra­tion dans les ef­forts que four­nit fis­ton. « Fré­dé­ric n’a ja­mais été un su­per bon élève. Il n’avait pas né­ces­sai­re­ment en­vie de tra­vailler fort. Mais cette an­née, c’est très po­si­tif », dit Roxanne St-Cyr avec en­thou­siasme.

Fré­dé­ric n’est pas le seul à s’en­ga­ger da­van­tage. La di­rec­trice de l’école, Annie McS­ween, trouve que cette classe a des re­tom­bées di­rectes sur la mo­ti­va­tion des ho­ckeyeurs. « Je ne les vois presque plus dans mon bu­reau! » s’ex­clame-t-elle. Sur la ving­taine de jeunes, la grande ma­jo­ri­té avait dé­jà joué au ho­ckey. Et si ces jeunes sont liés par l’in­té­rêt du disque et de la zone des buts, ils ne sont pas tous équi­va­lents d’un point de vue sco­laire : « Ce sont des élèves de tous les ni­veaux. Cer­tains avaient des pro­blèmes de com­por­te­ment, d’autres pas », pré­cise la di­rec­trice.

« Dans une classe de type mixte, l’en­sei­gnante doit te­nir les en­fants qui bougent plus », in­dique pour sa part Ka­tia La­pointe. « Moi, au contraire, je peux car­ré­ment me per­mettre de les faire bou­ger! Les pro­blèmes de com­por­te­ment ne res­sortent pas, puisque les gar­çons peuvent ca­na­li­ser leur éner­gie. » L’en­vie de bou­ger du jeune n’est donc plus nui­sible pour lui et pour ses pairs sur les bancs d’école. Elle de­vient au contraire le mo­teur d’un quo­ti­dien ac­tif.

La pro­lon­ga­tion

Puis­qu’il s’agit d’un pro­jet pi­lote, im­pos­sible pour l’équipe d’en connaître l’is­sue. « Pour l’ins­tant, la classe est fi­nan­cée par le bud­get de l’école. Les pa­rents dé­fraient éga­le­ment un coût, ex­plique Yan Forgues. Pro­chai­ne­ment, on ai­me­rait beau­coup trou­ver des sub­ven­tions. »

Les 27 gar­çons de la classe spor­tive avec op­tion ho­ckey.

Les joueurs de l’école Au­clair s’exercent sur la glace deux heures par se­maine.

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