Le sui­cide n’est pas une op­tion

24e Semaine na­tio­nale de pré­ven­tion du sui­cide

L'Etoile - - ACTUALITÉ - VA­LÉ­RIE ST-ONGE

Au Qué­bec, un décès sur 50 est un sui­cide. Trois per­sonnes par jour s’en­lèvent la vie et 76 ten­ta­tives ont lieu. Des sta­tis­tiques qui té­moignent d’un réel mal de vivre.

Quelque 28 000 per­sonnes tentent de s’en­le­ver la vie chaque an­née au Qué­bec. Mal­gré la baisse du nombre de sui­cides en 2000, les don­nées an­nuelles sont stables de­puis 2007, soit 1100 décès. L’As­so­cia­tion qué­bé­coise de pré­ven­tion du sui­cide a ré­vé­lé ces sta­tis­tiques dans le cadre de la 24e Semaine de pré­ven­tion du sui­cide, des don­nées re­cen­sées par l’Ins­ti­tut na­tio­nal de san­té pu­blique du Qué­bec.

Sur le thème « T’es im­por­tant pour nous. Le sui­cide n’est pas une op­tion », la semaine de sen­si­bi­li­sa­tion se tient jus­qu’au 8 fé­vrier.

Les hommes sont plus vul­né­rables : ils re­pré­sentent plus de 75 % des cas. Le taux de sui­cide at­teint son maxi­mum vers la cin­quan­taine et di­mi­nue par la suite. Les hommes de 35 à 49 ans sont les plus tou­chés, sui­vis par ceux de 50 à 64 ans. Pour ce qui est des femmes, ce sont celles de 50 à 64 ans qui sont les plus vul­né­rables. Des 1105 Qué­bé­cois qui ont com­mis l’ir­ré­pa­rable en 2011, 852 étaient des hommes et 253 des femmes. Le risque de

Pré­ven­tion

sui­cide est 3,4 fois plus éle­vé chez les hommes que chez les femmes.

Com­ment pré­ve­nir l’acte fa­tal? La res­pon­sable des for­ma­tions en pré­ven­tion du sui­cide à l’or­ga­nisme Le Tour­nant, Syl­vie Mayer, évoque d’abord l’im­por­tance de s’en­tou­rer d’un bon réseau, sur­tout après une pé­riode de dé­pres­sion. Il est donc pri­mor­dial de trou­ver un con­fident, que ce soit un ami, un pa­rent ou un en­sei­gnant.

De bonnes ha­bi­tudes de vie per­mettent aus­si de pré­ve­nir les idées sombres et de re­prendre goût à la vie. Man­ger sai­ne­ment, dor­mir à des heures ré­gu­lières et une bonne forme phy­sique peut faire toute la dif­fé­rence. « On sug­gère d’abord sim­ple­ment des marches d’une du­rée de 20 mi­nutes à rai­son de trois fois par semaine », in­dique Syl­vie Mayer.

Se fixer un ob­jec­tif et se trou­ver une mo­ti­va­tion est éga­le­ment sug­gé­ré. Ceux-ci peuvent être aus­si simples que de se don­ner le temps de lire un livre, de re­gar­der une émis­sion de té­lé­vi­sion, de voir un ami ou de té­lé­pho­ner à une per­sonne que l’on ap­pré­cie. « Il est im­por­tant de se don­ner le temps de gué­rir. Il faut voir un jour à la fois, in­siste Syl­vie Mayer. Il n’y a mal­heu­reu­se­ment pas de re­cette du bon­heur. Tout est dans les ha­bi­tudes de vie et dans l’im­por­tance de s’en­tou­rer de gens de confiance. »

Res­sources

Syl­vie Mayer, tech­ni­cienne en édu­ca­tion spé­cia­li­sée, oeuvre en centre de crise de­puis plus de 15 ans. Elle col­la­bore, à l’échelle pro­vin­ciale, à la mise à jour des tech­niques et des mé­thodes d’in­ter­ven­tion au­près des clien­tèles souf­frant de crises sui­ci­daires et de ma­la­dies men­tales.

De­man­der de l’aide re­quiert beau­coup de cou­rage. Un des pre­miers pas à faire lorsque des idées noires vous tra­versent l’es­prit est de com­po­ser le 1 866 AP­PELLE (1 866 2773553) ou le 450 3714090. Des in­ter­ve­nants du Tour­nant ré­pondent aux ap­pels en toute confi­den­tia­li­té. La ligne AP­PELLE s’adresse au­tant aux per­sonnes qui ont des pen­sées sui­ci­daires qu’à leurs proches et aux en­deuillés par sui­cide. Le ser­vice est of­fert sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Le site Internet de l’As­so­cia­tion qué­bé­coise de pré­ven­tion du sui­cide ren­ferme une foule d’in­for­ma­tions. Ren­dez-vous au www.aqps.in­fo.

LES HOMMES SONT PLUS VUL­NÉ­RABLES : ILS RE­PRÉ­SENTENT PLUS DE 75 % DES CAS. LE TAUX DE SUI­CIDE AT­TEINT SON MAXI­MUM VERS LA CIN­QUAN­TAINE ET DI­MI­NUE PAR LA SUITE.

PHOTOTHÈQUE

Le Tour­nant est un centre de crise et de pré­ven­tion du sui­cide. En plus de son sou­tien té­lé­pho­nique, il offre de l’hé­ber­ge­ment pro­vi­soire. En pé­riode de crise, les per­sonnes tou­chées ont ac­cès à un en­ca­dre­ment in­ten­sif dans un mi­lieu sé­cu­ri­taire et cha­leu­reux.

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