La vic­toire d’écra­ser

L'Etoile - - SANTÉ - VA­LÉ­RIE ST-ONGE

Près d’un Qué­bé­cois sur quatre fume la ci­ga­rette. Jus­qu’au 25 jan­vier, la Semaine pour un Qué­bec sans ta­bac en­cou­rage les fu­meurs à ces­ser cette ha­bi­tude. Fran­cine, une ré­si­dente de Ri­gaud, cé­lèbre avec fier­té sa troi­sième an­née sans fu­mer.

Au Qué­bec, 24 % de la po­pu­la­tion fume tou­jours. Fran­cine ne fait plus par­tie de la sta­tis­tique. Elle a écra­sé sa der­nière ci­ga­rette il y a trois ans. De­puis, elle n’a ja­mais tou­ché à une ci­ga­rette.

Fran­cine a été dé­pen­dante du ta­bac du­rant plus de 25 ans. Sa pre­mière ci­ga­rette, elle l’a fu­mée au se­con­daire, in­fluen­cée par ses pairs, à l’âge de 14 ans. Jus­qu’à 19 ans, elle se consi­dé­rait comme une fu­meuse so­ciale. Tout ce qu’il y a de plus ty­pique, quoi! En 1970, son be­soin de ni­co­tine était ce­pen­dant plus fort que ja­mais.

Une pre­mière ten­ta­tive

À 25 ans, Fran­cine ar­rête pour la pre­mière fois de consom­mer du ta­bac. Cette dé­ci­sion, elle l’a prise à la suite d’une très mau­vaise grippe, de fa­çon ra­di­cale. Elle au­ra réus­si à te­nir le coup pen­dant un an.

« J’avais pris la dé­ci­sion d’ar­rê­ter la veille du jour de l’An. J’ai ré­sis­té à la ten­ta­tion tout une an­née. Tout se dé­rou­lait trop bien, ad­met-elle. Mais un an, jour pour jour, après avoir pris la dé­ci­sion d’ar­rê­ter, à une fête du jour de l’An j’ai flan­ché. »

Les 20 an­nées sui­vantes, Fran­cine concède avoir été une grande fu­meuse, al­lu­mant près d’un pa­quet par jour. La Loi sur le ta­bac, in­ter­di­sant aux fu­meurs de consu­mer leur ci­ga­rette dans les lieux pu­blics, au­ra contri­bué à ré­duire sa consom­ma­tion à un de­mi-pa­quet par jour.

Che­min vers la réus­site

Lorsque Fran­cine sou­haite re­non­cer pour de bon à la ci­ga­rette, l’idée mi­jote de­puis dé­jà cinq ans. Fran­cine est mûre pour ce chan­ge­ment. « Je sou­hai­tais vrai­ment le faire par moi-même, ex­plique-t-elle. Je n’avais pas l’en­vie d’uti­li­ser des patchs, de la gomme ou d’autres pro­duits du genre. »

Fran­cine prend l’ha­bi­tude de boire de grandes quan­ti­tés d’eau, après avoir ap­pris dans une ren­contre du CLSC que la ni­co­tine est for­te­ment so­luble dans l’eau. Son pro­ces­sus s’éche­lonne sur près d’un an. Elle ha­bi­tue son corps en dou­ceur, ré­dui­sant sa consom­ma­tion de fa­çon gra­duelle.

Le CLSC de Vau­dreuil-Sou­langes lui ap­porte du sou­tien pen­dant ce che­mi­ne­ment. Elle par­ti­cipe à quelques ren­contres in­di­vi­duelles et en groupe, un ou­til sup­plé­men­taire pour l’ai­der dans sa dé­marche. « Ça s’est bien pas­sé. J’étais ren­due là dans ma vie, sou­ligne-t-elle. Tout ce qui me man­quait, c’était de la vo­lon­té. »

Sa mo­ti­va­tion? Sa san­té et son bien-être. Se­lon la Semaine pour un Qué­bec sans ta­bac, l’es­pé­rance de vie du fu­meur est ré­duite de 10 ans. Cette sta­tis­tique-choc suf­fit pour com­prendre les rai­sons du re­non­ce­ment à la dé­pen­dance de la ni­co­tine.

Trois ans après avoir éteint sa der­nière ci­ga­rette, Fran­cine constate une énorme dif­fé­rence sur son souffle et sa ca­pa­ci­té car­dio-res­pi­ra­toire. Elle prend en­core plus plai­sir à faire de longues pro­me­nades. Les ali­ments goûtent meilleur, son odo­rat est plus dé­ve­lop­pé et sa toux est main­te­nant sèche. Elle res­sent en­fin les nom­breux bien­faits de sa dé­marche.

L’idée de fu­mer une « bonne ci­ga­rette » lui est-elle re­ve­nue de­puis tout ce temps? « Ça me vient en tête par flash, mais pas par en­vie. Il sem­ble­rait que ce soit une ré­ac­tion tout à fait nor­male du cer­veau », in­dique-t-elle.

Il existe au­tant d’as­tuces pour ar­rê­ter de fu­mer que de fu­meurs. Il n’en tient qu’à vous de trou­ver la vôtre!

PHOTOTHÈQUE

La ci­ga­rette ré­duit l’es­pé­rance de vie de 10 ans, se­lon des sta­tis­tiques four­nies par la Semaine pour un Qué­bec sans ta­bac.

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