Une cen­taine de ci­toyens s’op­posent au pro­jet

Centre so­cio­cul­tu­rel de Très-Saint-Ré­demp­teur

L'Etoile - - ACTUALITÉ - (VA.S.)

C’est dans une salle bon­dée de ci­toyens que le maire de Très-Saint-Ré­demp­teur, Jean Lalonde a pré­sen­té sa­me­di dans les bu­reaux mu­ni­ci­paux le pro­jet du Centre so­cio­cul­tu­rel qui se­rait amé­na­gé dans l’église de la pe­tite mu­ni­ci­pa­li­té.

La cen­taine de per­sonnes pré­sentes se sont mon­trées ré­frac­taires à l’idée de ré­amé­na­ger l’église, sur­tout, parce que ce pro­jet né­ces­site la créa­tion d’une taxe spé­ciale s’éle­vant à 29,85 $ payable par an­née. Cette taxe est sus­cep­tible de chan­ger, puis­qu’elle est dé­ter­mi­née par le gou­ver­ne­ment du Qué­bec. Le mon­tant payable se base sur un taux d’in­té­rêt de 2,5 %, qui était alors en vi­gueur lors de la tran­sac­tion.

Les ci­toyens contre le pro­jet croient que la Ville n’au­rait pas dû em­prun­ter les 431 700 $ né­ces­saires pour al­ler de l’avant avec le ré­amé­na­ge­ment de l’église, puisque le rem­bour­se­ment de l’em­prunt s’éche­lonne sur 20 ans et les taux d’in­té­rêt sont su­jets à chan­ge­ment sans au­cun pré­avis. Les ci­toyens croient que la mu­ni­ci­pa­li­té pour­rait uti­li­ser l’ar­gent de la Ville au­tre­ment, par exemple en ré­pa­rant les routes et les fe­nêtres des bu­reaux mu­ni­ci­paux.

Du­rant la pé­riode de ques­tions, un ci­toyen pré­sent a de­man­dé au maire ain­si qu’aux conseillers sur place si le pro­jet avait pré­vu l’amé­na­ge­ment d’un sta­tion­ne­ment afin de per­mettre aux vi­si­teurs du fu­tur centre so­cio­cul­tu­rel de se sta­tion­ner et au­cun amé­na­ge­ment du genre n’a été pré­vu. La Ville a par contre pen­sé uti­li­ser les six acres de terre si­tuées der­rière le ter­rain de l’église, puis­qu’elles ap­par­tiennent à la Ville.

Les élus de Très-Saint-Ré­demp­teur croient que le ré­amé­na­ge­ment de l’église en un centre so­cio­cul­tu­rel per­met­trait de re­lan­cer cer­taines ac­ti­vi­tés éco­no­miques : « Je crois sin­cè­re­ment qu’il s’agit d’une bonne idée, sou­tient Jean Lalonde. Du­rant les der­nières an­nées, nous avons vu plu­sieurs res­tau­rants, com­merces et mêmes nos dé­pan­neurs fer­mer leurs portes. Avec l’amé­na­ge­ment d’un centre so­cio­cul­tu­rel, la Ville au­rait une bien meilleure vi­si­bi­li­té puisque l’église pour­rait te­nir dif­fé­rents types d’évè­ne­ments comme des ex­po­si­tions. »

Les élus croient aus­si que c’est une bonne idée que la mu­ni­ci­pa­li­té conserve les droits de pro­prié­té des ter­rains de l’église et du pres­by­tère, car ils sont clas­sés ins­ti­tu­tion­nels, con­trai­re­ment à la ma­jo­ri­té des terres de la Ville qui sont clas­sées agri­coles. Compte te­nu de la clas­si­fi­ca­tion des terres, on peut faire cer­tains amé­na­ge­ments. Par exemple, il est pos­sible d’amé­na­ger un Hô­tel de Ville sur un ter­rain ins­ti­tu­tion­nel, mais pas sur un ter­rain agri­cole.

Trans­for­mer le pres­by­tère en Hô­tel de Ville

La mu­ni­ci­pa­li­té de Très-SaintRé­demp­teur avait aus­si pen­sé ré­amé­na­ger le pres­by­tère de l’église en Hô­tel de Ville, puisque l’ac­tuel édi­fice pose cer­tain pro­blème de ré­gle­men­ta­tion : il n’y a pas d’ac­cès pour les han­di­ca­pés phy­siques. L’amé­na­ge­ment d’une rampe aux bu­reaux mu­ni­ci­paux coû­te­rait plus cher que de ré­amé­na­ger le pres­by­tère, se­lon la Ville. Ce pro­jet est par contre mis sur la glace, car la Ville n’a pas les moyens fi­nan­ciers d’al­ler de l’avant avec ce pro­jet.

Ad­ve­nant la réa­li­sa­tion de ce pro­jet, les bu­reaux mu­ni­ci­paux se­ront mis en vente. Se­lon Jean Lalonde, il est plus fa­cile de trou­ver un ache­teur pour les bu­reaux mu­ni­ci­paux que pour le pres­by­tère et l’église, car ces der­niers sont pro­té­gés par des lois sur la pro­tec­tion du patrimoine.

En­fin, pour em­pê­cher le ré­amé­na­ge­ment de l’église en centre so­cio­cul­tu­rel, un mi­ni­mum de 50 si­gna­tures de ci­toyens était né­ces­saire. Si le pro­jet est re­fu­sé, l’église se­ra mise en vente ou se­ra dé­mo­lie. Dans le pre­mier cas, Jean Lalonde croit que la Ville ven­dra l’église à un coût moindre tan­dis que sa dé­mo­li­tion coû­te­rait plus cher aux contri­buables ré­demp­teu­rois, puisque la Ville n’au­ra plus le droit à cer­taines sub­ven­tions gou­ver­ne­men­tales. La plu­part des sub­ven­tions ac­cor­dées à la Ville ne peuvent que ser­vir au ré­amé­na­ge­ment d’un patrimoine his­to­rique et non à la dé­mo­li­tion.

Lun­di, les ci­toyens dé­si­rant s’op­po­ser au rè­gle­ment d’em­prunt ont pu si­gner un re­gistre. Au to­tal, 152 Ré­demp­teu­rois ont ap­po­sé leur si­gna­ture au re­gistre. Le con­seil se ver­ra donc confron­té à deux op­tions : soit il dé­ci­de­ra d’al­ler en ré­fé­ren­dum, son­dant l’en­semble de la po­pu­la­tion quant au pro­jet d’amé­na­ge­ment d’un centre so­cio­cul­tu­rel, soit il aban­don­ne­ra le pro­jet. Pour le mo­ment, rien n’a en­core été dé­ci­dé.

PHO­TO DA­NIEL CUILLERIER

L’église de Très-Saint-Ré­demp­teur qui se­rait amé­na­gée en centre so­cio­cul­tu­rel.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.