Cri du coeur des pro­fes­sion­nels en soins de san­té

Crise à l’ur­gence de l’Hô­pi­tal du Su­roît

L'Etoile - - NOUVELLES - (S.L.)

LUne si­tua­tion qui stagne

a semaine der­nière, des taux d’oc­cu­pa­tion de plus de 300 % ont été en­re­gis­trés à l’Hô­pi­tal du Su­roît, un som­met en Mon­té­ré­gie.

En ré­ac­tion à cet en­gor­ge­ment, les pro­fes­sion­nelles en soins in­fir­miers et car­dio­res­pi­ra­toires de l’Hô­pi­tal du Su­roît ont uni leurs voix cette semaine pour dé­non­cer cette si­tua­tion qu’elles jugent in­sup­por­table. En­semble, elles es­pèrent at­ti­rer l’at­ten­tion de la di­rec­tion de l’hô­pi­tal, de l’Agence de la san­té et des ser­vices so­ciaux de la Mon­té­ré­gie et du mi­nis­tère de la San­té et des Ser­vices so­ciaux pour qu’ils cor­rigent la si­tua­tion dans les meilleurs dé­lais.

En oc­tobre der­nier, le Syn­di­cat des pro­fes­sion­nels en soins de san­té du Su­roît aler­tait la di­rec­trice in­té­ri­maire du CSSS du Su­roît de la si­tua­tion à l’ur­gence, qui fonc­tion­nait net­te­ment au-des­sus de sa ca­pa­ci­té, à 214 %. Il pré­di­sait un taux d’oc­cu­pa­tion de 300 % pour la sai­son hi­ver­nale. Il avait vu juste : ces taux ont été dé­pas­sés.

« As­sez, c’est as­sez! Jus­qu’où va-t-on pous­ser le per­son­nel de l’ur­gence, qui mon­trait dé­jà des signes d’épui­se­ment avant les fêtes? La di­rec­tion a consta­té el­le­même que l’af­fluence à l’ur­gence avait aug­men­té. De­puis l’au­tomne, nous rou­lons à une moyenne de 49 pa­tients sur ci­vière, alors que nous en avons seule­ment 22. En ce mo­ment, ce sont ré­gu­liè­re­ment plus de 60 pa­tients sur ci­vière que les pro­fes­sion­nelles en soins doivent prendre en charge. La si­tua­tion non seule­ment ne s’est pas ar­ran­gée, mais est aus­si dan­ge­reuse. L’ur­gence est une bombe à re­tar­de­ment sur le point d’ex­plo­ser », lance Ariane Be­noît, vice-pré­si­dente Mis­sion-hô­pi­tal du Syn­di­cat des pro­fes­sion­nels en soins de san­té du Su­roît.

Mal­gré les pistes de so­lu­tion pro­po­sées par le syn­di­cat, la si­tua­tion stagne. « En un an, 26 510 heures sup­plé­men­taires ont été ef­fec­tuées par les pro­fes­sion­nelles en soins au CSSS du Su­roît. Et 50 % de ces heures sont ef­fec­tuées à l’ur­gence. Seule­ment de­puis dé­but jan­vier, 420 heures ont été ef­fec­tuées, ce qui re­pré­sente 56 quarts de tra­vail. À court terme, la di­rec­tion doit agir. Il fau­dra plus que des so­lu­tions tran­si­toires pour ré­gler la si­tua­tion », sou­tient Fran­cine Sa­voie, pré­si­dente du Syn­di­cat des pro­fes­sion­nels en soins de san­té du Su­roît.

La réa­li­té du ter­rain

De­vant une si­tua­tion net­te­ment cri­tique, l’an­cien sous-mi­nistre de la San­té Ro­ger Pa­quet de­vait exa­mi­ner la si­tua­tion des CSSS de la sous-ré­gion du Su­roît avec les di­rec­tions concer­nées pour trou­ver des so­lu­tions. Force est de consta­ter que la si­tua­tion ne dé­bloque pas.

« Il sem­ble­rait que les pré­oc­cu­pa­tions de l’Agence de la san­té et de ser­vices so­ciaux de Mon­té­ré­gie soient bud­gé­taires. Tou­te­fois, il s’agit ici de la sé­cu­ri­té des pa­tients et de la prise en charge ré­gio­nale d’une po­pu­la­tion sou­vent dé­mu­nie et vieillis­sante. Où sont les ad­mi­nis­tra­teurs de l’Agence ou du mi­nis­tère de la San­té et des Ser­vices so­ciaux? Qu’ils viennent dans les cor­ri­dors de l’ur­gence consta­ter par eux-mêmes que presque la moi­tié des pa­tients at­tendent la consul­ta­tion d’un médecin de fa­mille, qu’ils pour­raient être re­di­ri­gés dès la consul­ta­tion ef­fec­tuée ou que des per­sonnes sont en at­tente d’hé­ber­ge­ment, ce qui per­met­trait de re­don­ner sa vé­ri­table vo­ca­tion à l’ur­gence », constate Da­niel Gil­bert, deuxième vi­ce­pré­sident de la Fé­dé­ra­tion in­ter­pro­fes­sion­nelle de la san­té du Qué­bec.

PHOTO GUILLAUME DE CHAN­TAL

Des taux d’oc­cu­pa­tion dé­pas­sant les 300 % ont été en­re­gis­trés la semaine der­nière à l’Hô­pi­tal du Su­roît.

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