Les mu­ni­ci­pa­li­tés au­raient le pou­voir

Dos­sier des comp­teurs in­tel­li­gents

L'Etoile - - C’EST MON OPINION| - Tanya Doyon

Cer­tains conseils mu­ni­ci­paux disent qu’une mu­ni­ci­pa­li­té n’a pas le pou­voir lé­gal d’ar­rê­ter le dé­ploie­ment des comp­teurs in­tel­li­gents d’Hy­dro-Qué­bec, ce qui les em­pêchent de vo­ter pour un mo­ra­toire. Ils ont tort!

En 2001, la Cour su­prême du Canada a concé­dé le pou­voir à la Ville d’Hud­son d’ar­rê­ter l’utilisation de pes­ti­cides sur son ter­ri­toire. Le mou­ve­ment contre l’utilisation des pes­ti­cides avait été en­dos­sé par 130 mu­ni­ci­pa­li­tés qué­bé­coises. De­puis, le Qué­bec a vu mo­di­fier ses lois sur l’utilisation des pes­ti­cides. Les ter­rains de golf ont été sû­re­ment les plus af­fec­tés par ce chan­ge­ment.

Le même dis­cours pour­rait s’ap­pli­quer au dos­sier des comp­teurs in­tel­li­gents. À ce jour, une qua­ran­taine de mu­ni­ci­pa­li­tés ont vo­té pour un mo­ra­toire contre l’ins­tal­la­tion des comp­teurs in­tel­li­gents d’Hy­droQué­bec, un pro­jet in­sen­sé du point de vue de la san­té, de l’éco­no­mie et de l’en­vi­ron­ne­ment.

Plu­sieurs autres mu­ni­ci­pa­li­tés ef­fec­tuent des dé­marches pour dé­ter­mi­ner si elles vo­te­ront pour un mo­ra­toire. Plus il y au­ra de mu­ni­ci­pa­li­tés qui se join­dront au mou­ve­ment, plus le nombre aug­men­te­ra et at­tein­dra un point cri­tique où l’ar­rêt com­plet du dé­ploie­ment se­ra en­core plus en­vi­sa­geable.

Reste à sa­voir si nous al­lons avoir be­soin qu’une mu­ni­ci­pa­li­té se rende dans la sphère lé­gale pour ob­te­nir jus­tice, tout comme l’a fait la Ville d’Hud­son avec les pes­ti­cides. Et quel ser­vice ce­la nous a ren­du!

Qu’ad­vient-il des mu­ni­ci­pa­li­tés qui ne se sont pas en­core pen­chées sur ce dos­sier?

1. Le pro­jet d’im­plan­ta­tion n’est pas en­core à leurs portes, donc au­cune ur­gence.

2. Leurs ci­toyens ne se sont pas in­ter­ro­gés sur les risques de la tech­no­lo­gie uti­li­sée par les comp­teurs in­tel­li­gents, soit des ondes dans le spectre des mi­cro-ondes.

3. Elles cèdent à la pres­sion et à l’in­ti­mi­da­tion de l’in­dus­trie.

4. Elles ont des gains fi­nan­ciers im­por­tants avec l’im­plan­ta­tion de ce ré­seau.

La Ré­gie de l’éner­gie est cen­sée avoir l’in­té­rêt des Qué­bé­cois et Qué­bé­coises en prio­ri­té, mais ses membres sont aus­si sus­cep­tibles d’in­ti­mi­da­tion ou de conflits d’in­té­rêts avec les in­dus­tries des té­lé­com­mu­ni­ca­tions.

En­cou­ra­geons notre mu­ni­ci­pa­li­té à prendre po­si­tion dans ce dos­sier et à vo­ter pour un mo­ra­toire dès main­te­nant, avant que le pro­jet ne prenne en­core plus d’am­pleur.

Re­fu­ser, c’est notre droit!

www.sou­lan­ges­re­fuse.com, 450 319-1139

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