Jour­née in­ter­na­tio­nale de la fi­bro­my­al­gie et du syn­drome de fa­tigue chro­nique

L'Etoile - - ACTUALITÉ C’EST MON OPINION - Hé­lène Po­get, res­ca­pée juste à temps et pré­si­dente de L’AFSFC-VS

Mon pré­nom est Hé­lène. L’as­so­cia­tion de fi­bro­my­al­gie et du SFC de Vau­dreuil-sou­langes m’a sau­vé la vie. En 2004, je re­ce­vais le diag­nos­tic de fi­bro­my­al­gie, ce qui ex­pli­quait en­fin ce que je res­sen­tais dans mon corps et mon âme. Pour­quoi suis-je des­cen­due jus­qu’aux en­fers? Per­sonne ne pou­vait ré­pondre à mes ques­tions dans toute la ré­gion de Vau­dreuil-sou­langes, ce qui me ren­dait en­core plus mal­heu­reuse avec mes dou­leurs mul­tiples et constantes, mon hu­meur qui dé­grin­go­lait et mon état phy­sique qui me ren­dait la vie im­pos­sible. Si vous sa­viez à quel point je me suis re­te­nue d’en fi­nir avec la vie et la dou­leur!

C’est en or­ga­ni­sant un pre­mier groupe d’aide que je me suis ren­du compte que nous étions nom­breux dans la ré­gion à être aux prises avec cette ma­la­die. Il était dif­fi­cile pour moi, comme pour les autres, d’amé­lio­rer notre quo­ti­dien parce que la fi­bro­my­al­gie n’était connue de per­sonne dans le ré­seau de la san­té de notre ré­gion.

Au­jourd’hui, nous éprou­vons des dif­fi­cul­tés fi­nan­cières parce que, dans Vau­dreuil-sou­langes, les or­ga­nismes de bien­fai­sance sont sous-fi­nan­cés. Au­cun or­ga­nisme ne peut en ef­fet aug­men­ter ses ser­vices sans ap­pro­ba­tion du mi­nis­tère de la San­té et des Ser­vices so­ciaux (MSSS). Ne me par­lez plus d’au­to­no­mie : c’est illu­soire, car notre exis­tence dé­pend du MSSS. On nous dit que nous n’avons pas pris les bonnes dé­ci­sions. Avec la sub­ven­tion que nous re­ce­vons, les dé­ci­sions sont fa­ciles à prendre. Per­sonne ne pour­rait exis­ter avec les sub­ven­tions que nous re­ce­vons! Notre pré­oc­cu­pa­tion pre­mière est nos membres. Mal­gré notre bonne vo­lon­té, sans fi­nan­ce­ment adé­quat, nous pour­rions dis­pa­raître bien­tôt.

C’est avec tris­tesse que je vous an­nonce que notre as­so­cia­tion de­vra peut-être fer­mer ses portes et en­voyer tous ses membres (à mul­tiples pro­blé­ma­tiques de san­té dues à la ma­la­die) au sys­tème de san­té pu­blique si elle n’est pas sou­te­nue dans son plan de re­dres­se­ment de 2012. J’ai sau­vé ma vie, et notre as­so­cia­tion a sau­vé la vie de beau­coup de per­sonnes au bord du gouffre. Qu’ad­vien­dra-t-il des autres après nous?

Ce 12 mai pro­chain, nous nous sou­vien­drons de toutes les per­sonnes de la Terre en­tière qui souffrent en si­lence à cause de l’in­cons­cience qui ré­sulte de l’igno­rance et des pré­ju­gés à l’égard des per­sonnes at­teintes. J’in­vite toute la po­pu­la­tion à en faire au­tant, en toute sim­pli­ci­té. Une mi­nute de si­lence S.V.P., dans votre vie, le 12 mai. Une mi­nute de votre vie pour des mil­lions d’in­di­vi­dus du monde en­tier qui souffrent en si­lence!

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