De jeunes étoiles mon­tantes

L'Etoile - - ACTUALITÉ - JES­SI­CA LEBLANC

Si la plu­part des en­fants se pas­sionnent pour les jeux vi­déo et le sport, Xa­vier et Char­lie, eux, raf­folent des pla­teaux de tour­nage. Dou­blage, pu­bli­ci­té, té­lé­sé­rie : les frères et soeurs La­plante de Vau­dreuil-Do­rion laissent dé­jà leur trace dans l’uni­vers ar­tis­tique qué­bé­cois.

Ils sont tout sim­ple­ment ado­rables. Les deux blon­di­nets au sou­rire conta­gieux s’ex­priment avec une ai­sance et une jus­tesse dé­con­cer­tantes pour leur jeune âge. As­sis côte à côte dans la cui­sine de leur mai­son de Vau­dreuil-Do­rion, Xa­vier, 13 ans, et sa pe­tite soeur Char­lie, neuf ans, ont ra­con­té avec en­thou­siasme leur par­cours de jeunes « cé­lé­bri­tés » au jour­nal. Don­ner la ré­plique à de grands ar­tistes re­con­nus dans l’in­dus­trie té­lé­vi­suelle qué­bé­coise n’est pas chose com­mune chez tous les en­fants. Xa­vier et Char­lie ont cette ca­pa­ci­té d’ex­pres­sion et ce cha­risme né­ces­saires pour par­ve­nir à dé­cro­cher des rôles à la té­lé­vi­sion.

L’aî­né a été le pre­mier à ex­pé­ri­men­ter cet uni­vers. Lors­qu’il avait à peine neuf ans, son pro­fes­seur de théâtre a dé­ce­lé en lui son po­ten­tiel ar­tis­tique. La même an­née, il a dé­cro­ché son pre­mier contrat comme dou­bleur dans la sé­rie-té­lé Les Tu­dors dif­fu­sée à Ra­dio-Canada. « Je n’avais pas en­vi­sa­gé le dou­blage, mais cette porte s’est ou­verte à moi et j’ai sai­si l’oc­ca­sion. Ça n’a pas ar­rê­té de­puis quatre ans », ra­conte le jeune qui prête sa voix au fils du roi dans cette sé­rie ca­na­doir­lan­daise.

Cette pre­mière ex­pé­rience en dou­blage a été très concluante pour Xa­vier. Son ta­lent im­pres­sion­nant pour la lec­ture et l’in­ter­pré­ta­tion lui a va­lu plu­sieurs autres contrats. Il est la voix fran­co­phone de Sher­man dans M. Pea­bo­dy et Sher­man et celle d’Ed­gar dans le film Fran­ken­wee­nie du réa­li­sa­teur Tim Bur­ton. Son rôle le plus im­por­tant jus­qu’à main­te­nant est ce­lui de Mike dans la sé­rie du des­sin ani­mé Mike le che­va­lier que l’on peut voir sur les ondes de Ra­dio-Canada. « J’adore prê­ter ma voix à des per­son­nages de des­sins ani­més. C’est très éner­gique et ça bouge beau­coup », in­dique ce­lui que l’on peut voir éga­le­ment dans la pu­bli­ci­té « Chan­tez avec Cé­line pour Sainte-Jus­tine ».

La pe­tite Char­lie a vite ex­pri­mé le dé­sir de suivre les traces de son grand frère. « J’ai vou­lu faire de la té­lé grâce à mon frère, in­dique-t-elle en lui adres­sant un grand sou­rire. C’est lui qui m’a en­ga­gée là-de­dans, je le re­gar­dais et ça m’a don­né le goût de le faire. » L’éner­gique pe­tite fille a été ad­mise dans une agence de Vau­dreuil-Do­rion du nom de Ga­min Ga­mine à l’âge de sept ans, en même temps que son aî­né. Dès lors, elle a dé­cro­ché des pre­miers rôles dans des pu­bli­ci­tés. On a pu la voir no­tam­ment avec Guillaume Le­may-Thi­vierge dans une an­nonce de Hyun­dai.

L’an der­nier, la pe­tite fille aux longs che­veux blonds a dé­cro­ché un rôle ma­jeur dans une nou­velle sé­rie-té­lé qué­bé­coise. Plu­sieurs ont sans doute re­mar­qué la mi­gnonne fillette qui in­ter­prète Ju­liette dans Sé­rie Noire dif­fu­sée à Ra­dio-Canada. Eh bien, c’est Char­lie! Après trois au­di­tions du­rant les­quelles une tren­taine de pe­tites filles ont ten­té leur chance, la jeune Vau­dreuilloise a char­mé l’équipe du réa­li­sa­teur Fran­çois Létourneau. « Mon père m’a an­non­cé que j’avais eu le rôle alors que je par­tais de l’école. J’étais vrai­ment sur­prise, je sau­tais de joie! », lance-t-elle en re­pro­dui­sant sa ré­ac­tion.

Cette ex­pé­rience unique lui a per­mis de cô­toyer des per­son­na­li­tés qu’elle ad­mire. « Édith Co­chrane a fait Au­ré­lie La­flamme alors j’étais très contente de la ren­con­trer. Anne-Éli­sa­beth Bossé, elle, joue à Vrak tv. La pre­mière fois que je l’ai vue, je lui ai po­sé plein de ques­tions! » ra­conte-t-elle de ma­nière très ex­pres­sive.

Le tour­nage de cette sé­rie n’a tou­te­fois pas été chose simple. Les longues heures à tour­ner du­rant la nuit lui ont fait com­prendre les dif­fi­cul­tés du mé­tier. « Je dor­mais dans ma loge et on me ré­veillait lorsque je de­vais jouer des scènes, se re­mé­mo­ret-elle. Par­fois, il faut re­faire les scènes presque 20 fois et il faut tou­jours faire la même chose avec la même émo­tion. »

Même si cer­tains mo­ments lui ont de­man­dé une grande per­sé­vé­rance, elle se ré­jouit du travail qu’elle a ac­com­pli. « Je suis fière, je suis vrai­ment contente du ré­sul­tat. Fran­çois Létourneau m’a dit qu’ils ont bien fait de me choi­sir. J’ap­pre­nais bien mes textes et ça s’est très bien pas­sé », dit-elle fiè­re­ment.

Il va sans dire que c’est avec beau­coup d’en­thou­siasme et de fé­bri­li­té que la fa­mille s’est ins­tal­lée de­vant le té­lé­vi­seur lors de la pre­mière de Sé­rie Noire. « Je sau­tais de joie, lance celle qui in­ter­prète la fille de Fran­çois Létourneau et Édith Co­chrane dans cette sé­rie.

Unea­gence pour en­fants àVau­dreuil-Do­rion

Si Xa­vier et Char­lie sont par­ve­nus à dé­cro­cher de pres­ti­gieux contrats c’est no­tam­ment grâce à l’ex­per­tise d’une pe­tite agence pour en­fants éta­blie dans la ré­gion. Ou­verte il y a tout juste trois ans, Ga­min Ga­mine ac­cueille des jeunes âgés jus­qu’à 15 ans. Is­sue du mi­lieu de la pro­duc­tion pu­bli­ci­taire, l’ins­ti­ga­trice de cette en­tre­prise, Johanne Gou­geon, a vou­lu per­mettre aux en­fants de réa­li­ser leur rêve tout en étant bien en­ca­drés. « En voyant que cer­taines agences pré­sen­taient plu­sieurs la­cunes et qu’il y avait par­fois un manque d’en­ca­dre­ment au­près des jeunes, j’ai dé­ci­dé de lan­cer ma propre boîte. Ma bonne connais­sance du mi­lieu me per­met de com­prendre ce dont les jeunes ont be­soin pour réus­sir dans ce do­maine de fa­çon saine et sans être ex­ploi­tés », ex­plique celle qui re­pré­sente ac­tuel­le­ment 13 jeunes ar­tistes.

Dans cette jungle où des cen­taines d’agences pour en­fants tentent de dé­cro­cher des contrats à leurs jeunes, Ga­min Ga­mine par­vient à se his­ser une place de choix. Le vaste ré­seau de contacts de Johanne lui a per­mis de se for­ger une cré­di­bi­li­té très ra­pi­de­ment. « Tous mes jeunes dé­crochent des contrats. Pour l’ins­tant je pré­fère de­meu­rer une pe­tite boîte et sé­lec­tion­ner les en­fants qui ont toutes les qua­li­tés re­quises pour réus­sir dans le mi­lieu », ex­plique-t-elle.

Pour qu’un en­fant soit ad­mis à Ga­min Ga­mine, il faut d’abord qu’il ma­ni­feste le dé­sir de pas­ser à la té­lé­vi­sion. S’il s’agit du rêve du pa­rent, ça ne fonc­tion­ne­ra pas, sou­tient la pro­prié­taire de l’agence. Une bonne dic­tion et une ai­sance avec les étran­gers sont éga­le­ment deux pré­re­quis. « Lors d’une au­di­tion, le jeune se trouve dans la salle sans ses pa­rents avec une pa­no­plie d’étran­gers et des ca­mé­ras. C’est très in­ti­mi­dant. »

Bien en­ten­du, l’agence Ga­min Ga­mine pré­pare ses pe­tits ar­tistes à en de­ve­nir avant de les en­voyer en au­di­tion. La pro­duc­trice de pro­fes­sion mise beau­coup sur les for­ma­tions. Elle offre un ta­rif de base moins éle­vé que la plu­part des agences, soit de 150 $, mais elle in­cite les pa­rents à ins­crire les jeunes à dif­fé­rentes for­ma­tions personnalisées.

Le pa­rent doit éga­le­ment dis­po­ser d’un ho­raire flexible ou d’un en­tou­rage dis­po­nible. En ef­fet, les au­di­tions sur­viennent ré­gu­liè­re­ment à la der­nière mi­nute en pleine se­maine et à Mon­tréal. « Le pa­rent doit pré­voir que je peux l’ap­pe­ler à n’im­porte quel mo­ment pour lui faire part d’une au­di­tion, pré­vient l’agente. Il doit avoir pré­vu un moyen d’ame­ner son jeune. »

Plon­ger dans l’uni­vers ar­tis­tique ap­porte son lot de bé­né­fices pour les pe­tits. En ef­fet, le jeune doit dé­ve­lop­per son sens de l’or­ga­ni­sa­tion et de la dis­ci­pline. Les jeunes ar­tistes cô­toient éga­le­ment de grands pro­fes­sion­nels du mi­lieu et ont la chance d’ap­prendre leur mé­tier à leurs cô­tés. Sans par­ler de toute la no­tion d’es­time et de confiance en soi que ce­la pro­cure à l’en­fant. « Lorsque je vois l’étin­celle dans les yeux de l’en­fant et son bon­heur de vivre ces ex­pé­riences, ça me rap­pelle pour­quoi j’ai dé­ci­dé de par­tir cette agence », confie Johanne Gou­geon.

On le voit clai­re­ment chez Xa­vier et Char­lie qui font preuve d’une ma­tu­ri­té im­pres­sion­nante. Pa­rions que plu­sieurs beaux pro­jets les at­tendent.

Pour en sa­voir da­van­tage sur l’agence Ga­min Ga­mine, on vi­site d’abord le www.ga­min­ga­mine.ca et on joint en­suite Johanne Gou­geon au 514 907-5979.

PHO­TO JES­SI­CA LEBLANC

Char­lie et Xa­vier en­tou­rés de leurs pa­rents, Maude Char­bon­neau et Jean-Fran­çois La­plante.

PHO­TO JES­SI­CA LEBLANC

Un pe­tit mo­ment de fo­lie de­vant la ca­mé­ra! Une belle com­pli­ci­té unit les deux jeunes ar­tistes.

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