Ce soir, je pleure

L'Etoile - - DOUCE MÉMOIRE C’EST MON OPINION - De­nise La­londe de Très-Saint-Ré­demp­teur

Il est mi­nuit moins le quart J’at­tends J’at­tends de­bout de­vant ta grande porte Qui ne s’ou­vri­ra pas Qui ne s’ou­vri­ra plus J’at­tends le son de ta cloche Muette à ja­mais Que s’est-il donc pas­sé? Toi, née de la main de nos an­cêtres Croyant à ton im­mor­ta­li­té Qu’avons-nous fait de toi? Tu sa­vais ac­cueillir la joie Conso­ler la peine et don­ner de l’es­poir Tu étais si vi­vante au­tre­fois… hier en­core Cha­leur hu­maine en­ve­lop­pante, si vi­vi­fiante Te voi­là dis­pa­rue à ja­mais Le lien rom­pu, nous voi­là dis­per­sés C’est la so­li­tude Pour­tant, nous t’avons ai­mée Nous t’avons res­pec­tée

Toi, notre Jé­sus de la crèche Où donc dors-tu ce soir? Sans doute ou­blié dans un froid gre­nier Pour­tant, tu sa­vais ras­sem­bler nos gens Dans notre pe­tite église tout illu­mi­née Pleine à cra­quer, oui, pleine à cra­quer Nos gens ber­cés par les chants tra­di­tion­nels Ré­chauf­fés par l’am­biance Et re­cueillis dans le mys­tère Et tous ces « Joyeux Noël! » Ces em­bras­sades et poi­gnées de main Échan­gées sur ton per­ron C’était vi­vant, c’était cha­leu­reux C’était du bon­heur, oui, du bon­heur Ce soir, je pleure De­vant ta grande porte fer­mée Chère pe­tite église Qui a dé­mo­li ta com­mu­nau­té chré­tienne? Qui a éteint sa cha­leur hu­maine? Qui a fer­mé à ja­mais ta grande porte?

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