Ri­gaud : des ci­toyens s’in­ter­rogent

Des dé­ci­sions du con­seil mu­ni­ci­pal contes­tées

L'Etoile - - ACTUALITÉ - (C.C.J.)

Le Co­mi­té des ci­toyens Ri­gaud a été for­mé en 2011 afin d’ap­puyer des ci­toyens dans leur op­po­si­tion au con­seil mu­ni­ci­pal concer­nant un nou­veau programme de mise aux normes des fosses sep­tiques. Sa pré­si­dente, Claire Bé­lisle, est tou­jours d’avis que la Mu­ni­ci­pa­li­té a mal gé­ré ce dos­sier et que les consé­quences fi­nan­cières au­raient pu être moindres si les ré­si­dents avaient eu le loi­sir de choi­sir l’en­tre­pre­neur res­pon­sable des tra­vaux.

Le co­mi­té, for­mé d’une cen­taine de Ri­gau­diens, se donne pour mis­sion de sur­veiller les dé­penses adop­tées par le con­seil mu­ni­ci­pal. Il a au­jourd’hui un nou­veau che­val de ba­taille : les dé­ci­sions tou­chant les im­mo­bi­li­sa­tions.

La trans­pa­rence, un en­jeu

Dans les der­niers mois, le con­seil mu­ni­ci­pal a sur­pris le co­mi­té à quelques re­prises en al­lant de l’avant avec cer­taines me­sures. Dans un pre­mier temps, la Mu­ni­ci­pa­li­té a pro­cé­dé à l’achat d’un vieux bâ­ti­ment au 73, rue Saint-Pierre, ap­par­te­nant à une com­mu­nau­té re­li­gieuse, afin d’y dé­mé­na­ger le fu­tur hô­tel de ville. Le prix de vente s’élève à 800 000 $. Le con­seil a aus­si en­té­ri­né l’achat, sans plan pré­dé­fi­ni, d’une an­cienne halte rou­tière gou­ver­ne­men­tale aux abords de son parc in­dus­triel pour la somme de 864 000 $. Plus ré­cem­ment,

La séance or­di­naire du con­seil mu­ni­ci­pal du 9 juillet a été le théâtre d’un nou­vel épi­sode de la lutte op­po­sant le Co­mi­té des ci­toyens de Ri­gaud aux élus de la mu­ni­ci­pa­li­té. Le con­seil a dû ré­pondre de ses dé­ci­sions en ma­tière d’im­mo­bi­li­sa­tions fi­nan­cières.

il a confié à la firme d’ar­chi­tec­ture Di­men­sion 3 Ar­chi­tec­ture + Design inc. l’étude et le constat pré­li­mi­naires de la confor­mi­té de l’ac­tuel hô­tel de ville afin de dé­ter­mi­ner les coûts d’une mise aux normes. Un contrat d’une va­leur d’un peu plus de 20 000 $.

Le pro­blème, se­lon Claire Bé­lisle, ré­side dans la né­ces­si­té et les consé­quences sur les fi­nances mu­ni­ci­pales. En ef­fet, les im­mo­bi­li­sa­tions se sont faites à hau­teur de 1 664 000 $, et la dette mu­ni­ci­pale ne cesse de croître. Celle-ci est en ef­fet pas­sée de 8 493 710 $ à 10 537 738 $ de 2010 à la fin 2011. Les re­cettes de 2011 s’éle­vaient à 7 806 260 $.

Tou­jours se­lon Claire Bé­lisle, les dé­penses liées à la halte rou­tière et au nou­vel hô­tel de ville re­lèvent plus du luxe que de la né­ces­si­té. À son avis, les nou­veaux lo­caux se­ront beau­coup trop grands, même en con­si­dé­rant que le troi­sième étage de l’an­cien couvent se­ra ré­ser­vé à des or­ga­nismes com­mu­nau­taires.

De plus, le co­mi­té dé­nonce la pro­pen­sion du con­seil à ne pas don­ner aux ré­si­dents un ac­cès aux don­nées mu­ni­ci­pales. Il a ré­cem­ment fait une de­mande d’ac­cès à l’in­for­ma­tion afin de connaître les dé­tails du rap­port de la firme Di­men­sion 3, qui fe­rait état de tra­vaux de 6 000 000 $ pour la mise aux normes du bâ­ti­ment. Cette de­mande a été re­fu­sée, car une di­vul­ga­tion « pro­cu­re­rait un avan­tage in­du à une per­sonne ou lui cau­se­rait un pré­ju­dice sé­rieux ».

Dans l’éven­tua­li­té où la Mu­ni­ci­pa­li­té vou­drait vendre l’hô­tel de ville ac­tuel, la di­vul­ga­tion du rap­port pour­rait per­mettre à l’ache­teur de né­go­cier en ayant en main des in­for­ma­tions per­ti­nentes. La Mu­ni­ci­pa­li­té in­voque aus­si, pour se jus­ti­fier, que le rap­port en ques­tion est un do­cu­ment de tra­vail pour l’ad­mi­nis­tra­tion et qu’il n’a donc pas de por­tée pu­blique.

Des dé­ci­sions po­li­tiques

La Mu­ni­ci­pa­li­té se dé­fend de man­quer de trans­pa­rence et est plu­tôt d’avis que les me­sures contes­tées par le co­mi­té re­lèvent de dé­ci­sions po­li­tiques. Sa di­rec­trice gé­né­rale, Chan­tal Le­mieux, af­firme quant à elle que plu­sieurs ru­meurs cir­culent, mais que celles-ci re­lèvent plus de la spé­cu­la­tion que de faits. Elle ne veut donc pas les com­men­ter.

En ce qui concerne la halte rou­tière, Chan­tal Le­mieux ex­plique que le gou­ver­ne­ment du Qué­bec a sol­li­ci­té la Mu­ni­ci­pa­li­té afin de lui vendre son bâ­ti­ment. Le con­seil mu­ni­ci­pal a ju­gé que le prix était juste et l’em­pla­ce­ment de l’édi­fice ju­di­cieux.

La si­tua­tion est sem­blable pour le 73, rue Saint-Pierre. Chan­tal Le­mieux sou­ligne que c’est un bâ­ti­ment ex­cep­tion­nel et que les tra­vaux de ré­fec­tion ne de­vraient pas dé­pas­ser les deux millions de dol­lars, mal­gré les traces d’amiante trou­vées aux abords de la chau­dière, qui se­ra re­ti­rée.

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