Mei­li, fille de Ri­gaud

Can­di­date du Bloc qué­bé­cois

L'Etoile - - ÉLECTIONS FÉDÉRALES - PAR MÉ­LA­NIE ME­LOCHE-HOLUBOWSKI mm­ho­lu­bows­ki@heb­dos­du­su­roit.com

On en­tend sou­vent : « C’est Mei­li de Ri­gaud! » Can­di­date du Bloc qué­bé­cois, et dé­pu­tée de­puis 2004, Mei­li Faille est bien en­ra­ci­née dans Vau­dreuil-Sou­langes. Mais com­bien savent d’où elle vient et pour­quoi elle a choi­si la po­li­tique?

C’est au col­lège Bour­get qu’elle a dé­cou­vert son in­té­rêt pour les af­faires in­ter­na­tio­nales et la po­li­tique. Son père, Yvon Faille, l’avait tôt fa­mi­lia­ri­sée avec ce monde, lorsque lui­même ten­ta sa chance dans Vau­dreuil avec le Par­ti qué­bé­cois en 1998 et, plus tôt, en 1981, à Hun­ting­ton. Mei­li se sou­vient d’un de ses conseils : « Rien n’est noir, rien n’est blanc. Il y a tou­jours place pour la dis­cus­sion. » Mal­gré cet ap­pren­tis­sage pré­coce, Mei­li n’au­rait ja­mais cru de­ve­nir dé­pu­tée.

Elle dé­tient un bac­ca­lau­réat en ad­mi­nis­tra­tion des af­faires, elle a fait des études en gé­nie chi­mique et ob­te­nu une for­ma­tion spé­cia­li­sée en ges­tion du chan­ge­ment et en tech­no­lo­gie de l’in­for­ma­tion. Elle a tra­vaillé comme chef de pro­jet au Groupe LGS, de­ve­nu IBM.

De plus, Mei­li a long­temps oeu­vré au Par­le­ment avant d’être élue. « Je connais­sais dé­jà les cou­lisses du pou­voir et com­ment ob­te­nir de l’in­for­ma­tion », pré­cise-t-elle. Elle a été sta­giaire au Ca­bi­net des mi­nistres des Af­faires in­diennes, du sol­li­ci­teur gé­né­ral, de la Condi­tion phy­sique et au Bu­reau du se­cré­taire gé­né­ral de la Com­mis­sion ca­na­dienne des droits de la per­sonne. Elle a éga­le­ment été ana­lyste aux de­mandes d’ac­cès à l’in­for­ma­tion et ré­dac­tri­ce­mi­nis­té­rielle au mi­nis­tère de l’Em­ploi.

À 32 ans, elle a été élue dans Vau­dreuilSou­langes. Mei­li a bien­tôt été­nom­mée­por­te­pa­role de la citoyenneté et de l’im­mi­gra­tion, des af­faires in­ter­gou­ver­ne­men­tales, des droits de la per­sonne, et en­fin, des comptes pu­blics. Au­jourd’hui, son fils ar­pente avec elle les cou­loirs du Par­le­ment. D’ailleurs, Mei­li prend sou­vent des jeunes sous son aile. Sous leur in­fluence, elle a pris le vi­rage tech­no­lo­gique : elle mi­cro­blogue sur Twit­ter et Fa­ce­book plu­sieurs fois par jour et a plus de 1800 amis sur sa page Fa­ce­book.

Pour­quoi leBloc?

Mei­li a adhé­ré au Bloc sur­tout en rai­son des po­li­tiques so­ciales dé­fen­dues. « J’ai sen­ti que le Bloc re­pré­sen­tait mes va­leurs », ex­pli­quet-elle. Son pre­mier dos­sier a été ce­lui des Ca­na­diens « per­dus ». De­puis 2004, elle ac­cu­mule de l’ex­pé­rience au Par­le­ment, par­ti­cu­liè­re­ment dans les co­mi­tés. « C’est là, in­dique-t-elle, que les lois sont mo­di­fiées et que les dis­cus­sions se font. »

Se­lon Mei­li, le tra­vail du dé­pu­té ne consiste pas à don­ner un chèque, mais bien à gui­der les gens dans les dé­dales gou­ver­ne­men­taux et à ap­puyer leurs causes àOttawa.

Dans la ré­gion, elle a tra­vaillé dis­crè­te­ment au dos­sier du ca­nal de Sou­langes, à l’ob­ten­tion de sub­ven­tions pour le pro­gramme Car­rière Été, aux fes­ti­vals, aux or­ga­nismes cultu­rels et com­mu­nau­taires. Elle a ai­dé des en­tre­prises lo­cales à re­mettre en ques­tion des dé­ci­sions gou­ver­ne­men­tales in­justes, comme l’éti­que­ta­geoul’ex­por­ta­tion de pro­duits.

Et que ré­pond-elle aux cri­tiques qui af­firment que le Bloc ne fait rien pour la ré­gion? « La quan­ti­té de sub­ven­tions dans la ré­gion n’a ja­mais été aus­si éle­vée et elle ne fait qu’aug­men­ter. »

En­jeux

« Mei­li connaît très bien la réa­li­té des gens qui ont de la dif­fi­cul­té », sou­ligne son at­ta­ché po­li­tique, Jo­na­than Lé­vesque. « Il n’y a rien qui rem­place l’hu­main, sur­tout pas l’ar­gent », ajoute Mei­li.

La cause des aî­nés, sur­tout de la bo­ni­fi­ca­tion du sup­plé­ment de re­ve­nu ga­ran­ti, lui tient par­ti­cu­liè­re­ment à coeur. L’en­vi­ron­ne­ment, l’as­su­rance-em­ploi et l’agri­cul­ture sont par­mi ses che­vaux de ba­taille. L’éthique en po­li­tique se­ra am­ple­ment dis­cu­tée lors de cette cam­pagne. En­fin, Mei­li ne flé­chi­ra pas au su­jet de l’ob­ten­tion des 2,2G$ pour l’har­mo­ni­sa­tion de la taxe de vente.

Elle pro­met un vrai dé­bat sur les en­jeux en ces termes : « La cas­sette, ça ne s’ap­plique pasà­moi! »

Par­lezQc àVau­dreuil-Do­rion

Mei­li Faille inau­gu­re­ra ses bu­reaux au 470, ave­nue Saint-Charles à Vau­dreuilDo­rion, jeu­di à 18 h. Elle en pro­fite pour sou­te­nir le lan­ce­ment de la cam­pagne du Bloc, Par­lons Qc. « Les par­tis fé­dé­ra­listes ne veulent pas en­tendre par­ler des ques­tions iden­ti­taires qué­bé­coises, pour­tant vi­tales pour notre peuple. Les par­tis ca­na­diens ne veulent pas qu’on parle du Qué­bec, de son ave­nir, de sa langue, de sa culture, de sa citoyenneté, de son exis­tence. Par­lons Qué­bec en vo­tant pour le Bloc qué­bé­cois, le seul par­ti au Qué­bec ca­pable d’em­pê­cher les conser­va­teurs d’ob­te­nir une ma­jo­ri­té », dé­clare Mei­li Faille.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.