« En­bridge est une com­pa­gnie res­pon­sable » – Éric Prud’homme

Re­tom­bées de la com­mis­sion par­le­men­taire

L'Etoile - - LA UNE - (C.C.J.)

Dans les der­nières se­maines, le pro­jet d’En­bridge d’in­ver­ser le flux de son oléo­duc 9B était le su­jet d’une com­mis­sion par­le­men­taire me­née par le mi­nis­tère de l’Agri­cul­ture, des Pê­che­ries et de l’Ali­men­ta­tion. Éric Prud’homme y re­pré­sen­tait la com­pa­gnie.

ric Prud’homme est chef des Af­faires pu­bliques de l’est du Ca­na­da pour En­bridge, firme se spé­cia­li­sant dans le trans­port d’éner­gie et, par ex­ten­sion, de pé­trole.

La com­pa­gnie pro­jette d’in­ver­ser le flux de son pi­pe­line 9B, vieux de près de 40 ans, afin d’y faire cir­cu­ler vers l’est du pé­trole ti­ré des sables bi­tu­mi­neux de l’Ouest ca­na­dien. Ce fai­sant, du pé­trole non raf­fi­né tra­ver­se­rait le sous-sol de Sain­teJus­tine-de-New­ton, de Saint-Té­les­phore, de Pointe-For­tune et de Ri­gaud avant de conver­ger vers la Rive-Nord après un pas­sage sous la ri­vière des Ou­taouais.

Après l’Office na­tio­nal de l’éner­gie, de com­pé­tence fé­dé­rale, c’était au tour du mi­nis­tère de l’Agri­cul­ture, des Pê­che­ries et de l’Ali­men­ta­tion de se pen­cher sur la ques­tion pour mieux com­prendre les ré­per­cus­sions éco­no­miques d’une telle en­tre­prise. Les consul­ta­tions se sont conclues le 5 dé­cembre, et un rap­port était pu­blié le len­de­main. La com­mis­sion par­le­men­taire, en conclu­sion, re­com­mande l’au­to­ri­sa­tion du pro­jet, mais aus­si une sé­rie de me­sures, 18 plus pré­ci­sé­ment, vi­sant no­tam­ment la pro­tec­tion du pu­blic et de l’en­vi­ron­ne­ment.

« Nous par­ti­ci­pions de bonne foi. Nous vou­lions prendre bonne note des points de vue des autres or­ga­nismes, comme les mu­ni­ci­pa­li­tés. Ce que nous com­pre­nons, c’est que le point cen­tral pour tous est la ga­ran­tie de la sé­cu­ri­té », d’af­fir­mer Éric Prud’homme.

Enjeu : sé­cu­ri­té

De nom­breux in­ter­ve­nants, dont la MRC de Vau­dreuil-Sou­langes et la Ville de Mon­tréal, ont sou­le­vé des ques­tions re­la­ti­ve­ment à un rap­port de 2011 de l’Office de l’éner­gie ré­vé­lant que 117 des 125 sta­tions de pom­page sur les pi­pe­lines d’En­bridge étaient non conformes.

Éric Prud’homme livre le point de vue d’En­bridge à ce su­jet : « L’Office de l’éner­gie éva­lue pé­rio­di­que­ment les sta­tions de pom­page. En 2011, ses res­pon­sables ont ré­in­ter­pré­té les normes d’éva­lua­tion. Il y a eu des chan­ge­ments sur la fa­çon d’uti­li­ser les gé­né­ra­trices par exemple. Au Qué­bec, on trouve deux sta­tions de pom­page. Nous avons li­vré l’as­su­rance que ces deux sta­tions al­laient être conformes au mo­ment d’in­ver­ser le flux. Par ailleurs, mal­gré ce

Re­tom­bées

que disent plu­sieurs per­sonnes, on trouve un bou­ton d’ar­rêt d’ur­gence dans les sta­tions qué­bé­coises. »

Aus­si, se­lon lui, la créa­tion d’un fonds de pré­voyance pour s’as­su­rer que les mu­ni­ci­pa­li­tés n’aient pas à dé­blo­quer des fonds en cas de dé­ver­se­ment n’est pas né­ces­saire : En­bridge bé­né­fi­cie d’une as­su­rance de dom­mages de 685 mil­lions de dol­lars et d’une ligne de cré­dit de 300 mil­lions de dol­lars.

Ques­tion­né sur la né­ces­si­té pour En­bridge de la re­con­nais­sance d’un tort pour ob­te­nir le rem­bour­se­ment des dé­penses de net­toyage et la com­pen­sa­tion par une com­pa­gnie d’as­su­rances, Éric Prud’homme ré­pond : « Nous sommes une com­pa­gnie res­pon­sable. Nous sommes res­pon­sables de nos ac­ti­vi­tés. »

Ain­si, on peut s’at­tendre, en cas de dé­ver­se­ment, que la firme dé­bourse les sommes né­ces­saires sans avoir à at­tendre le ver­dict des as­su­reurs.

Éric Prud’homme es­time que la com­pa­gnie qu’il re­pré­sente n’a rien à ca­cher. Sur la ques­tion des re­tom­bées éco­no­miques par la créa­tion d’em­plois, il se veut trans­pa­rent. « Nous n’avons ja­mais par­lé de créa­tion d’em­plois au Qué­bec. Nous af­fir­mons par contre que l’in­ver­se­ment du flux per­met­trait de conso­li­der 4000 em­plois bien ré­mu­né­rés », ex­plique-t-il. Aus­si la créa­tion d’em­plois n’est-elle pas un ar­gu­ment de dé­fense pour la concré­ti­sa­tion du pro­jet.

Quant aux re­tom­bées en­vi­ron­ne­men­tales, Éric Prud’homme es­time que le risque zé­ro n’existe pas : « Il y a aus­si des risques lors­qu’on cir­cule en voi­ture ou en avion. »

Dans le même ordre d’idées, lorsque ques­tion­né sur le dé­bit du flux de pé­trole dans le pi­pe­line 9B après in­ver­se­ment, il ré­pond : « En­bridge est res­pon­sable des in­fra­struc­tures de trans­port. Ce qui passe à l’in­té­rieur de celles-ci est de la ju­ri­dic­tion du raf­fi­neur. »

Les Heb­dos du Su­roît cher­chaient ain­si à savoir si En­bridge se­rait en me­sure de connaître la quan­ti­té de pé­trole dans le sol à la suite d’un dé­ver­se­ment. Rap­pe­lons que ce sont 3 320 000 litres de pé­trole brut qui se sont re­trou­vés dans la ri­vière Ka­la­ma­zoo, au Mi­chi­gan, à la suite d’une fuite de quelques heures en 2010.

Tou­jours se­lon Éric Prud’homme, En­bridge a fait le né­ces­saire pour que des er­reurs comme celle ayant me­né à ce dé­sastre en­vi­ron­ne­men­tal ne se re­pro­duisent plus.

Par ailleurs, il sou­ligne que la com­pa­gnie in­ves­tit ac­ti­ve­ment dans le do­maine des éner­gies propres, comme l’éo­lien et le so­laire.

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