L’im­passe de la rue Rous­seau

Vau­dreuil-do­rion

L'Etoile - - ACTUALITÉ - SIMON RI­CHARD

Cul-de-sac

Un ré­sident de Vau­dreuil-Do­rion de­mande à la Ville de re­bap­ti­ser le nom de sa rue afin que les ser­vices d’ur­gence puissent lo­ca­li­ser ra­pi­de­ment son do­mi­cile. Il y a quelques mois, An­dré St-Onge a ap­pe­lé une am­bu­lance, mais les am­bu­lan­ciers, in­ca­pables de trou­ver son do­mi­cile, l’ont rap­pe­lé à deux re­prises.

Une chance que je n’étais pas éten­du sur le sol et que j’avais as­sez d’éner­gie pour don­ner des pré­ci­sions, si­non je ne sais pas ce qui me se­rait ar­ri­vé, ex­plique-t-il. Ça prend quelques mi­nutes et l’on peut perdre la vie. »

Si­tuée dans le sec­teur Quin­chien, l’im­passe Rous­seau, per­pen­di­cu­laire à la rue du même nom, est une toute pe­tite rue pri­vée des­ser­vant quatre do­mi­ciles. Après avoir vé­ri­fié au­près du Ser­vice de sé­cu­ri­té in­cen­die, de la Sû­re­té du Qué­bec et des ser­vices am­bu­lan­ciers, An­dré St-Onge a consta­té à quel point il est dif­fi­cile de lo­ca­li­ser sa ré­si­dence.

L’im­passe Rous­seau ne fi­gure pas sur le site de Google Maps et sur les sys­tèmes GPS. Lors­qu’on y ins­crit l’adresse, Google in­dique un en­droit sur la rue Rous­seau. An­dré St-Onge connaît les mêmes pro­blèmes lors­qu’il fait affaire avec des ser­vices de li­vrai­son.

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Lors de la séance du conseil mu­ni­ci­pal lun­di, ce Vau­dreuillois a fait part de ses pré­oc­cu­pa­tions. « Il y a une confusion parce qu’il y a la rue Rous­seau et l’im­passe Rous­seau, a-t-il pré­ci­sé. Ce se­rait bon qu’on re­bap­tise cette rue au­tre­ment, et je pro­pose de lui don­ner mon­nom, puisque j’en suis pro­prié­taire. »

Il y a quelques mois, sous la re­com­man­da­tion du co­mi­té de to­po­ny­mie, la Ville de Vau­dreuil-Do­rion a mo­di­fié le gé­né­rique de ruelle Rous­seau pour im­passe Rous­seau afin d’at­té­nuer la confusion. Tou­te­fois, le pro­prié­taire de cette rue n’a jamais été consul­té au su­jet de ce chan­ge­ment.

« Cette rue est pri­vée, je crois que j’au­rais dû être consul­té avant ce chan­ge­ment de nom, af­firme-t-il. Il me semble que c’est comme s’oc­cu­per du pa­vage. Qu’on ne vienne pas me dire quoi faire sur mon che­min pri­vé! »

An­dré St-Onge croit qu’il y a confusion entre les deux gé­né­riques, car la rue Rous­seau, elle-même une im­passe, abou­tit au bord de l’eau. De son cô­té, la Ville ex­plique que la rue Rous­seau est uni­que­ment consi­dé­rée comme un cul-de-sac après l’in­ter­sec­tion de l’im­passe Rous­seau, puisque, avant ce­la, elle donne ac­cès à une autre rue.

Fa­ci­li­ter les choses

Guy Pi­lon, maire de Vau­dreuil-Do­rion, ex­plique que le nom de cette rue a été chan­gé pour fa­ci­li­ter les choses. « M. St-Onge a des doutes sur l’ef­fi­ca­ci­té de ce chan­ge­ment, alors on va faire toutes les vé­ri­fi­ca­tions né­ces­saires, a-t-il sou­li­gné au cours d’une en­tre­vue. Peut-être al­lons-nous chan­ger le nom de cette rue, mais ce qui est cer­tain, c’est que notre dé­ci­sion se­ra ba­sée sur des don­nées tech­niques. » Et d’ajou­ter : « C’est comme sur la rue des Ma­lards, il y a la rue et le crois­sant. Si l’on est à la re­cherche du crois­sant, l’on se doute qu’il faut d’abord pas­ser par la rue du même nom. »

De plus, la Com­mis­sion de to­po­ny­mie sug­gère de gar­der une cer­taine constance en ce qui concerne les noms des rues et re­com­mande de bap­ti­ser une rue du nom d’une per­sonne tou­jours vi­vante. La Ville n’ex­clut pas la pos­si­bi­li­té d’en­voyer des mo­di­fi­ca­tions à Google une fois qu’elle au­ra ob­te­nu les don­nées tech­niques et ren­du sa dé­ci­sion.

PHO­TO SIMON RI­CHARD

An­dré St-Onge a fa­bri­qué une pan­carte afin d’iden­ti­fier plus fa­ci­le­ment sa rue pri­vée et les ré­si­dences qui

s’y trouvent.

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