Jouer les grands frères

Un pre­mier long mé­trage pour Jean-Sébastien Cour­chesne

L'Etoile - - DOUCE MÉMOIRE UNE ÉTOILE M’A DIT COUP DE MON PATEL - JUS­TINE GRE­NIER JOUR­NA­LISTE jgre­nier@heb­dos­du­su­roit.com

En salle de­puis le 18 mars, Jo pour Jo­na­than est le pre­mier long mé­trage du Co­teau­lois Jean-Sébastien Cour­chesne. « À mon avis, le film va réus­sir à s’ins­crire dans le ci­né­ma qué­bé­cois, es­time le co­mé­dien. Et le réa­li­sa­teur Maxime Gi­roux va y prendre sa place dans peu de temps. »

Ba­che­lier en jeu de l’École su­pé­rieure de théâtre de l’Uni­ver­si­té du Qué­bec à Montréal en 2007, Jean-Sébastien Cour­chesne s’est d’abord tour­né vers le théâtre. Co­fon­da­teur de Créa­tion les In­di­gestes et du Théâtre de l’In­gé­rence, il a par­ti­ci­pé à une di­zaine de pro­duc­tions théâ­trales en tant que co­mé­dien, au­teur ou met­teur en scène.

C’est en 2010 qu’il s’est lan­cé dans l’aven­ture ci­né­ma­to­gra­phique avec une di­zaine de rôles dans des courts mé­trages.

Réa­li­sé avec un maigre bud­get d’en­vi­ron 70 000 $, Jo pour Jo­na­than a réus­si à s’at­ti­rer les louanges : sé­lec­tion of­fi­cielle au Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal de Lo­car­no, en Suisse, prix Ci­ne­ma and the Ci­ty du Thes­sa­lo­ni­ki In­ter­na­tio­nal Film Fes­ti­val, prix Gilles-Carle des Ren­dez-vous du ci­né­ma qué­bé­cois, prix de l’As­so­cia­tion qué­bé­coise des cri­tiques du ci­né­ma au Fes­ti­val du nou­veau ci­né­ma…

« Je com­mence dé­jà à sen­tir les re­tom­bées, dit Jean-Sébastien Cour­chesne. Je me suis fait ap­pro­cher par d’autres réa­li­sa­teurs. »

Le drame en est un de ban­lieue qué­bé­coise, de 450, de quête iden­ti­taire. Dans Jo pour Jo­na­than, Jo (Ra­phaël La­caille) cherche à suivre les traces de son grand frère, Tho­mas (Jean-Sébastien Cour­chesne), pas­sion­né de voi­tures. Un soir de course illé­gale, ils ne fran­chi­ront ja­mais la ligne d’ar­ri­vée.

« Tho­mas de­vient un peu le mo­dèle de son frère, ex­plique Jean-Sébastien Cour­chesne au su­jet de son per­son­nage. Il de­vient son pro­tec­teur, et aus­si ce­lui qui va l’éle­ver. On sent qu’il l’aime, Jo­na­than, même s’il trouve qu’il n’est pas un bon mo­dèle pour lui. »

Par l’en­tre­mise de ce drame, le film ex­plore le lien de plus en plus étroit qui se crée entre cer­tains jeunes et la voi­ture, ex­pliquent les au­teurs Maxime Gi­roux et Alexandre La­fer­rière. « Ce lien a évo­lué, s’est so­li­di­fié. Chez nos per­son­nages, la voi­ture est beau­coup plus qu’un moyen de trans­port. Elle est une re­pré­sen­ta­tion et un idéal, un ob­jet pré­cieux qui dé­ter­mine qui ils sont, un pro­lon­ge­ment d’eux-mêmes. »

Sans dé­tour

Se­lon Jean-Sébastien Cour­chesne, le réa­li­sa­teur Maxime Gi­roux est loin de ju­ger ses per­son­nages. « Il fait des films su­per réa­listes, noirs, où il n’y a pas beau­coup d’es­poir. Mais il les aime, ses per­son­nages. »

Le texte est écrit de fa­çon très « par­lée ». « Il n’y a pas d’en­vo­lées ly­riques, ce n’est pas un trip d’au­teur qui se fait plai­sir en écri­vant de belles phrases, as­sure le Co­teau­lois. C’est très réa­liste. »

Jo pour Jo­na­than est pré­sen­té jus­qu’à de­main au Ci­né­ma Pa­ral­lèle de l’eXcen­tris. Il est pos­sible de de­man­der d’autres dif­fu­sions sur le site Web du film, au jo­pour­jo­na­than.com.

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Jean-Sébastien Cour­chesne (à droite) par­tage la ve­dette du film Jo pour

no­tam­ment avec Ra­phaël La­caille.

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