Une élec­tion à l’ère des mé­dias sociaux

Une tri­bune de cri­tiques entre can­di­dats

L'Etoile - - ÉLECTIONS FÉDÉRALES - PAR MÉ­LA­NIE ME­LOCHE-HOLUBOWSKI mm­ho­lu­bows­ki@heb­dos­du­su­roit.com

La cam­pagne élec­to­rale fé­dé­rale a pris toute une di­men­sion sur le Web. Les can­di­dats mi­cro­bloguent, uti­lisent Fa­ce­book et ont bo­ni­fié leurs si­tesWeb.

Mei­li Faille semble avoir maî­tri­sé l’art des contacts avec Fa­ce­book. Elle a 1800 amis sur sa page per­son­nelle, 111 per­sonnes suivent sa page po­li­tique et plus de 200 la suivent sur Twit­ter.

La page Fa­ce­book de Ja­mie Ni­cholls (NPD) compte 75 adeptes, et sa page per­son­nelle près de 400 amis. Lyne Pel­chat (Par­ti li­bé­ral du Ca­na­da) a presque fran­chi le cap des 100 adeptes de sa page po­li­tique et compte près de 200 amis.

Le compte Twit­ter de Jean-Yves Mas­se­net (Par­ti vert du Ca­na­da) ne pré­sente que quelques abon­nés, mais le can­di­dat com­mente cer­taines po­si­tions de son par­ti sur son blogue.

Quant à lui, Marc Bou­dreau (Par­ti conser­va­teur du Ca­na­da) a plus de 370 amis sur sa page per­son­nelle, et 47 per­sonnes suivent sa page po­li­tique.

De nom­breux par­ti­sans écrivent des mes­sages d’en­cou­ra­ge­ment aux can­di­dats.

Lyne Pel­chat uti­lise prin­ci­pa­le­ment Fa­ce­book pour an­non­cer l’ho­raire de sa cam­pagne élec­to­rale. Chaque jour, elle pose une ques­tion à pro­pos de la ré­gion.

Ja­mie Ni­cholls en­cou­rage les gens à vo­ter. Il a même ré­pon­du à un ci­toyen in­dé­cis. « Je crois aus­si que Mei­li tra­vaille fort pour Vau­dreuil-Sou­langes, a-t-il écrit en toute bonne foi. Une par­tie du pro­ces­sus de la dé­mo­cra­tie est que nous avons la di­ver­si­té et des pos­si­bi­li­tés de chan­ge­ment. (…) Vous de­vez vo­ter avec votre coeur et res­ter de­bout pour vos convic­tions. Je suis heu­reux quand les gens sont en­ga­gés dans l’exer­cice de leurs droits dé­mo­cra­tiques. »

Mei­li Faille ren­ché­rit en ces termes : « Je vous lance un dé­fi : soyons la cir­cons­crip­tion avec le plus haut taux de par­ti­ci­pa­tion le 2 mai! »

Les sites de Mei­li Faille et de Marc Bou­dreau sont les plus com­plets. Mei­li Faille offre des pho­to­re­por­tages, des vi­déos des ac­ti­vi­tés et des dis­cours. Une pa­no­plie de com­mu­ni­qués ex­pliquent sa po­si­tion et celle du Bloc. Marc Bou­dreau com­mence à gar­nir son site de pho­tos et de liens vers des re­por­tages.

At­taques

Mais, sur­tout, leurs pages Fa­ce­book de­viennent une pla­te­forme de choix pour cri­ti­quer les autres par­tis et leurs po­si­tions. Ja­mie Ni­cholls et Mei­li Faille s’at­taquent par­ti­cu­liè­re­ment aux conser­va­teurs, mais Marc Bou­dreau se dé­fend.

« Lar­ry Smith croit que la pro­tec­tion de la langue fran­çaise est dé­pas­sée, a pré­ci­sé M. Ni­cholls. Ce n’est pas à lui de dé­ci­der – ce sont les jeunes Qué­bé­cois qui dé­ci­de­ront de leur propre ave­nir. Per­met­tons-nous de cé­lé­brer le fran­çais au Qué­bec, M. Smith, au lieu de le dé­ni­grer. L’ar­ro­gance de Ste­phen Har­per qui dit : Ceux qui votent pour les par­tis d’op­po­si­tion sont fous. Cet homme n’a au­cun res­pect pour la dé­mo­cra­tie. »

À pro­pos de dé­mo­cra­tie, M. Ni­cholls et M. Bou­dreau se re­lancent. « Pour ceux qui sont écoeu­rés des élec­tions, te­nez bien votre tuque, Gilles Du­ceppe a dé­cla­ré au­jourd’hui qu’il était prêt à ren­ver­ser le pro­chain gou­ver­ne­ment dès qu’il se­ra élu. Je pense qu’il est temps que nous com­pre­nions quelque chose : quel­qu’un rit de nous », a écrit M. Bou­dreau.

« Il ne faut pas ou­blier que l’équipe des conser­va­teurs est cou­pable d’ou­trage au par­le­ment, a rap­pe­léM. Ni­cholls. Alors qu’il n’en est qu’à sa deuxième se­maine de cam­pagne, il est écoeu­ré de l’élec­tion… M. Bou­dreau, c’est le pro­ces­sus dé­mo­cra­tique… »

Lorsque Mei­li Faille a af­fir­mé que seul le Bloc peut dé­fendre les droits du Qué­bec, on lui a ré­pon­du : « Ben, voyons donc, Mei­li! Le NPD est prêt à par­ler du Qué­bec aus­si, a écrit M. Ni­cholls. Il ne faut pas trom­per les élec­teurs avec des in­for­ma­tions in­exactes. »

« C’est drôle comme les blo­quistes peuvent par­fois par­ler des deux co­tés de la bouche, au point de confondre leurs idéo­lo­gies », a ajou­té Marc Bou­dreau.

Mei­li Faille a re­çu une ré­ponse cin­glante des aî­nés à son com­men­taire sur les ac­tions des conser­va­teurs. Elle avait es­ti­mé en ef­fet « dé­gueu­lasse que les conser­va­teurs se vantent de gar­der les aî­nés sous le seuil de la pau­vre­té ».

« Au­jourd’hui, mon ad­ver­saire dé­pu­tée du Bloc est al­lée à l’ex­trême de la dé­ma­go­gie et de la mau­vaise foi pour ten­ter d’en­doc­tri­ner les élec­teurs en af­fir­mant que les conser­va­teurs se van­taient de main­te­nir les aî­nés sous le seuil de la pau­vre­té! Quelle autre niai­se­rie est-elle prête à dire pour in­duire en er­reur les ci­toyens? L’in­sulte et le dé­ni­gre­ment font ha­bi­tuel­le­ment par­tie de ceux qui sont à court d’ar­gu­ments! »

Le plus vi­ru­lent com­men­taire sur Fa­ce­book entre les can­di­dats de Vau­dreuil-Sou­langes est sans doute une pho­to de Sto­ck­well Day et Marc Bou­dreau côte à côte. Ja­mie Ni­cholls de­mande aux in­ter­nautes qui, sur la pho­to, ne croit pas à la théo­rie de Dar­win. Une at­taque in­di­recte des va­leurs conser­va­trices, sans tou­te­fois ac­cu­ser per­son­nel­le­ment M. Bou­dreau. Au­cune ré­plique de Marc Bou­dreau à ce su­jet…

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