Vau­dreuil-Sou­langes… à l’époque des di­no­saures

À la recherche des di­no­saures du Su­roît

L'Etoile - - NOUVELLES - VA­NES­SA SOU­LIÈRES

ADe quoi avait l’air Vau­dreuil-Sou­langes alors que les di­no­saures vi­vaient en­core sur la Terre? Voi­là une bonne ques­tion à la­quelle les scien­ti­fiques ai­me­raient bien pou­voir ré­pondre!

ujourd’hui, il n’y a plus au­cune trace des longues an­nées de do­mi­na­tion des di­no­saures, as­sure le pa­léon­to­logue Pierre Groulx. Le lent pas­sage des gla­ciers de la der­nière pé­riode de gla­cia­tion a com­plè­te­ment abra­sé les fos­siles du ter­ri­toire qué­bé­cois. » Alors, si un jour vous pre­nez une poi­gnée de sable du Qué­bec dans les mains, dites-vous que vous te­nez peu­têtre un fos­sile de di­no­saure!

En fait, du­rant la der­nière pé­riode de gla­cia­tion, qui re­monte de 3,2 mil­lions d’an­nées à 10 000 ans en­vi­ron, le ter­ri­toire qué- bé­cois a été mét a mor pho­sé. « Avant, les plus hautes chaînes de mon­tagnes étaient les Lau­ren­tides, e x pl i q ue Pierre Groulx, elles res­sem­blaient même aux ac­tuelles Ro­cheuses de l’Ouest ca­na­dien. Au­jourd’hui, on peut seule­ment ob­ser­ver les ra­cines gra­ni­tiques des mon­tagnes des Lau­ren­tides. »

Mais, il n’y a pas que l’as­pect des mon­tagnes lau­ren­tiennes qui a chan­gé au pas­sage des gla­ciers : le fleuve Saint-Laurent en est né! À cette époque, presque tout le Ca­na­da était re­cou­vert d’une im­mense ca­lotte gla­ciaire, soit une couche de neige com­pac­tée al­lant par­fois jus­qu’à quelques ki­lo­mètres d’épais­seur.

Un ré­chauf­fe­ment du cli­mat a gra­duel­le­ment fait fondre cette glace. La ca­lotte gla­ciaire a alors com­men­cé à se re­ti­rer dans la ré­gion du sud du Qué­bec. À la suite de ce re­trait, les terres ont été oc­cu­pées par la mer de Cham­plain. Puis, au fil des mil­lé­naires et du re­lè­ve­ment du continent, cette mer a lais­sé place à un cours d’eau qui sert d’exu­toire aux Grands Lacs : le f leuve Saint-Laurent. La fonte des gla­ciers au­ra re­ti­ré au to­tal une épais­seur de trois ki­lo­mètres de sé­di­ments, ce qui est énorme pour l’étude des sols, tant en géo­lo­gie qu’en pa­léon­to­lo­gie. « Ces trois ki­lo­mètres d’in­for­ma­tion cor­res­pondent à une longue pé­riode de l’his­toire ter­restre : au Qué­bec, il manque des pages de notre his­toire géo­lo­gique, il donc est im­pos­sible de re­trou­ver des fos­siles da­tant de 10 000 ans à 450 mil­lions d’an­nées. » Donc à quoi res­sem­blait la ré­gion il y a en­vi­ron 150 mil­lions d’an­nées? « On ne peut pas le sa­voir avec cer­ti­tude, mais on peut se fier à ce que l’on re­trouve soit au Mas­sa­chu­setts, au Con­nec­ti­cut ou dans l’État de New York, puisque le cli­mat et l’em­pla­ce­ment géo­gra­phique sont com­pa­rables au Qué­bec de l’époque. Les seules traces fos­siles de l’époque de di­no­saures du Qué­bec se trouvent à Schef­fer­ville, près de la fron­tière du La­bra­dor. Mais en­core là, on ne re­trouve pas grand-chose, sur­tout des plantes et des in­sectes. » En se ba­sant sur les fouilles pa­léon­to­lo­giques amé­ri­caines, on peut p r é s u mer q u’a u Qué­bec on trou­vait entre autres des an­chi­sau­rus, des ava­cé­ra­tops, des bra­chy­lo­pho­sau­rus, des cal­lo­vo­sau­rus, des coe­lo­phy­sis, des co­ry­tho­sau­rus, etc. « Le ter­ri­toire de Vau­dreuilSou­langes de­vait être plus ma­ré­ca­geux qu’on le connaît au­jourd’hui et il de­vait être rem­pli d’arbres gi­gan­tesques, il y avait peut-être même des sé­quoias géants, comme en Co­lom­bie-Bri­tan­nique », pré­cise Pierre Groulx.

Un monde plus pe­tit et plu­mé qu’on l’ima­gine

Quand on pense à l’époque des di­no­saures, on s’ima­gine sou­vent des rep­tiles géants cou­rir après d’autres créa­tures géantes. « En réa­li­té, il exis­tait de 70 à 80 es­pèces de di­no­saures géants, mais une cen­taine d’autres étaient plus pe­tits qu’une dinde! af­firme le pa­léon­to­logue. C’est d’ailleurs ces pe­tits di­no­saures qui chas­saient les mam­mi­fères de l’époque, puis­qu’ils étaient in­vi­sibles aux yeux des di­no­saures géants. »

Et sa­viez-vous que se­lon une étude scien­ti­fique belge sor­tie en juillet der­nier, tous les di­no­saures ont évo­lué pour avoir un plu­mage? Au dé­but de leur ère, ils de­vaient être écaillés, mais quelques mil­lions d’an­nées d’évo­lu­tion au­ront suf­fi pour les trans­for­mer len­te­ment, mais sû­re­ment, en oi­seaux.

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