Sur­pre­nante di­vi­sion

À qui profite l’ab­sence de la CAQ?

L'Etoile - - LA UNE - (C.C.J.)

Nom­breux étaient ceux qui se per­daient en conjec­tures à la suite du re­jet de la can­di­da­ture du ca­quiste Ma­rio Ga­gnier dans Sou­langes. À qui pro­fi­te­rait l’ab­sence de la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec (CAQ)? La soirée élec­to­rale s’an­non­çait ex­ci­tante. Le ré­sul­tat ne s’est pas fait at­tendre.

Lu­cie Char­le­bois, dé­pu­tée de Sou­langes, a été en me­sure de ma­jo­rer son ap­pui de près de 20 %. De 35,05 % des voix en 2012, elle est pas­sée à 54,4 % lun­di soir. Deux fac­teurs ex­pliquent cette ful­gu­rante mon­tée.

En pre­mier lieu, celle qui est dé­pu­tée de­puis 2003 a in­du­bi­ta­ble­ment pro­fi­té de la vague li­bé­rale qui a em­por­té de nom­breux can­di­dats-ve­dettes du Par­ti qué­bé­cois par­tout en pro­vince. La can­di­date pé­quiste de Sou­langes a bien ré­su­mé la si­tua­tion, par­lant d’un « raz-de-marée ».

Par ailleurs, les élec­teurs qui en­vi­sa­geait d’ac­cor­der leur confiance à la CAQ ont vi­si­ble­ment pré­fé­ré op­ter pour le Par­ti li­bé­ral du Qué­bec (PLQ). Rap­pe­lons qu’en 2012, Ma­rio Ga­gnier avait ob­te­nu 28,03 % des votes. Or, plus de 10 000 élec­teurs étaient or­phe­lins de par­ti lors de la plus ré­cente cam­pagne. Un coup de pouce pour les li­bé­raux, qui pro­fitent souvent de ce que les ana­lystes ap­pellent « la prime à l’urne » : la ten­dance qu’ont les in­dé­cis ou les in­sa­tis­faits à se tour­ner vers le PLQ à la der­nière mi­nute.

Étran­ge­ment, puisque les deux par­tis ont des plateformes dia­mé­tra­le­ment op­po­sées sur le fond et sur la forme, des dé­çus de la CAQ se sont vrai­sem­bla­ble­ment tour­nés vers Qué­bec so­li­daire (QS). En ef­fet, An­drée Bes­sette, la can­di- date so­li­daire dans Sou­langes, a amas­sé 9,84 % des voix, contre 3,62 % en 2012. L’ad­di­tion des ma­jo­ra­tions de votes pour QS et le PLQ cor­res­pond presque au to­tal des voix amas­sées par la CAQ en 2012.

Le Par­ti qué­bé­cois et Ma­rie-Louise Séguin ont été les seuls dans Sou­langes à ne pas pro­fi­ter de l’ab­sence de la CAQ. L’ap­pui pé­quiste n’a presque pas chan­gé de 2012 (30,90 %) à 2014 (31,62 %), une rai­son de sa dé­con­fi­ture de lun­di.

PHO­TO JES­SI­CA LEBLANC

An­drée Bes­sette était heu­reuse de son ré­sul­tat.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.