Ri­gaud : une mu­ni­ci­pa­li­té sou­lan­geoise toute vau­dreuilloise

L'Etoile - - ACTUALITÉ - (C.C.J.)

La mu­ni­ci­pa­li­té de Ri­gaud peut être consi­dé­rée comme la ju­melle de Vau­dreuil-Do­rion. En ef­fet, elles ont les mêmes fon­da­teurs. Ce­pen­dant, l’étude du pas­sé montre que c’est là leur seul point com­mun.

Le ter­ri­toire bap­ti­sé sei­gneu­rie de Ri­gaud fut oc­cu­pé par les Al­gon­quins, qui ont fuit à cause des conflits avec leurs ri­vaux Iro­quois. Les frères Pierre de Ri­gaud de Vau­dreuil de Ca­va­gnal, deuxième marquis de Vau­dreuil, et Fran­çois-Pierre de Ri­gaud de Vau­dreuil se sont vu oc­troyer, en 1732, le ter­ri­toire à l’ouest de la sei­gneu­rie de Vau­dreuil par l’in­ten­dant Gilles Hoc­quart et le gou­ver­neur Charles de Beau­har­nois de la Boische. Pour la pe­tite his­toire, Fran­çois-Pierre de Ri­gaud de Vau­dreuil fut aus­si gou­ver­neur de TroisRi­vières de 1749 à 1754. Le ter­ri­toire cor­res­pon­dait aux mu­ni­ci­pa­li­tés ac­tuelles de Pointe-For­tune, Ri­gaud, Sainte-Marthe et Très-Saint-Ré­demp­teur.

Les pre­miers sei­gneurs ne mirent pas l’ac­cent sur le dé­ve­lop­pe­ment de la sei­gneu­rie de Ri­gaud, se concen­trant plu­tôt sur la traite des four­rures, ce qui a eu pour ef­fet de ra­len­tir son peu­ple­ment. La si­tua­tion chan­gea à la suite de la vente de la sei­gneu­rie à Mi­chel Char­tier De Lot­bi­nière, après la dé­faite fran­çaise de la Guerre de Sept ans. Le nou­veau pro­prié­taire fa­vo­ri­sa l’ins­tal­la­tion de co­lons et le dé­fri­chage des terres culti­vables. Il cé­da, par contre, ses pos­ses­sions à son fils Mi­chel-Eus­tache-Gas­pardA­lain Char­tier De Lot­bi­nière en 1771. Le dé­ve­lop­pe­ment s’ac­cé­lé­ra sur d’autres plan que le seul peu­ple­ment. En ef­fet, la pa­roisse fut fon­dée en 1783. Aus­si Ri­gaud de­vien­drat-il un re­lais pour les bû­che­rons et les dra­veurs. On y construi­sit une su­cre­rie puis un mou­lin à l’aube du XIXe siècle.

En 1822, la sei­gneu­rie chan­gea de main à la suite de la mort du deuxième Mi­chel Char­tier De Lot­bi­nière. Elle in­com­ba à William Bin­gham, fils d’un sé­na­teur amé­ri­cain, qui eut épou­sé Char­lotte Char­tier De Lot­bi­nière un an plus tôt. Les en­fants du couple ven­dirent leurs pos­ses­sions à Ar­chi­bald de Lé­ry Macdo­nald.

C’est en 1850 que le col­lège Bour­get fut fon­dé par le cu­ré Jo­seph Désautels, sur le conseil d’Ignace Bour­get, ar­che­vêque de Montréal. Cette construc­tion, au pied du mont Ri­gaud, ou­vrit la voie à la construc­tion d’autres bâ­ti­ments, qu’on peut tou­jours ob­ser­ver au­jourd’hui, dont le Jar­din de l’en­fance des soeurs de Sain­teAnne.

Au point de vue ad­mi­nis­tra­tif, la Mu­ni­ci­pa­li­té de la pa­roisse de Sain­teMa­de­leine-de-Ri­gaud fut éta­blie en 1855. Son nom rap­pelle le pré­nom de l’épouse de Mi­chel Char­tier De Lot­bi­nière, Ma­de­leine. Quant à elle, la Mu­ni­ci­pa­li­té de Ri­gaud fut créée en 1880, à la suite de la sé­pa­ra­tion d’une par­tie du ter­ri­toire de Sainte-Ma­de­leine-de-Ri­gaud. Son pre­mier maire est Jo­seph Al­phonse Che­vrier. Il est in­té­res­sant de no­ter que ce der­nier est un des­cen­dant d’une des fa­milles ins­tal­lées sur le ter­ri­toire sous la gou­ver­nance de Mi­chel Char­tier De Lot­bi­nière plus d’un siècle plus tôt. Plus ré­cem­ment, les deux ad­mi­nis­tra­tions ont fu­sion­né en 1995 pour de­ve­nir la Mu­ni­ci­pa­li­té de Ri­gaud.

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