Pré­sences au­toch­tones

Ex­po­si­tion

L'Etoile - - ACTUALITÉ - PA­TRICK RI­CHARD JOUR­NA­LISTE pri­chard@heb­dos­du­su­roit.com

Un ap­port in­es­ti­mable

Aux XVIe et XVIIe siècles, les ren­contres entre les mondes au­toch­tone et eu­ro­péen se mul­ti­plient. Au­jourd’hui, que reste-t-il de ces contacts?

Pour le sa­voir, le Mu­sée ré­gio­nal de Vau­dreuil-Sou­langes pré­sente, jus­qu’en dé­cembre, une ex­po­si­tion im­pré­gnée de dé­cou­vertes et de ren­sei­gne­ments per­ti­nents, Entre to­bog­gan et Que­ne­chouan.

Quand les pre­miers co­lons dé­barquent en Amé­rique, après un voyage ter­ri­ble­ment long et éprou­vant, plu­sieurs d’entre eux partent à la dé­cou­verte du Nou­veau Conti­nent. Ils in­ves­tissent le ter­ri­toire et vivent au sein des com­mu­nau­tés au­toch­tones dont les traces, au Qué­bec, re­montent à plus de 10 000 ans avant Jé­sus-Ch­rist.

Ces co­lons sont à l’ori­gine des pre­miers ap­ports à la culture eu­ro­péenne de la part des Inuits, des Iro­quois et des Al­gon­quiens, les trois grandes fa­milles lin­guis­tiques qui ha­bitent au­jourd’hui le Qué­bec.

Cette ex­po­si­tion illustre ri­che­ment la contri­bu­tion ma­té­rielle et im­ma­té­rielle in­dis­pen­sable des Au­toch­tones : le to­bog­gan, le kayak, le ca­not, les tech­niques de chasse et de pêche, les cultures du maïs et du ta­bac, la ré­colte du si­rop d’érable, jus­qu’aux bois­sons ga­zeuses et au maïs écla­té. La pré­sence au­toch­tone est vi­sible par­tout. « Sans tout ça, il au­rait été im­pos­sible de se dé­pla­cer ici, ex­plique avec pas­sion Mi­chel Mo­ris­sette, l’homme res­pon­sable de cette ex­po­si­tion. Ces élé­ments ont per­mis aux Eu­ro­péens d’ar­pen­ter et d’ha­bi­ter le ter­ri­toire. »

Éli­mi­ner le fos­sé

Pré­sen­tée sous forme de ta­bleaux (les échanges, la vie quo­ti­dienne, la to­po­ny­mie, l’agri­cul­ture et l’ali­men­ta­tion), cette ex­po­si­tion per­met aus­si de se rendre compte du fos­sé sé­pa­rant les Pre­mières Na­tions des « blancs ». « Jus­qu’à tout ré­cem­ment, je n’avais ja­mais eu de conver­sa­tion avec un Au­toch­tone, dé­plore Mi­chel Mo­ris­sette. Pour­tant, ce sont des peuples fas­ci­nants. Leur ap­port à notre culture est gi­gan­tesque. Ce sont eux qui ont ap­pri­voi­sé le ter­ri­toire. Les Amé­rin­diens ont d’ailleurs sau­vé beau­coup d’Eu­ro­péens­dus­cor­but, ne l’ou­blions pas. »

Les exemples, les ex­pli­ca­tions et les ob­jets d’époque abondent dans cette ex­po­si­tion com­man­di­tée par la Caisse Des­jar­dins de Vau­dreuil-Sou­langes. En sor­tant, le vi­si­teur pour­ra faire sa­voir à ses proches que Chi­cou­ti­mi, en in­nu, si­gni­fie « la fin des eaux pro­fondes ». Ma­gog, en abé­na­quis, dé­signe « éten­due d’eau », et Manicouagan, en cri, veut dire « là où il y a de l’écorce à ca­not ».

Pour une ex­pé­rience fas­ci­nante et un re­tour dans un pas­sé ré­ac­tua­li­sé, ren­dez­vous au Mu­sée ré­gio­nal de Vau­dreuilSou­langes, si­tué au 431, ave­nue SaintC­harles à Vau­dreuil-Do­rion. La thé­ma­tique des Pre­mières Na­tions y se­ra gran­de­ment à l’hon­neur cette an­née dans le cadre d’autres ex­po­si­tions et évé­ne­ments à ve­nir dont les Heb­dos du Su­roît ren­dront bien­tôt compte.

PHO­TO PAS­CALE LÉ­VESQUE

Sans l’ap­port des Au­toch­tones, les co­lons eu­ro­péens au­raient sans doute trou­vé les hi­vers longs et pé­nibles.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.