Saint-La­zare et Vau­dreuil-Do­rion font bonne fi­gure

Taux de taxa­tion

L'Etoile - - ACTUALITÉ - Jus­tine Gre­nier et Mé­la­nie Meloche-Holubowski

C’est l’éco­no­miste Da­niel Mul­ler qui, à par­tir des don­nées four­nies au gou­ver­ne­ment par toutes les mu­ni­ci­pa­li­tés du Québec, s’est char­gé de la com­pi­la­tion. Dans une en­tre­vue ac­cor­dée à Da­ny Dou­cet du Jour­nal de Mon­tréal, il in­dique que « le taux glo­bal de taxa­tion est un ra­tio qui fait la com­pi­la­tion de tous les taxes et ta­rifs im­po­sés aux pro­prié­taires fon­ciers ». Il in­clut donc dans son cal­cul le taux de taxa­tion fon­cière, mais éga­le­ment les taxes de sec­teur et les dif­fé­rents ta­rifs de ser­vices, comme l’en­lè­ve­ment des or­dures, les égouts et la vi­dange obli­ga­toire des fosses sep­tiques.

« Le TGT n’est pas par­fait pour toutes les si­tua­tions, mais il est une meilleure base de com­pa­rai­son que la taxe fon­cière », dé­clare l’éco­no­miste.

« L’ar­ticle est in­té­res­sant puis­qu’il vient mettre fin, en quelque sorte, au mythe qui pré­tend que l’aug­men­ta­tion des construc­tions ré­si­den­tielles contri­bue à ré­duire le far­deau fis­cal des contri­buables », sou­ligne pour sa part le maire de Saint-La­zare, Pierre Ka­ry.

Se­lon les ana­lyses de l’Agence QMI, les villes de ban­lieue qui charment les ache­teurs avec leurs mai­sons abor­dables tendent plu­tôt à aug­men­ter leurs taux de taxa­tion.

Or, pour­quoi le taux de­meure-t-il tou­jours aus­si bas à Saint-La­zare, en dé­pit de sa forte crois­sance dé­mo­gra­phique et de son dé­ve­lop­pe­ment ré­si­den­tiel? « Une ex­pli­ca­tion pos­sible se­rait que les in­fra­struc­tures et les ser­vices n’ont tout sim­ple­ment pas sui­vi le rythme de crois­sance et les be­soins

Ce mois-ci, l’Agence QMI a pu­blié une com­pi­la­tion du taux glo­bal de taxa­tion des mu­ni­ci­pa­li­tés qué­bé­coises pour l’an­née 2010. Par­mi celles de 10 000 à 24 999 ha­bi­tants, SaintLa­zare sort grande ga­gnante : ses contri­buables pro­fitent du plus bas taux glo­bal de taxa­tion, soit 0,76 $ du 100 $ d’éva­lua­tion.

Du rat­tra­page à faire

de la po­pu­la­tion », ré­pond le maire.

Ka­ry rap­pelle que les ré­si­dents lui ont sou­vent ex­pri­mé leur in­sa­tis­fac­tion par rap­port aux ser­vices of­ferts et aux in­fra­struc­tures, se­lon eux in­adé­quats pour une ville de cette taille. « Se­lon nos ren­sei­gne­ments, pré­cise-il, les ré­si­dents re­çoivent, par ha­bi­tant, 24 % de moins en dé­penses mu­ni­ci­pales pour des ser­vices et pour les in­fra­struc­tures que les mu­ni­ci­pa­li­tés com­pa­rables. »

Et d’ajou­ter : « Il n’y a pas de doute, nous avons du rat­tra­page à faire au ni­veau des ser­vices aux ré­si­dents. »

Par ailleurs, tou­jours se­lon la com­pa­rai­son en ques­tion, Notre-Dame-de-l'ÎlePer­rot se trouve en 16e po­si­tion, tan­dis que Pin­court et L’Île-Per­rot oc­cupent res­pec­ti­ve­ment les 33e et 39e rangs.

Vau­dreuil-Do­rion

Par­mi les villes de 25 0000 à 99 999 ha­bi­tants, Vau­dreuil-Do­rion se classe qua­trième pour le taux de taxa­tion le moins cher. « Nous le di­sons de­puis des an­nées, dé­clare son maire, Guy Pi­lon. Nous avons un des plus bas taux de taxes, un taux très rai­son­nable pour les ser­vices of­ferts. »

À 0,98 $ du 100 $ d’éva­lua­tion, cer­tains peuvent se de­man­der com­ment cette ville en pleine ex­pan­sion réus­sit à main­te­nir un taux si bas.

« Ce qu’il faut vrai­ment re­gar­der, sou­ligne le maire, c’est com­bien de ser­vices sont of­ferts pour ce taux. Cer­taines mu­ni­ci­pa­li­tés ont un bas taux, mais n’ont pas de trans­port en com­mun, de parcs, d’équi­pe­ments spor­tifs… »

D’ailleurs, la Ville ra­fraî­chit cer­taines de ses in­fra­struc­tures : nou­velle prise d’eau, construc­tion d’une nou­velle ca­serne et ré­no­va­tions à l’usine d’épu­ra­tion, des pro­jets de plu­sieurs mil­lions de dol­lars. Le maire ex­plique que la Ville se per­met de telles dé­penses en les pla­ni­fiant sur plu­sieurs an­nées.

Guy Pi­lon pré­fère voir une aug­men­ta­tion des taxes an­nuelles de 2 ou 3 % plu­tôt que d’as­som­mer ses ci­toyens après cinq ans de gel de taxes. Le taux de taxa­tion se­ra tou­jours éva­lué pour contrer de trop im­por­tantes hausses dans l’éva­lua­tion des pro­prié­tés.

En­fin, le maire rap­pelle l’im­por­tance d’un taux de taxa­tion équi­li­bré entre les ré­si­dences, les com­merces et les in­dus­tries. « Cer­taines mu­ni­ci­pa­li­tés dans la ré­gion ont aug­men­té les taxes com­mer­ciales pour les in­dus­tries et com­merces, et cer­tains com­merces sont par­tis, in­dique-t-il. Main­te­nant, les mu­ni­ci­pa­li­tés tentent d’en at­ti­rer de nou­veaux pour ne pas avoir à aug­men­ter les taxes ré­si­den­tielles. »

Les com­merces et les in­dus­tries sont les « vaches à lait » d’une mu­ni­ci­pa­li­té, mais le maire af­firme qu’ils ne doivent pas être ac­ca­blés par des taxes trop éle­vées.

Pal­ma­rès de la couronne sud

Le Jour­nal de Mon­tréal dresse aus­si la liste des meilleurs taux de taxa­tion de la couronne sud de Mon­tréal, peu im­porte la taille des mu­ni­ci­pa­li­tés.

Les 132 ré­si­dents de L’Île-Ca­dieux pro­fitent du plus bas taux de taxa­tion de la couronne sud, soit 0,46 $. Tou­te­fois, ils ne pos­sèdent pas leurs propres in­fra­struc­tures.

À ce su­jet, le maire de Vau­dreuil-Do­rion in­vite à la pru­dence lors­qu’il s’agit de com­pa­rer le taux de taxa­tion de cer­taines mu­ni­ci­pa­li­tés. Il croit qu’il faut éga­le­ment consi­dé­rer la quan­ti­té et la qua­li­té des ser­vices of­ferts : « Chaque ville doit se do­ter des ser­vices qu’elle veut. »

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