« Pas fa­cile d’être un su­per-hé­ros »

Fran­cis La­fre­nière rem­porte un âpre com­bat

L'Etoile - - ACTUALITÉ - (C.C.J.)

On le sur­nomme le « people’s cham­pion », une ex­pres­sion propre aux sports de com­bat qui pour­rait être li­bre­ment tra­duite comme « fa­vo­ri de la foule ». Fran­cis La­fre­nière (5-5-2) a conser­vé son titre ho­no­ri­fique ven­dre­di der­nier.

Il fai­sait face à Ro­ber­to McLel­lan (6-3-1), cham­pion ca­na­dien des mi­moyens (154 livres), mais avant tout un dur, un guer­rier. Avec La­fre­nière, le Bri­tan­no-Co­lom­bien concluait le deuxième ga­la de boxe pro­fes­sion­nelle or­ga­ni­sé par les frères Ho­ward et Otis Grant, pro­mo­teurs et en­traî­neurs de Fran­cis La­fre­nière, ori­gi­naire de Co­teau­du-Lac.

Une salle pleine à cra­quer, une foule gon­flée à bloc, a ac­cueilli les deux pu­gi­listes dans l’arène pour leur com­bat fixé à 162 livres. L’ar­bitre Mar­lon B. Wright était le troi­sième homme dans le ring.

Le com­bat

À pre­mière vue, La­fre­nière sem­blait lar­ge­ment avan­ta­gé par rap­port à son ad­ver­saire : il était plus im­po­sant, plus fort phy­si­que­ment, en plus d’une dé­ter­mi­na­tion dans le re­gard qui contras­tait avec son at­ti­tude quo­ti­dienne. Cette do­mi­na­tion phy­sique et psy­cho­lo­gique s’est trans­po­sée dans le com­bat dès les pre­mières se­condes.

Au son de la cloche, le fa­vo­ri de la foule s’est rué sur son ad­ver­saire. Avec beau­coup d’au­to­ri­té et d’in­ten­si­té, La­fre­nière a été en me­sure de s’as­su­rer la fa­veur des juges pour les quatre pre­miers rounds du com­bat, pré­vu pour huit.

Le Co­teau­la­cois est à son aise au corpsà-corps : il peut ain­si pro­fi­ter de la puis­sance de ses cro­chets et de ses up­per­cuts. McLel­lan ne sem­blait pas en me­sure d’évi­ter les coups, su­bis­sant des fu­ries tout en puis­sance. À plu­sieurs re­prises, sa tête, à la suite de coups bien pla­cés, est par­tie vio­lem­ment vers l’ar­rière. La foule a souvent cru que s’en était ter­mi­né.

Le cin­quième round a per­mis au Co­teau­la­cois de re­faire quelque peu ses éner­gies. Mal­gré un style plus pas­sif, il n’a pas été do­mi­né, mais l’en­ga­ge­ment est al­lé à McLel­lan.

Fran­cis La­fre­nière a ras­sis sa do­mi­na­tion dès le dé­but du round sui­vant en ren­voyant son ad­ver­saire dans les câbles, d’où il n’a été ca­pable de sor­tir, lit­té­ra­le­ment, jus­qu’à la fin du com­bat.

Avec l’épui­se­ment et une vic­toire qui lui glis­sait des mains, le Bri­tan­no-Co­lom­bien a usé de dif­fé­rentes tech­niques plus ou moins loyales pour dé­ran­ger son ad­ver­saire. Le Co­teau­la­cois a re­çu de nom­breux coups de tête et d’épaule, en plus d’être souvent ac­cro­ché.

Ro­ber­to McLel­lan a souvent plié, mais n’a ja­mais cas­sé. La­fre­nière a été dé­cla­ré vain­queur par dé­ci­sion una­nime.

L’homme

Au terme de ce qui res­sem­blait par mo­ment à une ba­taille de rue où il a com­plè­te­ment do­mi­né son ad­ver­saire, La­fre­nière s’est presque ex­cu­sé du com­bat : « J’au­rais ai­mé don­ner un meilleur spec­tacle, mais j’ai fait ce que j’ai pu avec le gars de­vant moi. »

Le boxeur semble in­ca­pable de ne pas s’en faire pour les autres. Épui­sé, le visage bleui par les coups, avec une vic­toire de plus à sa fiche, le pu­gi­liste lo­cal ne fes­toie pas outre me­sure. Il pense à ses deux jeunes gar­çons, à sa conjointe et à ses par­ti­sans qui le suivent et l’appuient.

Fran­cis La­fre­nière est en­thou­siaste quant à son ave­nir : « J’ai­me­rais me battre le plus tôt pos­sible. Je suis prêt à af­fron­ter n’im­porte qui au Qué­bec et à l’ex­té­rieur. » Et il est prêt à tout en­du­rer. « Ce n’est pas fa­cile d’être un su­per-hé­ros », conclut-il.

PHO­TO SI­MON FOR­GET

Fran­cis La­fre­nière a bat­tu un deuxième cham­pion en deux ten­ta­tives. Un titre semble à por­tée de main.

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