Dé­so­la­tion et en­traide

Inon­da­tions en Aus­tra­lie

L'Etoile - - NOUVELLES - PAR ELIZABETH CA­RON eca­ron@heb­dos­du­su­roit.com

En vi­site à Saint-Zo­tique de­puis lun­di, une ré­si­dente de l’Aus­tra­lie té­moigne de ce que plu­sieurs sur­nomment le « tsu­na­mi ve­nant de la terre ».

Au cours des trois pro­chaines se­maines, Ca­ro­line De­falque pour­ra faire ses em­plettes à quelques ki­lo­mètres de la ré­si­dence de sa mère, Mar­ti­neVos­saert. Che­zelle, enAus­tra­lie, les ra­vi­taille­ments se font spo­ra­di­que­ment, par­fois àdes­cen­tai­nes­de­ki­lo­mètres.

De­puis Noël, le nord-est de l’Aus­tra­lie es­suie les contre­coups de La Niña, qui a en­traî­né les pires inon­da­tions de­puis un siècle. Se­lon plu­sieurs, cette ca­tas­trophe na­tu­relle, qui per­dure et s’étend main­te­nant au sud du pays, en­traî­ne­ra des ré­per­cus­sions plus im­por­tantes que celles de l’ou­ra­gan Ka­tri­na, aux États-Unis en 2005.

Pour ma­dame De­falque, cette com­pa­rai­son n’est pas exa­gé­rée. Il suf­fit de pen­ser à la su­per­fi­cie des ré­gions inon­dées pour com­prendre l’am­pleur de la ca­tas­trophe, sans par­ler des quan­ti­tés re­cords d’eau. « La vi­tesse et la force de l’eau qui mon­tait étaient in­croyables », té­moigne ma­dame De­falque.

Le dé­bor­de­ment des ri­vières a en­traî­né la per­tur­ba­tion ou l’ar­rêt com­plet des dé­pla­ce­ments par voie ter­restre ou aé­rienne. Ain­si, le ra­vi­taille­ment des centres d’ur­gence et des su­per­mar­chés de­meure dif­fi­cile, voire com­pro­mis. Les coupures élec­triques se mul­ti­plient afin d’évi­ter les élec­tro­cu­tions.

À Bris­bane, la ca­pi­tale de deux mil­lions d’ha­bi­tants du Queens­land, les ser­vices mé­téo­ro­lo­giques rap­por­taient des ni­veaux d’eau at­tei­gnant 4,45mdans le centre-ville. En 1974, les rues de Bris­bane avaient été as­saillies par une crue d’un mètre de plus. Mais cette an­née, les consé­quences s’an­noncent in­éga­lées. L’éco­no­mie de l’Aus­tra­lie est en crise. L’agri­cul­ture est pro­fon­dé­ment taxée, tant pour l’éle­vage que pour les cultures de fruits et de co­ton. La pro­duc­tion de char­bon de coke, dont la moi­tié se fait dans la ré­gion de Bris­bane, se­ra com­pro­mise, à l’ins­tar du tou­risme, deux sources cru­ciales de re­ve­nus pour tout le pays.

On craint éga­le­ment les ré­per­cus­sions consi­dé­rables sur la faune et la flore, dont la bio­di­ver­si­té est ex­cep­tion­nelle. Se­lon une bio­lo­giste de l’Uni­ver­si­té de Wol­lon­gong, Marie-Claire De­mers, la Grande Bar­rière de co­rail se­ra in­évi­ta­ble­ment tou­chée par les dé­bris, les sé­di­ments et les pol­luants char­riés dans la­merde Co­rail par les af­fluents gon­flés.

Aus­si les au­to­ri­tés parlent-elles de re­cons­truc­tion d’après-guerre, d’an­nées avant le re­tour à la nor­male.

De beaux exemples d’hu­ma­nisme

Mal­gré tout, les exemples d’en­traide s’ob­servent par­tout. « Ça me fait pen­ser à la crise du ver­glas », lance ma­dame De­falque. De purs étran­gers forment de vé­ri­tables équipes de net­toyage dans des di­zaines de­mil­liers de pro­prié­tés inon­dées. Ces bons sa­ma­ri­tains viennent ain­si sou­la­ger les quelques cen­taines de mil­liers de si­nis­trés. Près d’une ving­taine de dé­cès et des di­zaines de per­sonnes por­tées dis­pa­rues com­plètent ce si­nistre bi­lan.

On craint main­te­nant la rup­ture des digues si les condi­tions ne s’amé­liorent pas. Les au­to­ri­tés es­pèrent qu’au nord de l’Aus­tra­lie, la sai­son des pluies, qui s’étend nor­ma­le­ment jus­qu’en mars, se­ra plus brève. Au sud du pays, dans la Nou­vel­leGalles, les ré­si­dents sou­haitent être épar­gnés de telles consé­quences.

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