La zoo­thé­ra­pie « nou­veau genre »

Luc Le­febvre, pas­sion­né des ani­maux

L'Etoile - - ACTUALITÉ - MA­RIE-MAXIME COU­SI­NEAU

DPas­sion­né par la na­ture et les ani­maux, Luc Le­febvre ché­rit le rêve de créer un centre de zoo­thé­ra­pie pour les jeunes. Si tout se dé­roule se­lon ses pré­vi­sions, sa ferme pour­rait ac­cueillir quo­ti­dien­ne­ment des jeunes dès l’au­tomne 2014.

éjà, à cinq ans, alors qu’il ha­bi­tait dans une ville avec sa fa­mille, Luc Le­febvre rê­vait de pos­sé­der une ferme. De­puis plus de 25 ans, il a des che­vaux et est un grand ama­teur d’équi­ta­tion. Ayant fait l’ac­qui­si­tion d’un grand ter­rain à Saint-La­zare, l’en­tre­pre­neur a fait un pas de plus vers son rêve. Voi­là main­te­nant un an, il a ache­té des al­pa­gas et a com­pris que ces ani­maux étaient ex­trê­me­ment ami­caux en­vers les en­fants. Luc Le­febvre a alors eu l’idée de fon­der un or­ga­nisme à but non lu­cra­tif, Mur­mures d’ani­maux, qui of­fri­ra des ser­vices de zoo­thé­ra­pie d’un genre nou­veau.

« Mon but est de mettre sur pied une zoo­thé­ra­pie « nou­veau genre », ex­pli­quet-il, qui ne se li­mi­te­ra pas à en­trer en contact avec des chiens, des chats ou des che­vaux. […] Je veux of­frir à la clien­tèle une ex­pé­rience hors du com­mun, qui n’est pas don­née de vivre tous les jours. » La clien­tèle cible de l’en­tre­pre­neur est le jeune pu­blic. « Cette zoo­thé­ra­pie s’adres­se­rait d’abord et avant tout à des jeunes qui en ont be­soin, qui sont mal com­pris, par exemple, un ado­les­cent désa­bu­sé de la vie ou en­core un en­fant au­tiste, pré­cise-t-il. Le but est de les pla­cer dans un contexte com­plè­te­ment dif­fé­rent de ce­lui qu’ils connaissent. Il faut leur mon­trer que la vie ne consiste pas à se faire écra­ser conti­nuel­le­ment. En en­trant en contact avec dif­fé­rents ani­maux, en étant gen­tils avec eux, les ani­maux se­ront gen­tils avec les jeunes, et, dé­jà, c’est un pre­mier pas vers un ave­nir plus op­ti­miste. »

Luc Le­febvre est convain­cu des bien­faits d’un centre de zoo­thé­ra­pie dans un en­vi­ron­ne­ment pai­sible comme SaintLa­zare, d’abord par la tran­quilli­té de la cam­pagne, puis par l’in­ter­ac­tion avec dif­fé­rentes bêtes qu’il est peu com­mun de cô­toyer dans la vie quo­ti­dienne.

Un pro­jet qui prend forme

Pos­sé­dant dé­jà des che­vaux et des al­pa­gas, Luc Le­febvre a ren­du vi­site à un ami en On­ta­rio qui pos­sède plu­sieurs ani­maux exo­tiques. Il y a fait l’ac­qui­si­tion d’un jeune zèbre. Trois mois ont été re­quis pour que le La­za­rois en­traîne son zèbre afin qu’il ne soit pas crain­tif à l’égard des hu­mains. « Le but n’est pas d’éle­ver des ani­maux do­mes­tiques. Je les élève pour qu’ils soient plus so­ciables, mais il ne faut pas leur en­le­ver leur ca­rac­tère sau­vage », ex­plique le père de deux jeunes en­fants.

Outre son zèbre, Luc Le­febvre s’est éga­le­ment pro­cu­ré deux dro­ma­daires dans un zoo, de même qu’une fa­mille de daims, un che­val mi­nia­ture, des po­neys et un âne. Bien qu’il re­çoive l’aide de plu­sieurs per­sonnes, le La­za­rois tient à éle­ver ses ani­maux seul de ma­nière à ce qu’ils le re­con­naissent. Il veut éga­le­ment ap­prendre à connaître leur com­por­te­ment avant de les mettre en contact avec des jeunes.

Dès le prin­temps 2014, Luc Le­febvre sou­haite col­la­bo­rer avec des écoles afin d’of­frir des vi­sites à des groupes d’élèves. L’été, il ai­me­rait in­vi­ter des groupes de camps de jour pour en­fants dé­fa­vo­ri­sés, d’abord pour que les ani­maux s’ha­bi­tuent à la pré­sence des jeunes, mais aus­si pour ob­ser­ver leur in­ter­ac­tion. Dès l’au­tomne 2014, il es­time qu’il pour­ra com­men­cer cette thé­ra­pie quo­ti­dienne avec des par­ti­ci­pants qui en ont be­soin. « En ce mo­ment, la zoo­thé­ra­pie consiste avant tout à pos­sé­der un ani­mal que l’on amène par­tout avec soi tan­dis qu’ici, les jeunes pour­ront être en contact avec plu­sieurs ani­maux en même temps et ce sont eux qui se dé­pla­ce­ront tous les jours pour ve­nir les voir », ex­plique le La­za­rois.

Des in­ter­ac­tions di­ver­si­fiées

Afin de créer un contact pro­fond avec les ani­maux, les jeunes se­ront ame­nés à en prendre soin en leur par­lant, en les ca­res­sant ou en les bros­sant. Ils pour­ront éga­le­ment mon­ter les che­vaux, les po­neys et même les dro­ma­daires en­traî­nés à cet ef­fet. Le La­za­rois sou­haite aus­si mettre à la dis­po­si­tion des jeunes une pièce dans la­quelle ils pour­ront s’iso­ler avec un ani­mal afin de lui par­ler sans sen­tir le re­gard ou le ju­ge­ment d’un adulte. « Les gens laissent tom­ber leurs bar­rières en pré­sence des ani­maux et ce­la pour­ra leur per­mettre d’éva­cuer leurs frus­tra­tions », pré­cise l’en­tre­pre­neur.

Luc Le­febvre sou­haite d’ailleurs col­la­bo­rer avec les Centres de San­té et de Ser­vices So­ciaux aux­quels il sou­met des projets, de même qu’avec des centres jeu­nesse.

Sa ferme comp­tant dé­jà plus d’une ving­taine d’ani­maux, le La­za­rois dé­sire s’en pro­cu­rer quelques autres afin d’of­frir une large va­rié­té d’es­pèces au ca­rac­tère unique qui sau­ront sa­tis­faire les be­soins des jeunes. Ce pro­jet de longue ha­leine montre le ca­rac­tère al­truiste de Luc Le­febvre dont le but est de re­don­ner à sa com­mu­nau­té et de l’en­ri­chir.

PHO­TO MA­RIE-MAXIME COU­SI­NEAU

Luc Le­febvre en­traîne de nom­breux ani­maux, no­tam­ment un zèbre, des dro­ma­daires, des daims, et plus en­core.

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