Soulanges : une his­toire de fa­mille

L'Etoile - - UNE ÉTOILE M’A DIT - (C.C.J.)

Comme on l’a in­di­qué il y a deux se­maines, le fait sou­lan­geois évoque une réa­li­té po­li­tique. Or, en creu­sant un peu, on constate que son pas­sé est riche et, com­meses ha­bi­tants, tis­sé ser­ré.

Ce­lui qui don­na son nom à la sei­gneu­rie de Soulanges n’eut point le temps de pro­fi­ter de sa nou­velle pos­ses­sion en Nou­velle-France. Pierre Jacques Joy­bert de Soulanges et de Mar­son (1677-1703), beau-frère de Phi­lippe de Ri­gaud de Vau­dreuil, ob­tint la sei­gneu­rie de Soulanges en 1702. Cette conces­sion, ac­cep­tée par le gou­ver­neur gé­né­ral de la co­lo­nie le 23 oc­tobre 1702, ré­sulte d’une de­mande for­mu­lée au roi par le noble en 1701. Le ter­ri­toire com­pre­nait alors les mu­ni­ci­pa­li­tés ac­tuelles de Co­teau-du-Lac, Les Cèdres, Pointe-des-Cas­cades et Saint-Clet.

De Soulanges mou­rut de la pe­tite vé­role en jan­vier 1703, quatre mois après avoir re­çu sa sei­gneu­rie. Ce fut la veuve du sei­gneur, Ma­rie-Anne Bé­cart de Gran­ville, et leur fille, Louise-Geneviève Joy­bert de Soulanges et de Mar­son, qui agirent comme co­sei­gneu­resses après la mort du sei­gneur.

Cet état de fait pré­va­lu jus­qu’au ma­riage de l’hé­ri­tière avec le des­cen­dant d’une autre puis­sante fa­mille de la co­lo­nie. En ef­fet, elle épou­sa en 1728 Paul-Jo­seph Le Moyne de Lon­gueuil, qui, en 1734, se vit concé­der la sei­gneu­rie ad­ja­cente à la sei­gneu­rie de Soulanges, qui se­ra bap­ti­sée en son hon­neur Nou­velle-Lon­gueuil. La sei­gneu­rie re­grou­pait les mu­ni­ci­pa­li­tés ac­tuelles de Saint-Po­ly­carpe, SaintTé­lés­phore, Saint-Zo­tique, Les Co­teaux et Ri­vière-Beaudette. Le fils du couple, Jo­seph-Do­mi­nique-Em­ma­nuel Le Moyne de Lon­gueuil, hé­ri­tier des deux sei­gneu­ries, les fu­sion­ne­ra.

Mort sans des­cen­dance, ce der­nier fit en­trer une der­nière fa­mille dans l’his­toire suc­ces­so­rale de Soulanges et de Nou­vel­leLon­gueuil. Ef­fec­ti­ve­ment, le ne­veu de Jo­seph-Do­mi­nique-Em­ma­nuel Le Moyne de Lon­gueuil, Jacques-Phi­lippe Sa­veuse de Beau­jeu, se vit re­mettre les terres. Of­fi­ciel­le­ment, les Sa­veuse de Beau­jeu re­pré­sentent la der­nière fa­mille sei­gneu­riale de Soulanges, car le régime sei­gneu­rial dis­pa­raî­tra en 1854. Ils éta­blirent leur ma­noir à Co­teau-du-Lac, où une rue porte leur nom au­jourd’hui.

En rai­son de sa si­tua­tion géo­gra­phique et de la pré­sence de cours d’eau, le dé­ve­lop­pe­ment de ce qui est Soulanges au­jourd’hui (lire l’union des sei­gneu­ries de Soulanges et de Nou­velle-Lon­gueuil) fut ra­len­ti au XIXe siècle, l’ac­cent étant mis sur le trans­port de mar­chan­dises. Au­tre­ment dit, la ré­gion était da­van­tage une zone de pas­sage qu’un pôle de dé­ve­lop­pe­ment. La construc­tion du canal de Soulanges dy­na­mi­sa l’éco­no­mie des mu­ni­ci­pa­li­tés tou­chées jus­qu’à désaf­fec­ta­tion en 1959.

La ré­gion s’est dé­ve­lop­pée au cours du XXe siècle, prin­ci­pa­le­ment au­tour de l’agriculture et de la vil­lé­gia­ture.

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