Des ci­toyens in­quiets

Séance du conseil mu­ni­ci­pal de Saint-po­ly­carpe

L'Etoile - - ACTUALITÉ - MA­RIE-MAXIME COUSINEAU

NLun­di soir, les Po­ly­car­piens ont as­sis­té en très grand nombre à la séance du conseil mu­ni­ci­pal, au cours de la­quelle le maire Nor­mand Mé­nard a re­mis sa lettre de dé­mis­sion. Il a aus­si été ques­tion du rè­gle­ment concer­nant le zo­nage à risque de glis­se­ments de ter­rain près de la ri­vière De­lisle.

or­mand Mé­nard quit­te­ra la vie po­li­tique le 31 dé­cembre 2012, après avoir oeu­vré 29 ans au sein du conseil mu­ni­ci­pal de Saint-Po­ly­carpe, dont 25 en tant que maire. Il son­geait à se retirer de la vie po­li­tique de­puis le prin­temps. Il a choi­si de quit­ter ses fonc­tions à ce mo­ment pré­cis, sa­chant que les pro­chaines élec­tions se­ront te­nues en no­vembre 2013.

« Je me de­vais de quit­ter un jour, a in­di­qué Nor­mand Mé­nard. Ce­la per­met­tra au maire par in­té­rim de se faire les mains pen­dant les neuf pro­chains mois, avant les pro­chaines élec­tions. Tout a été mis en place afin d’as­su­rer que tout ira bien après mon dé­part. »

Le maire a cer­ti­fié qu’au­cune dé­pense ne se­ra en­gen­drée par la Mu­ni­ci­pa­li­té à la suite de sa dé­mis­sion. Il s’est dit sa­tis­fait du tra­vail ac­com­pli et a te­nu à re­mer­cier ses col­lègues, le di­rec­teur gé­né­ral Jacques Bris­son, les em­ployés mu­ni­ci­paux et tous les ci­toyens de leur confiance.

« Ce fut un tra­vail en­ri­chis­sant, a-t-il dé­cla­ré. Nous avons un conseil mu­ni­ci­pal uni et fort. Il y a par­fois de bons échanges d’opi­nion, mais nous tom­bons tou­jours en ac­cord. »

Nor­mand Mé­nard ani­me­ra une der­nière fois la séance du bud­get le 19 dé­cembre à 19 h à la salle com­mu­nau­taire du centre spor­tif si­tué au 100, rue des Loi­sirs. Dès jan­vier 2013, Jean-Yves Poi­rier as­su­re­ra les fonc­tions de maire. Ce der­nier s’est d’ailleurs dit très fier de sa no­mi­na­tion : « J’éprouve une gamme d’émo­tions va­riées. Je tiens à re­mer­cier notre pré­sent maire pour son bon tra­vail au cours des 25 der­nières an­nées. On ne rem­place pas Nor­mand Mé­nard, on lui suc­cède. » Ro­land Da­neau, quant à lui, a été nom­mé maire sup­pléant.

Zone à risque

Par ailleurs, une soixan­taine de per­sonnes étaient pré­sentes à la séance du conseil mu­ni­ci­pal. Les échanges entre les ci­toyens et le maire étaient par­fois hou­leux. De nom­breux ci­toyens se sont dits ou­trés de ne pas avoir été aver­tis que leur pro­prié­té se trou­vait dans une zone à risque de glis­se­ments de ter­rain, per­dant une grande par­tie de leur va­leur.

Avant le dé­pôt du pre­mier sché­ma d’amé­na­ge­ment de la MRC de Vau­dreuilSou­langes en 1990, une bande de glis­se­ment de ter­rain avait été re­pé­rée près de la ri­vière De­lisle. Ain­si, en 1992, un nou­veau rè­gle­ment avait été émis afin de dé­li­mi­ter la zone à risque, de même qu’une zone su­jette aux glis­se­ments de ter­rain. Le rè­gle­ment in­dique que les bâ­ti­ments doivent être construits à une cer­taine dis­tance de la ri­vière. Ce­pen­dant, des mai­sons étaient dé­jà construites dans cette bande.

« Il faut dif­fé­ren­cier la zone à risque de la zone su­jette aux glis­se­ments de ter­rain, a in­di­qué Jean-Paul Choi­sez, ins­pec­teur en bâ­ti­ment et en en­vi­ron­ne­ment et pré­po­sé au Ser­vice de l’ur­ba­nisme de la mu­ni­ci­pa­li­té. Une pro­prié­té si­tuée dans une zone su­jette aux glis­se­ments de ter­rain ne si­gni­fie pas qu’elle se trouve dans la zone à risque. »

En 2004, un nou­veau sché­ma d’amé­na­ge­ment a été dé­po­sé par la MRC. La zone dé­si­gnée à risque fut élar­gie, en­glo­bant un plus grand nombre de mai­sons. Au to­tal, 212 bâ­ti­ments sont si­tués dans ce pé­ri­mètre, in­cluant l’hô­tel de ville, la caisse po­pu­laire, l’église et le pres­by­tère. Ces éta­blis­se­ments ne sont pas tous dans la zone à risque. Seul un géo­mètre-ar­pen­teur peut éva­luer si un ter­rain se trouve dans cette zone. Après évaluation, il s’avère que les bâ­ti­ments pu­blics ne s’y trouvent pas. Ce­pen­dant, les frais en­gen­drés par une évaluation de l’ar­pen­teur s’élèvent à 1500 $, ce qui a fait sour­ciller bon nombre de Po­ly­car­piens au cours de la séance du conseil.

« Le nou­veau rè­gle­ment au­quel les ci­toyens font ré­fé­rence n’est, en fait, pas nou­veau du tout, a ex­pli­qué Jean-Paul Choi­sez. Il s’agit du même rè­gle­ment émis en 1992. Ce­pen­dant, les ré­si­dents n’étaient pas vrai­ment au cou­rant. »

Ces der­nières an­nées, les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières ont pris connais­sance de l’exis- tence de la zone à risque. De­puis, elles sont très pru­dentes quant à l’achat de pro­prié­tés se trou­vant dans cette zone, al­lant même jus­qu’à re­fu­ser les tran­sac­tions d’achat.

La Mu­ni­ci­pa­li­té de Saint-Po­ly­carpe a dé­po­sé une de­mande à la MRC de Vau­dreuil-Soulanges afin de « raf­fi­ner » la zone à risque. Avec des dé­li­mi­ta­tions plus pré­cises, cer­tains bâ­ti­ments pour­ront être ex­clus de la zone à risque. Les ci­toyens n’ont ce­pen­dant pas sem­blé très ras­su­rés au terme de cette séance mou­ve­men­tée.

PHO­TO MA­RIE-MAXIME COUSINEAU

Les ci­toyens ont as­sis­té en très grand nombre à la séance du conseil. Ils sont nom­breux à être tou­chés par le rè­gle­ment mu­ni­ci­pal sur la zone à risque de glis­se­ments de ter­rain.

PHO­TO MA­RIE-MAXIME COUSINEAU

Lun­di soir, le maire Nor­mand Mé­nard a re­mis sa lettre de dé­mis­sion au cours de la séance du conseil mu­ni­ci­pal.

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