Re­tour à la nor­male ou presque

L'Etoile - - ACTUALITÉ - CH­RIS­TO­PHER C. JACQUES

Les deux der­nières se­maines ont mar­qué le re­tour en classe des étu­diants du Col­lège de Val­ley­field après une ses­sion d’hi­ver qui s’est ter­mi­née en sep­tembre der­nier au terme d’une grève his­to­rique.

Bien que les étu­diants du Col­lège aient l’im­pres­sion de vivre une sta­bi­li­té presque nor­male, leur dé­but de ses­sion n’en est rien. En ef­fet, la ses­sion d’au­tomne com­mence en­vi­ron six se­maines plus tard et se dé­roule sur deux se­maines plu­tôt que sur une. Ain­si, les étu­diants en pre­mière an­née ont com­men­cé leur stage col­lé­gial le 8 oc­tobre, alors que le 15 a mar­qué le re­tour en classe des autres.

De plus, la ses­sion d’au­tomne s’éta­le­ra jus­qu’à la fin jan­vier avec une pause pen­dant le temps des Fêtes. Le vé­ri­table re­tour à la nor­male se fe­ra donc dans un an avec le dé­but de la ses­sion d’au­tomne 2013, à la fin août.

Vers un re­nou­veau de la po­li­tique étu­diante

Jus­tin Ar­cand, pré­sident de l’As­so­cia­tion Gé­né­rale des Étu­diants du Col­lège de Val­ley­field (AGÉCoV), constate un re­tour au calme, qu’il sa­lue. En fait, il sou­tient, sans avoir les chiffres exacts, que près de 2000 nou­veaux étu­diants ont été ac­cueillis par le Col­lège, et que les gens qui de­vaient ob­te­nir leur di­plôme ont amor­cé leur par­cours uni­ver­si­taire. Sur ce point, il dé­clare ne pas voir comment les choses au­raient pu mieux se pas­ser étant don­né les cir­cons­tances ex­cep­tion­nelles vé­cues par les étu­diants et le per­son­nel du Col­lège de Val­ley­field.

Il est aus­si soulagé que la ses­sion d’hi­ver soit ter­mi­né, même si elle a été conden­sée. Le per­son­nel en­sei­gnant était ex­té­nué et les étu­diants voyaient tout leur temps oc­cu­pé.

Pour Jus­tin Ar­cand, cette pé­riode de crise a fait émer­ger une nou­velle réa­li­té très in­té­res­sante. En ef­fet, il re­marque que les nou­veaux étu­diants, qui fi­nis­saient leur cin­quième se­con­daire alors que les col­lé­giens vi­vaient la grève, sont très po­li­ti­sés et en­thou­siastes. Se­lon lui, le mou­ve­ment po­li­tique étu­diant pour­rait connaître un re­nou­veau au cours des an­nées à ve­nir avec cette vague de jeunes mo­bi­li­sés. Par ailleurs, il rap­pelle que ces jeunes qui veulent s’in­ves­tir ont des opi­nions par­fois di­ver­gentes et que cette réa­li­té fa­vo­ri­se­ra la pour­suite de dé­bats sains par­mi le mou­ve­ment étu­diant.

À la fin du moins d’oc­tobre, l’AGÉCoV dé­ter­mi­ne­ra si elle dé­sire ou non par­ti­ci­per au Som­met sur l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur pré­vu par le Par­ti qué­bé­cois. « Nous avons réus­si à blo­quer la hausse, mais notre but de­meure la gra­tui­té sco­laire. Nous ne vou­lons pas que ce som­met de­vienne une illu­sion, mais qu’il aborde les grands points comme le fi­nan­ce­ment des ins­ti­tu­tions sco­laires. » Jus­tin Ar­cand pour­rait aus­si ne plus agir à titre de pré­sident de l’AGÉCoV à comp­ter du 31 oc­tobre. Il se pré­sen­te­ra comme se­cré­taire à l’in­for­ma­tion.

Une an­née sym­bo­lique

Pour le di­rec­teur gé­né­ral du Col­lège de Val­ley­field, Guy La­per­rière, l’ins­ti­tu­tion connaît une ren­trée dif­fé­rente, mais ses res­pon­sables ne font que ré­pondre à leurs obli­ga­tions. « Des étu­diants avaient des em­plois d’été et cer­tains de­vaient com­men­cer l’uni­ver­si­té cet au­tomne. Il a donc fal­lu trou­ver un moyen d’ac­com­mo­der tout le monde. » Il re­con­naît lui aus­si que cette fin de la ses­sion d’hi­ver 2012 n’a pas été fa­cile. « Des jour­nées de cours fi­nis­saient à 20 h, quatre sa­me­dis ont aus­si été dé­blo­qués afin de per­mettre aux étu­diants de com­plé­ter à temps leur ses­sion. Ça a été dur pour tout le monde, les en­sei­gnants comme les étu­diants, mais je peux dire que ça s’est bien fait. »

Dans la fou­lée, le di­rec­teur gé­né­ral sou­ligne : « Le simple fait d’avoir ter­mi­né la ses­sion d’hi­ver a quelque chose de sym­bo­lique. C’était de­ve­nu tel­le­ment po­li­tique. Nous al­lons nous en sou­ve­nir! »

Guy La­per­rière af­firme qu’il sur­veille­ra de très près ce dont il se­ra ques­tion lors du Som­met sur l’édu­ca­tion su­pé­rieure. « Le gou­ver­ne­ment avait pré­vu l’amor­cer dans les 100 pre­miers jours de son man­dat, mais ce n’était pas réa­liste avec tout le contexte du monde étu­diant. Je m’at­tends plu­tôt à un dé­but des tra­vaux en jan­vier et en fé­vrier. » C’est ce que dé­clare le di­rec­teur gé­né­ral qui croit que le Par­ti qué­bé­cois s’est mon­tré très at­ten­tif aux en­jeux qui pré­oc­cupent les in­ter­ve­nants du mi­lieu. Il est aus­si sa­tis­fait que le gou­ver­ne­ment Ma­rois ait dé­ci­dé de scin­der, au sein de son Con­seil des mi­nistres, l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur du reste de l’édu­ca­tion. « Ça nous per­met­tra d’al­ler au fond des choses », dé­clare-t-il.

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