Les de­voirs à l’étude

Pas de ligne di­rec­trice

L'Etoile - - ACTUALITÉ - CH­RIS­TO­PHER C. JACQUES

De­puis le dé­but de l’an­née sco­laire, la ques­tion de la per­ti­nence des de­voirs pour les élèves du pri­maire et du se­con­daire sus­cite les dis­cus­sions. Cer­taines sources du mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion, des Loi­sirs et du Sport (MELS) abor­de­raient même la pos­si­bi­li­té de les voir dis­pa­raître. De­main n’est pas la veille que cet ou­til pé­da­go­gique se­ra re­ti­ré à la Com­mis­sion sco­laire des Trois-Lacs (CSTL).

Nous ne sommes pas ren­dus là », ex­plique Co­lette Frap­pier, di­rec­trice de la ges­tion des com­mu­ni­ca­tions et ges­tion gé­né­rale de la CSTL. Elle rap­pelle que chaque dé­but d’an­née sco­laire est un mo­tif pour une re­mise en ques­tion du bien-fon­dé de l’exis­tence des de­voirs à faire à la mai­son.

La ges­tion­naire ex­plique du même souffle que les ad­mi­nis­tra­teurs de la com­mis­sion sco­laire n’en­voient pas de di­rec­tives gé­né­ra­li­sées à ses écoles, au­tant pri­maires que se­con­daires. « Les écoles sont au­to­nomes sur cette ques­tion, men­tionne Co­lette Frap­pier. Nous ne sommes pas au cou­rant de ce qui se fait dans cha­cune des classes de la com­mis­sion sco­laire. »

La CSTL a tou­te­fois sou­mis aux écoles un rap­port émis par le Conseil su­pé­rieur de l’édu­ca­tion sur la ques­tion des de­voirs. Le do­cu­ment, d’une cen­taine de pages, est symp­to­ma­tique de la pro­fon­deur de l’en­jeu; ses ré­dac­teurs n’étant pas en me­sure de dé­ter­mi­ner si l’exis­tence des de­voirs est po­si­tive ou né­ga­tive pour les jeunes. On y lit : « De l’avis du Conseil, les de­voirs ont leurs avan­tages et leurs in­con­vé­nients […]. »

Ain­si, le Conseil n’émet pas vé­ri­ta­ble­ment de pré­fé­rence dans ce dos­sier ju­gé « non prio­ri­taire » par Co­lette Frap­pier.

«

Ma­thieu est en­sei­gnant de sixième an­née du pri­maire. Son opi­nion sur l’en­jeu des de­voirs montre bien toute l’am­bi­guï­té der­rière cette ques­tion. « Je ne sais pas si je suis pour ou contre. Les deux cô­tés ont leurs bons as­pects, mais rien de dé­ter­mi­nant » laisse-t-il tom­ber.

Il re­con­naît que les de­voirs peuvent être source de stress et de ten­sions pour les pa­rents qui sont par­fois mal ou­tillés pour ai­der leurs en­fants, mais il avoue que ce temps d’ap­pren­tis­sage à do­mi­cile peut a i der à dé­ve­lop­per l’au­to­no­mie des élèves et les in­ci­ter à se sur­pas­ser.

« Je crois que l’on peut as­sou­plir les mau­vais cô­tés des de­voirs en pré­sen­tant une aide aux jeunes et à leurs pa­rents. Dans mon cas, je mets à leur dis­po­si­tion des ou­tils en ligne pour sou­te­nir la dé­marche. Les en­fants ne sont pas mal pris à la mai­son », ex­plique l’en­sei­gnant.

Il rap­pelle que l’i mpor­tance des de­voirs et du temps qu’on y consacre est fon­da­men­ta­le­ment une ques­tion de cul­ture. Lors d’une ex­pé­rience de tra­vail à Rome, les élèves lui de­man­daient tou­jours plus de t ra­vail à ac­com­plir à la mai­son. « C’est dans leur cul­ture », sou­tient Ma­thieu.

À dé­faut de pou­voir t ran­cher le dé­bat, pour sa part, il conti­nue à faire tra­vailler ses élèves à la mai­son.

L’IM­POR­TANCE DES DE­VOIRS ET DU TEMPS QU’ON Y CONSACRE EST FON­DA­MEN­TA­LE­MENT UNE QUES­TION DE CUL­TURE.

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