Ma­rio Ga­gnier ex­clu de la course

Élec­tions Qué­bec 2014

L'Etoile - - LA UNE - MA­RIE-MAXIME COU­SI­NEAU

Re­tour­ne­ment de si­tua­tion : les élec­teurs de Sou­langes voient un de leurs can­di­dats re­je­té par le Di­rec­teur gé­né­ral des élec­tions du Qué­bec. C’est donc en l’ab­sence du can­di­dat ca­quiste Ma­rio Ga­gnier que se dé­rou­le­ront les élec­tions pro­vin­ciales 2014.

En ef­fet, le Di­rec­teur gé­né­ral des élec­tions a dé­cla­ré in­éli­gibles trois can­di­dats de la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec. Ces der­niers ont dû se re­ti­rer de la cam­pagne sa­me­di. Il s’agit de Ma­rio Ga­gnier, can­di­dat dans la cir­cons­crip­tion de Sou­langes, de Fran­çois-Carl La­bon­té, qui bri­guait les suf­frages dans West­mountSaint-Louis, et de Sam Nas­sid, de la cir­cons­crip­tion de Saint-Laurent.

No­tons que tous les can­di­dats avaient jus­qu’au sa­me­di 22 mars à 14 h pour re­mettre un mi­ni­mum de 100 si­gna­tures ap­puyant leur can­di­da­ture. Cer­taines si­gna­tures au­raient été ju­gées il­li­sibles ou au­raient été si­gnées par des ci­toyens ha­bi­tant la cir­cons­crip­tion, mais qui n’étaient pas ins­crits sur la liste élec­to­rale. De plus, cer­taines élec­trices au­raient ins­crit leur nom de jeune fille alors qu’elles étaient ins­crites sur la liste élec­to­rale sous le nom de leur ma­ri, leur nom of­fi­ciel.

Lors­qu’in­ter­ro­gé par les Heb­dos du Su­roît, le can­di­dat ca­quiste dans Sou­langes, Ma­rio Ga­gnier, s’est dit na­vré. « Le DGE s’est mon­tré ex­trê­me­ment fer­mé. J’avais re­cueilli 103 si­gna­tures; huit ont été re­je­tées, par­mi les­quelles la si­gna­ture de ma propre tante… J’avais donc 95 si­gna­tures, il ne m’au­rait fal­lu qu’une ving­taine de mi­nutes pour les re­cueillir, mais le DGE a été in­flexible », a-t-il dé­cla­ré.

Ma­rio Ga­gnier a éga­le­ment af­fir­mé qu’au cours de cette cam­pagne élec­to­rale, il avait pas­sé la ma­jeure par­tie de son temps à tra­vailler à la pla­te­forme na­tio­nale de la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec, au dé­tri­ment des dé­marches pro­cé­du­rales. Mal­gré tout, il avait réus­si à amas­ser le nombre de si­gna­tures re­quises. Le can­di­dat, qui avait sou­mis 140 si­gna­tures lors des élec­tions pro­vin­ciales de 2012, s’est dé­so­lé de ne pas en avoir fait au­tant cette fois-ci.

Pion im­por­tant au sein de la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec, Ma­rio Ga­gnier a contri­bué à éta­blir les bases du par­ti. « Je suis un des fon­da­teurs de la CAQ. J’étais là avant même qu’elle existe. Dans un appartement du Plateau Mont-Royal, j’étais par­mi ceux qui ont écrit les ins­tances du par­ti. C’est pour­quoi j’ai énor­mé­ment tra­vaillé sur la pla­te­forme na­tio­nale », a-t-il af­fir­mé.

« Il lui man­quait des si­gna­tures, il n’y a pas d’autres ex­pli­ca­tions, a pour sa part in­di­qué le Di­rec­teur gé­né­ral des élec­tions, Jacques Drouin, aux Heb­dos du Su­roît. Si le can­di­dat avait sou­mis sa liste de si­gna­tures plus tôt à son pré­sident d’élec­tion, ce der­nier au­rait pu la com­pa­rer avec la liste élec­to­rale et lui pré­ci­ser celles qui ris­quaient de ne pas être ac­cep­tées. »

Quant à lui, le chef de la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec, Fran­çois Le­gault, à qua­li­fié de « sé­vère » le Di­rec­teur gé­né­ral des élec­tions.

Un ad­ver­saire de taille

Ma­rio Ga­gnier af­firme avoir re­çu des ap­pels de can­di­dats du Par­ti qué­bé­cois qui se sont dits dé­so­lés de perdre un ad­ver­saire de taille. Rap­pe­lons qu’aux élec­tions pro­vin­ciales de 2012, Ma­rio Ga­gnier avait fait bonne fi­gure dans Sou­langes en rem­por­tant 28 % des votes. Alors que la ga­gnante, la can­di­date li­bé­rale Lu­cie Char­le­bois, avait rem­por­té 12 795 voix, Ma­rio Ga­gnier avait pour sa part ob­te­nu 10 234 voix.

Se­lon le can­di­dat ca­quiste, il n’a au­cun re­cours pour re­trou­ver sa place dans la course. Son re­trait de la cam­pagne élec­to­rale au­ra cer­tai­ne­ment des ré­per­cus­sions sur le vote des élec­teurs sou­lan­geois. En ef­fet, les per­sonnes dé­si­rant vo­ter pour la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec de­vront re­voir leur choix.

Ses ad­ver­saires ré­agissent

En ce qui a trait aux ré­per­cus­sions du re­trait de Ma­rio Ga­gnier sur le vote des élec­teurs sou­lan­geois, la can­di­date li­bé­rale Lu­cie Char­le­bois n’a pas avan­cé de sup­po­si­tions. « Ce se­ra aux élec­teurs de se pro­non­cer; je ne peux pré­su­mer de leurs in­ten­tions », a-t-elle in­di­qué.

Quant à elle, la can­di­date de Qué­bec so­li­daire dans Sou­langes, An­drée Bes­sette, ne s’est pro­non­cée ni en fa­veur ni en dé­fa­veur de la dé­ci­sion du DGEQ. « La vé­ri­fi­ca­tion des si­gna­tures et de l’éli­gi­bi­li­té des si­gna­taires se fait au bu­reau de la di­rec­trice de scru­tin du com­té. Il est de no­to­rié­té pu­blique que re­cueillir plus de si­gna­tures que les 100 re­quises est né­ces­saire. Il est aus­si im­por­tant d’expliquer aux gens qui signent qu’ils font une dé­cla­ra­tion of­fi­cielle, qu’ils doivent ha­bi­ter le com­té, avoir le droit de vote et être ins­crits sur la liste élec­to­rale. Il fau­dra at­tendre d’avoir les dé­tails sur le re­jet de la can­di­da­ture avant de vrai­ment ju­ger de la du­re­té du Di­rec­teur des élec­tions. Les règles sont les mêmes pour tous », a-t-elle pré­ci­sé.

« Le Par­ti équi­table a per­du deux can­di­dats qui n’avaient pas leurs 100 si­gna­tures, donc on connaît le pro­ces­sus, a pour sa part af­fir­mé la chef et can­di­date du Par­ti équi­table dans Sou­langes, Patricia Do­min­gos. Mais c’est dif­fi­ci­le­ment com­pré­hen­sible pour les gros par­tis, qui ont des moyens hu­mains et mo­né­taires pour me­ner leur cam­pagne. »

En­fin, Ma­rio Ga­gnier a te­nu à s’ex­cu­ser au­près des élec­teurs sou­lan­geois de ne pas leur of­frir la pos­si­bi­li­té de vo­ter pour la CAQ aux pro­chaines élec­tions pro­vin­ciales.

Puisque la pé­riode lé­gale des mises en can­di­da­ture se ter­mi­nait sa­me­di, la CAQ ne pour­ra rem­pla­cer ses trois can­di­dats re­je­tés. Si, cette fin de se­maine, il gar­dait es­poir de convaincre le Di­rec­teur gé­né­ral des élec­tions de chan­ger son ver­dict, Fran­çois Le­gault s’est heur­té à un re­fus ca­té­go­rique.

« La pé­riode de can­di­da­ture com­men­çait le 7 mars der­nier et s’éche­lon­nait sur deux se­maines, a tran­ché Jacques Drouin en en­tre­vue. Le can­di­dat avait am­ple­ment le temps d’amas­ser le nombre de si­gna­tures re­quis. »

Rap­pe­lons qu’avec le re­jet de ces trois can­di­da­tures, la CAQ ne peut bri­guer que 122 sièges. Le Par­ti li­bé­ral du Qué­bec a pour sa part 125 can­di­dats et le Par­ti qué­bé­cois, 124.

PHO­TO­THÈQUE

Le chef de la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec, Fran­çois Le­gault, n’était pas en­chan­té de la ma­nière de s’y prendre de son can­di­dat dans Sou­langes, Ma­rio Ga­gnier.

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