L’agrile du frêne dans le sud du Qué­bec

L'Etoile - - IMMO INFO - (S.L.)

L’As­so­cia­tion des bio­lo­gistes du Qué­bec (ABQ) et le Conseil qué­bé­cois des es­pèces exo­tiques en­va­his­santes (CQEEE) sont pré­oc­cu­pés par le dos­sier de l’agrile du frêne dans la ré­gion.

L’agrile du frêne, un in­secte exo­tique ori­gi­naire d’Asie, a été ob­ser­vé pour la pre­mière fois en Amé­rique du Nord en 2002. Il s’at­taque à toutes les es­sences de frênes et se pro­page ra­pi­de­ment dans le nord-est du continent. La larve se nour­rit du cam­bium en y créant d’in­nom­brables ga­le­ries si­nueuses. Les ef­fets sur la san­té et la sur­vie de l’arbre sont dra­ma­tiques : la mort est qua­si as­su­rée en quelques an­nées seule­ment.

« L’agrile du frêne lais­se­ra des traces, car, en dé­ci­mant les frênes, une pa­no­plie de ser­vices éco­lo­giques (om­brage, ré­ten­tion d’eau, qualité de l’air, es­thé­tisme) qu’ils nous rendent dis­pa­raî­tra aus­si », sou­ligne Kim Ma­ri­neau de l’ABQ.

Sa­chant que les frênes peuvent consti­tuer de 20 et 30 % des arbres de Mon­tréal (des cen­taines de mil­liers d’arbres) et des autres villes de la ré­gion mé­tro­po­li­taine, on peut s’at­tendre à des ef­fets no­tables à la suite de leur dis­pa­ri­tion.

Des consé­quences à pré­voir

L’ABQ et le CQEEE s’in­ter­rogent sur les consé­quences né­fastes que pour­rait en­traî­ner l’in­fes­ta­tion de l’agrile du frêne dans les zones ur­baines et pé­ri­ur­baines du sud du Qué­bec. Jus­qu’à main­te­nant, les dé­pis­tages de l’Agence ca­na­dienne d’ins­pec­tion des ali­ments ont per­mis de consta­ter que le ra­va­geur est en progression. Il est pré­sent sur l’île de Mon­tréal et l’île de La­val, en Mon­té­ré­gie, dans le Haut-Saint-Laurent, les Lau­ren­tides, la Haute-Ya­mas­ka et La­nau­dière. Et la liste conti­nue de s’al­lon­ger.

« Les mu­ni­ci­pa­li­tés au­ront fort à faire et au­ront be­soin de res­sources pour ac­com­plir l’en­semble de la tâche à ve­nir : dé­pis­ter l’in­secte, prendre les me­sures pour li­mi­ter sa progression, gé­rer les ré­si­dus, trai­ter et abattre les arbres et li­mi­ter les risques. Il existe des stra­té­gies pour ra­len­tir l’in­secte et éta­ler les coûts de ges­tion, ain­si que des mé­thodes de contrôle pour sau­ve­gar­der un cer­tain nombre d’arbres », ex­plique Hé­lène God­maire du CQEEE.

L’ABQ et le CQEEE croient que les villes ga­gne­raient à in­ves­tir dès main­te­nant les sommes né­ces­saires afin d’aug­men­ter le rythme des in­ter­ven­tions fa­vo­ri­sant une ges­tion proac­tive de l’in­fes­ta­tion. Ils de­mandent au gou­ver­ne­ment du Qué­bec de col­la­bo­rer avec elles dans cette lutte.

« Quand les frênes se­ront tous dé­pé­ris­sants, la fac­ture as­so­ciée à l’abat­tage d’ur­gence se­ra sa­lée! Quand les frênes se­ront tous morts, faute de moyens, il se­ra très long de re­bâ­tir un nou­veau pa­tri­moine fo­res­tier ma­ture. Il en va de l’in­té­gri­té de notre mi­lieu de vie et des bien­faits qui y sont as­so­ciés », sou­ligne Kim Ma­ri­neau.

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