Ma­thieu Ques­nel vous in­vite à prendre une pause

Se­maine na­tio­nale de la san­té men­tale

L'Etoile - - NOUVELLES - JES­SI­CA LEBLANC

Culti­ver son bien-être

S’il a l’ha­bi­tude de nous faire rire grâce à ses ta­lents de co­mé­dien, cette fois le na­tif des Cèdres Ma­thieu Ques­nel a un mes­sage plus sé­rieux à vé­hi­cu­ler. À titre de porte-parole de la Se­maine na­tio­nale de la san­té men­tale, il in­vite la po­pu­la­tion à prendre une pause.

La se­maine s’an­nonce bien rem­plie pour le fils de l’ex-mai­resse de la pe­tite mu­ni­ci­pa­li­té des Cèdres. Ma­thieu Ques­nel pre­nait part lun­di soir à la pre­mière du nou­veau film de De­nys Ar­cand, Le règne de la Beau­té, dans le­quel il tient un rôle de sou­tien. Il a éga­le­ment ac­cep­té d’agir comme porte-parole de la 63e Se­maine na­tio­nale de la san­té men­tale du 5 au 11 mai. Avec un ho­raire comme le sien et une car­rière en pleine ascension, il faut sa­voir prendre du re­cul à l’oc­ca­sion pour évi­ter de s’em­bour­ber et de s’épui­ser. C’est d’ailleurs le mes­sage qu’il sou­haite vé­hi­cu­ler à l’oc­ca­sion de cette se­maine de sen­si­bi­li­sa­tion. « Le thème de la cam­pagne cette an­née est « Prendre une pause, ça fait du bien ». Je suis quel­qu’un de très per­fec­tion­niste et chaque jour j’es­saie de me per­fec­tion­ner dans ce que je fais. Tou­te­fois, c’est im­por­tant de prendre une pause, de se chan­ger les idées et de sor­tir de sa zone de confort. Ça aide à être meilleur et à évi­ter les pro­blèmes de san­té men­tale », sou­tient ce­lui que l’on a pu voir par­mi les co­mé­diens mai­son de l’émission Sa­tur­day Night Live Qué­bec.

Si l’As­so­cia­tion canadienne pour la san­té men­tale (ACSM) a dé­ci­dé d’ap­pro­cher Ma­thieu Ques­nel cette an­née, c’est no­tam­ment pour qu’il puisse re­joindre les jeunes adultes de son âge. « Les jeunes dans la tren­taine ne sont pas por­tés à cher­cher de l’aide. Ils vont se sur­me­ner au travail et s’épui­ser », ex­plique le nou­veau porte-parole. C’est avec en­thou­siasme qu’il a ac­cep­té de re­le­ver le dé­fi. Tout comme son exemple ma­ter­nel, le cha­ris­ma­tique jeune homme a à coeur l’en­ga­ge­ment so­cial. « Tout comme ma mère, j’aime m’en­ga­ger dans ma com­mu­nau­té. Je me suis tou­jours dit que lors­qu’il y au­rait une oc­ca­sion de me joindre à une bonne cause, je le fe­rais », in­dique-t-il.

Il est d’au­tant plus in­té­res­sant pour Ma­thieu Ques­nel de joindre sa voix à cette cause, puis­qu’il in­ter­prète le per­son­nage d’un homme at­teint d’un choc post­trau­ma­tique dans le nou­veau film d’Émile Gau­dreault, Le vrai du faux. Pour se fa­mi­lia­ri­ser avec ce pro­blème de san­té men­tale, le co­mé­dien a feuille­té plu­sieurs livres et vi­sion­né quelques do­cu­men­taires sur le su­jet. Le pu­blic pour­ra d’ailleurs le voir à l’oeuvre dans ce long mé­trage très at­ten­du cet été dans le­quel il tient la ve­dette au cô­té de Sté­phane Rous­seau.

L’ob­jec­tif de la Se­maine na­tio­nale de la san­té men­tale est d’in­vi­ter la po­pu­la­tion à culti­ver son bien-être en pre­nant des pauses. Se­lon le pro­fes­seur ti­tu­laire au dé­par­te­ment d’or­ga­ni­sa­tion et res­sources humaines de l’École des sciences de la ges­tion de l’UQAM, An­ge­lo Soares, de nom­breux tra­vailleurs ne prennent pas le temps de s’ar­rê­ter du­rant leurs heures de travail. « Même si les pauses sont pré­vues dans l’ho­raire de travail, beau­coup de gens ne les prennent pas en rai­son de la sur­charge de travail. Et ce sont sur­tout les femmes qui né­gligent de prendre un temps d’ar­rêt. Une triste réa­li­té, car les don­nées de ces mêmes études dé­montrent que les per­sonnes qui prennent leurs pauses ont moins de symp­tômes liés à des troubles de san­té men­tale », ex­plique-t-il.

Le rythme de vie ac­cé­lé­ré com­bi­né aux heures pas­sées dans les em­bou­teillages ou à se fau­fi­ler dans le mé­tro bon­dé aug­mente consi­dé­ra­ble­ment le ni­veau de stress chez les tra­vailleurs. Par ailleurs, entre 1998 et 2010, le temps heb­do­ma­daire consa­cré au travail a aug­men­té de 3,9 heures alors que le temps libre des Qué­bé­cois a di­mi­nué de trois heures par se­maine.

L’ACSM sou­tient que la san­té men­tale si­gni­fie de trou­ver l’équi­libre entre tous les as­pects de sa vie : so­cial, phy­sique, spi­ri­tuel, éco­no­mique et men­tal. Lors­qu’on se laisse trop ab­sor­ber par un sec­teur de sa vie, les autres sont lais­sés pour compte. Ma­thieu Ques­nel constate éga­le­ment ce mode de vie ef­fré­né et réa­lise l’im­por­tance de prendre soin de soi. « On ou­blie souvent de prendre du temps au travail, mais c’est aus­si mal­heu­reu­se­ment de­ve­nu la norme dans nos vies : on ne prend plus des pauses de nous-mêmes, de nos vies per­son­nelles. On vit dans un monde où la pro­duc­ti­vi­té et le suc­cès per­son­nel sont très va­lo­ri­sés. Mais il faut se rap­pe­ler qu’on fait par­tie d’un tout. Il faut se don­ner la pos­si­bi­li­té de prendre du re­cul. »

Pour réus­sir à dé­cro­cher du train-train quo­ti­dien, le co­mé­dien aime s’adon­ner à la lec­ture. Trou­ver une échap­pa­toire comme la lec­ture est un ex­cellent moyen de se dé­tendre et de prendre soin de soi. Pour en ap­prendre da­van­tage sur cette se­maine na­tio­nale de la san­té men­tale, on peut vi­si­ter le www.etre­bien­dans­sa­tete.ca.

PHO­TO­THÈQUE

Le co­mé­dien na­tif des Cèdres, Ma­thieu Ques­nel, agit à titre de porte-parole de la 63e édi­tion de la se­maine na­tio­nale de la san­té men­tale.

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