Ri­gaud ne ré­vise pas sa dé­ci­sion

Ges­tion de la vi­dange des fosses sep­tiques

L'Etoile - - ACTUALITÉ - PAR JUS­TINE GRE­NIER jgre­nier@heb­dos­du­su­roit.com

RI­GAUD— Le ton a mon­té quelques fois, lun­di, lors de la der­nière séance de con­seil mu­ni­ci­pal. Même si quelque 200 ci­toyens s’étaient réunis dans la salle de l’Ami­tié pour l’oc­ca­sion, la Mu­ni­ci­pa­li­té garde le cap : c’est elle qui gé­re­ra la vi­dange des fosses sep­tiques sur son ter­ri­toire.

« On est là pour voir ce que vous faites avec l’ar­gent des taxes et vous don­ner de bonnes idées au pas­sage, qu’on es­père que vous al­lez at­tra­per. On prend nos res­pon­sa­bi­li­tés. » a dé­cla­ré d’en­trée de jeu la res­pon­sable Claire Bélisle.

Lun­di, la pre­mière pé­riode de ques­tions al­louée aux ci­toyens a du­ré 1 heure 45 mi­nutes. En­core une fois, c’est sur­tout le Pro­gramme de mise en confor­mi­té des ins­tal­la­tions sep­tiques et de ges­tion des vi­danges des fosses sep­tiques qui a sou­le­vé les ques­tions et les com­men­taires des ré­si­dents.

Adop­té par le con­seil l’été der­nier, ce pro­gramme fait par­tie du plan stra­té­gique de la Mu­ni­ci­pa­li­té. Il vise no­tam­ment à iden­ti­fier les ins­tal­la­tions pro­blé­ma­tiques et celles sus­cep­tibles de consti­tuer une source de nui­sance pour l’en­vi­ron­ne­ment et à leur im­po­ser une mise aux normes.

La Mu­ni­ci­pa­li­té dit de­voir as­su­mer ses res­pon­sa­bi­li­tés en ma­tière de pro­tec­tion des eaux sou­ter­raines et de sur­face.

« C’est sûr, qu’on va de l’avant avec le pro­gramme, a dé­cla­ré le maire Réal Bra­zeau en en­tre­vue. On va par­tir comme ça, ro­der la ma­chine. Après, on pour­ra s’ajus­ter se­lon les études si on trouve une for­mule sur le plan fis­cal qui est cor­recte pour tout le monde. »

Le maire n’ex­clut pas la pos­si­bi­li­té de re­voir le pro­ces­sus un jour. « Il im­porte de com­men­cer à vi­der les fosses qui ne se vident pas et de tra­vailler avec celles qui ne sont pas conformes. C’est notre de­voir. »

De­man­dez et vous re­ce­vrez

Le dis­cours des Ri­gau­diens de­meure sen­si­ble­ment le même que lors de la séance de con­seil du mois der­nier. Plu­sieurs ont sug­gé­ré de s’ins­pi­rer de villes, comme Saint-La­zare, qui ache­minent, tous les deux ans, un rap­pel à leurs ré­si­dents. Ces der­niers se chargent eux-mêmes des tra­vaux.

« L’en­semble des mu­ni­ci­pa­li­tés avec qui j’ai com­mu­ni­qué m’ont dit de ne pas tou­cher à cette mé­thode, ré­sume le maire. C’est trop lourd, trop com­pli­qué à gé­rer. »

Com­pli­qué, mais loin d’être im­pos­sible, se­lon les Ri­gau­diens. « Oc­cu­pez-vous des gens qui sont dé­lin­quants, a pro­po­sé la re­pré­sen­tante du co­mi­té de ci­toyens, Claire Bélisle. Vous sa­vez qu’une per­sonne seule peut pas­ser cinq, six, voire sept ans avant de faire vi­dan­ger sa fosse et res­ter dans les normes. »

« Si je suis ici ce soir, c’est pour dé­fendre mon droit de pro­prié­té et mon droit de li­ber­té de choix, a quant à lui dé­cla­ré Jean Mé­nard. Vous ar­ri­vez chez nous, ren­trez avec la ma­chi­ne­rie, faites un tra­vail sur une ins­tal­la­tion qui m’ap­par­tient. Je n’ai pas le choix de l’en­tre­pre­neur, je n’ai pas le choix de l’ho­raire, je n’ai pas le choix du prix. Mer­ci pour le sa­bo­tage! »

Le con­seil a sou­te­nu lun­di que les trois quarts des fosses sep­tiques n’avaient pas été vi­dan­gées en 2009 con­for­mé­ment au Rè­gle­ment sur l’éva­cua­tion et le trai­te­ment des eaux usées des ré­si­dences iso­lées. Les pro­prié­taires dé­plorent quant à eux que Ri­gaud n’ait ja­mais réel­le­ment exi­gé de preuve avant d’en ve­nir à des sta­tis­tiques. Seule­ment un mot dans la pu­bli­ca­tion La Pause mu­ni­ci­pale.

« Pour­quoi pas dans le compte de taxes, a de­man­dé Claire Bélisle. Ja­mais la Mu­ni­ci­pa­li­té ne nous a de­man­dé en bonne et due forme qu’il fal­lait re­mettre une preuve. De­man­dez et vous re­ce­vrez! »

La fac­ture

Le coût an­nuel de 132,21 $ ajou­té aux avis d’im­po­si­tion de 2011 des pro­prié­taires est ba­sé sur un coût de 223,52 $, toutes taxes in­cluses, pour un contrat d’en­tre­tien de deux ans. Mais les ci­toyens ne di­gèrent tou­jours pas d’avoir été fac­tu­rés sur la base de chiffres pro­vi­soires. « Ils (les élus) n’ont pas de plan et ils en­voient des bills! » a lan­cé un ci­toyen à l’ar­rière de la salle.

En ce qui a trait à la ques­tion fi­nan­cière, le maire ré­itère son point de vue : les chiffres sont loin d’être cou­lés dans le ci­ment. « On va al­ler en sou­mis­sion dans l’en­semble de la pro­vince, dit-il. Ce qui est fait, c’est une pré­vi­sion bud­gé­taire. Si vous êtes ca­pables de vous re­grou­per à sept ou huit voi­sins pour faire bais­ser le prix, ima­gi­nez quand on va y al­ler à des cen­taines de ré­ser­voirs par an­née! »

Réal Bra­zeau a as­su­ré que, si les coûts sont in­fé­rieurs aux es­ti­ma­tions, le taux de l’im­pôt fon­cier se­ra ré­ajus­té l’an­née sui­vante. « L’ar­gent du pro­gramme ap­par­tient à ceux qui en mettent de­dans. Les sur­plus ne peuvent être uti­li­sés pour faire de l’as­phalte! »

Par ailleurs, les ci­toyens ont éga­le­ment sou­le­vé les dos­siers de l’achat des 71 et 73, rue Saint-Pierre, de la halte rou­tière et de la qua­li­té de l’eau. La suite dans la pro­chaine li­vrai­son de Pre­mière Édi­tion, ce sa­me­di.

PHO­TO PAS­CALE LÉ­VESQUE

Lun­di, une ving­taine de per­sonnes ont pris la pa­role à la séance de con­seil mu­ni­ci­pal de Ri­gaud.

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