22 M$ et 18 mois d’études

Trainde l’Ouest

L'Etoile - - ACTUALITÉ - MÉ­LA­NIE JOUR­NA­LISTE mm­ho­lu­bows­ki@heb­dos­du­su­roit.com

Les études au su­jet du Train de l’Ouest peuvent com­men­cer, a an­non­cé lun­di le mi­nistre des Trans­ports, Sam Ha­mad. Ce­la dit, les usa­gers de­vront pa­tien­ter en­core plu­sieurs an­nées avant d’em­prun­ter de nou­velles voies fer­rées.

L’Agence mé­tro­po­li­taine de trans­port (AMT) étu­die­ra la pos­si­bi­li­té de construire de nou­velles voies fer­rées dé­diées au trans­port en com­mun le long des voies de che­min de fer du Ca­na­dien Pa­ci­fique (CP). À l’heure ac­tuelle, elle est dans l’im­pos­si­bi­li­té d’aug­men­ter la fré­quence des trains sur cette ligne, car les trains de mar­chan­dises du CP ont pré­séance sur les trains de ban­lieue.

« Le choix de ce tra­cé n’est pas étran­ger à la crois­sance de la population de l’Ouestde-l’Île et de Vau­dreuil-Sou­langes, qui connaî­tront une crois­sance dé­mo­gra­phique de 17 % d’ici 2026 », a ex­pli­qué Yvon Mar­coux, dé­pu­té de Vau­dreuil.

Lorsque ces voies se­ront ter­mi­nées, l’AMT pro­met un train toutes les 12 mi­nutes lors des heures de pointe et toutes les 30 mi­nutes hors pointe. Le nombre de dé­parts quo­ti­diens se­ra tri­plé, pas­sant de 26 en se­maine à 86 dans les deux di­rec­tions. On pas­se­rait alors de 3,6 mil­lions de dé­pla­ce­ments par an­née à un peu plus de neuf mil­lions.

Dé­jà, de­puis 2005 la cir­cu­la­tion jour­na­lière sur la ligne Vau­dreuil-Hud­son a aug­men­té de 30 %. Il y a donc 15 200 usa­gers par jour. De plus, avec la construc­tion du nou­vel échan­geur Tur­cot, l’AMT res­sent l’ur­gence d’amé­lio­rer le ser­vice vers l’ouest de Montréal.

« Voi­ci une ré­ponse aux be­soins criants des ci­toyens de l’Ouest-de-l’Île en ma­tière de trans­port col­lec­tif qui aug­men­te­ra si­gni­fi­ca­ti­ve­ment le ser­vice des trains Vau­dreuilHud­son, amé­lio­re­ra les ser­vices hors pointe, of­fri­ra une al­ter­na­tive du­rable à la conges­tion au­to­mo­bile, en plus de pré­sen­ter des avan­tages éco­no­miques, sociaux et en­vi­ron­ne­men­taux », a af­fir­mé Geof­frey Kel­ley, dé­pu­té de Nel­li­gan.

Les études

Les études d’in­gé­nie­rie pré­li­mi­naires coû­te­ront quelque 22 M$ et né­ces­si­te­ront 18 mois. Les tra­vaux por­te­ront sur l’in­gé­nie­rie et la ca­pa­ci­té du tra­cé, l’amé­na­ge­ment, et, bien en­ten­du, les coûts.

Dé­jà, en 2008, à la suite des pre­mières es­ti­ma­tions, on a éva­lué ce pro­jet à plus de 600 M$. Pour mul­ti­plier les dé­parts, il fau­drait éga­le­ment comp­ter l’achat de voi­tures sup­plé­men­taires. Le gou­ver­ne­ment n’a pas en­core pro­mis d’en­ve­loppe bud­gé­taire.

L’AMT es­père ter­mi­ner les tra­vaux en 2014 ou en 2016. Au de­meu­rant, plu­sieurs sont scep­tiques : un pro­jet d’une telle en­ver­gure, en ef­fet, né­ces­si­te­ra cer­tai­ne­ment plu­sieurs an­nées.

Heu­reux, mais vi­gi­lants

Le maire de Vau­dreuil-Do­rion et les membres du re­grou­pe­ment Train de l’Ouest se disent très heu­reux de cette an­nonce, mais ils sur­veille­ront l’évo­lu­tion du dos­sier.

« C’est un peu comme les ma­ni­fes­tants en Égypte. Nous sommes heu­reux, mais nous vou­lons nous as­su­rer que les choses pro­gres­se­ront réel­le­ment », a lan­cé Clif­ford Lin­coln, ini­tia­teur du re­grou­pe­ment. Et de pré­ci­ser : « Il s’agit d’un­mon­tant im­por­tant pour lan­cer des études de pro­jet. L’an­nonce est la pre­mière vé­ri­table ré­ponse du gou­ver­ne­ment du Qué­bec aux de­mandes de Train de l’Ouest. Mais si le pro­ces­sus est lan­cé, le Train de l’Ouest est-il vrai­ment sur les rails? »

M. Lin­coln es­père que les tra­vaux se­ront exé­cu­tés avant ceux de l’échan­geur Tur­cot, ce qui pour­rait li­bé­rer les routes de près de 4000 vé­hi­cules.

De son cô­té, le maire de Vau­dreuilDo­rion s’in­quiète du dé­fi­cit et des frais d’ex­ploi­ta­tion après la construc­tion.

« Si on ajoute des dé­parts, ça coû­te­ra plus cher. Mais qui paie­ra? Qui dé­ci­de­ra du nombre de dé­parts ad­di­tion­nels? » a-til de­man­dé. Puis d’ajou­ter : « Com­ment se­ra di­vi­sé le dé­fi­cit? Par ri­chesse fon­cière uni­for­mi­sée? Par le nombre d’usa­gers? Par le nombre de ci­toyens? »

Aus­si, M. Pi­lon a rap­pe­lé que les nou­velles voies du Train de l’Ouest s’ar­rê­te­ront à Sainte-Anne-de-Bel­le­vue et que l’aug­men­ta­tion du ser­vice vers Vau­dreuilDo­rion et Hud­son n’est pas en­core ga­ran­tie. L’al­lon­ge­ment des voies jus­qu’à Vau­dreuil-Do­rion ou même Hud­son pour­rait coû­ter plu­sieurs cen­taines de mil­lions de dol­lars sup­plé­men­taires. « Nous de­vons pas­ser des rails sur un pont, un pro­ces­sus dé­li­cat et com­plexe », a-t-il ex­pli­qué.

De plus, la piètre qua­li­té des rails entre Hud­son et Vau­dreuil-Do­rion ne per­met pas d’aug­men­ter le ser­vice sur ce tron­çon. En fait, de­puis quelques an­nées, les trains doivent ra­len­tir entre les deux gares par me­sure de sé­cu­ri­té.

« Mais, si les nou­velles voies fer­rées ne se rendent pas à Sainte-Anne-de-Bel­le­vue en pre­mier, elles ne pour­ront pas, un jour, se rendre à Vau­dreuil-Do­rion », a conclu le maire Pi­lon avec op­ti­misme.

PHO­TO DA­NIEL CUILLERIER

Le gou­ver­ne­ment a don­né le feu vert à des études au su­jet du Train de l’Ouest.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.