Car­casses de veaux

L'Etoile - - ACTUALITÉ - ISA­BELLE MA­RIEN

Voi­ci la suite de l’ar­ticle pu­blié dans le jour­nal L’étoile du 4 avril au su­jet de la dé­cou­verte de six car­casses le long de la route 325 à Saint-té­les­phore.

En mars der­nier, un conseiller mu­ni­ci­pal de Saint-té­les­phore a dé­cou­vert six car­casses de veaux en bor­dure de la route 325. Cher­chant à dé­mas­quer les cou­pables et à pro­té­ger la san­té pu­blique et le bien-être des ani­maux, le maire de Saint-té­les­phore, Yvon Bé­riault, et Guylaine Na­deau, contrô­leuse ani­male, ont en­tre­pris des dé­marches en ce sens.

Les po­li­ciers ont ré­di­gé leur rap­port, et l’on a joint le mi­nis­tère de l’agri­cul­ture, des Pê­che­ries et de l’ali­men­ta­tion (MAPAQ) pour qu’il en­quête sur les pos­si­bi­li­tés de conta­mi­na­tion et qu’il dé­busque les cou­pables. Or, le MAPAQ re­fuse d’en­quê­ter et d’ana­ly­ser les car­casses, ju­geant que ce­la ne re­lève pas de son au­to­ri­té. De­vant l’in­ac­tion du MAPAQ, Guylaine Na­deau s’in­ter­roge sur le man­dat très large de ce mi­nis­tère. Ne doit-il pas, entre autres, pro­té­ger le bien-être des ani­maux, la chaîne ali­men­taire et l’environnement?

Ré­ac­tions de la dé­pu­tée de Sou­langes et au­top­sie du MAPAQ

Lu­cie Char­le­bois, dé­pu­tée de Sou­langes, s’est dite pré­oc­cu­pée par la san­té pu­blique et la pos­si­bi­li­té de conta­mi­na­tion dans cette af­faire. Après vé­ri­fi­ca­tion au­près du maire de Saint-té­les­phore, elle a joint le MAPAQ pour s’as­su­rer que la san­té de la po­pu­la­tion et des chep­tels de la ré­gion n’est pas me­na­cée. Elle s’est éga­le­ment in­for­mée sur la pos­si­bi­li­té d’iden­ti­fier les cou­pables.

Se­lon le MAPAQ, la seule fa­çon de re­tra­cer les cou­pables est de trou­ver une boucle d’en­re­gis­tre­ment obli­ga­toire à l’oreille des ani­maux aban­don­nés.

Lu­cie Char­le­bois ex­plique que le Qué­bec s’est do­té, de­puis la crise de la vache folle, d’un sys­tème avant-gar­diste d’en­re­gis­tre­ment des veaux à leur nais­sance afin de re­tra­cer leur pro­ve­nance en cas de conta­mi­na­tion. Le pro­duc­teur fau­tif n’a évi­dem­ment pas lais­sé en place une fa­çon aus­si fa­cile de le re­tra­cer.

Pour ce qui est de la pos­si­bi­li­té de conta­mi­na­tion, étant don­né l’ab­sence d’épi­dé­mie dé­cla­rée au Qué­bec et l’âge re­la­ti­ve­ment jeune des bêtes re­trou­vées, les risques à cet ef­fet sont mi­nimes, se­lon le MAPAQ et Lu­cie Char­le­bois.

En­fin, tout porte à croire que le pro­duc­teur fau­tif a vou­lu se dé­bar­ras­ser de ces ani­maux sans res­pec­ter les normes strictes du MAPAQ concer­nant la dis­po­si­tion d’un ani­mal. Tout ce­la afin d’évi­ter les coûts liés à l’ap­pli­ca­tion des rè­gle­ments.

Guy Auclair, di­rec­teur à la Di­rec­tion de la san­té ani­male et de l’ins­pec­tion des viandes du MAPAQ, sou­tient cette hy­po­thèse : « Se­lon les in­for­ma­tions re­cueillies jus­qu’à main­te­nant, les ani­maux re­trou­vés se­raient trop jeunes pour contrac­ter la ma­la­die de la vache folle, et au­cun cas de rage n’est connu au Qué­bec. »

De plus, le MAPAQ ne connaît que trois ou quatre cas si­mi­laires par an­née. Se­lon Guy Auclair, la plu­part du temps, ce sont des gens en dé­tresse qui ont des pro­blèmes com­por­te­men­taux et qui ont be­soin d’aide. Les meilleurs in­for­ma­teurs, dans ces cas, se sont les voi­sins du fau­tif.

Afin d’en­quê­ter sur la mort de ces ani­maux et de s’as­su­rer qu’il n’y a pas de conta­mi­na­tion, les la­bo­ra­toires de pa­tho­lo­gie du mi­nis­tère pro­cé­de­ront à leur au­top­sie. De plus, les en­quê­teurs du mi­nis­tère se­ront plus vi­gi­lants lors de leur vi­site chez les pro­duc­teurs lai­tiers de la ré­gion.

Guyau­clair com­mu­ni­que­ra les ré­sul­tats d’ana­lyse à la Mu­ni­ci­pa­li­té de Saint-té­les­phore et s’en­ten­dra avec elle pour dres­ser un plan d’in­ter­ven­tion. Si la Mu­ni­ci­pa­li­té le dé­sire, elle pour­ra né­go­cier avec la Sû­re­té du Qué­bec afin que cette der­nière ac­croisse sa sur­veillance sur les routes de la ré­gion.

En ter­mi­nant, Lu­cie Char­le­bois in­vite les gens au ci­visme et leur rap­pelle que de tels gestes peuvent avoir des ré­per­cus­sions sur l’en­semble de la po­pu­la­tion et des ani­maux de la ré­gion. SE­LON LES IN­FOR­MA­TIONS RE­CUEILLIES JUS­QU’À MAIN­TE­NANT, LES ANI­MAUX RE­TROU­VÉS SE­RAIENT TROP JEUNES POUR CONTRAC­TER LA MA­LA­DIE DE LA VACHE FOLLE, ET AU­CUN CAS DE RAGE N’EST CONNU AU QUÉ­BEC.

– GUY AUCLAIR, DI­REC­TEUR À LA DI­REC­TION DE LA SAN­TÉ ANI­MALE ET DE L’INS­PEC­TION DES

VIANDES DU MAPAQ

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.