L’UNI­VERS MU­SI­CAL DE MI­CHEL CUSSON

L'Etoile - - LA UNE -

De­puis 25 ans, Mi­chel Cusson tra­vaille dans l’ombre en com­po­sant des trames so­nores pour le ci­né­ma et la té­lé­vi­sion. Il ef­fec­tue, de­puis quelques mois, un re­tour dans la lumière des pro­jec­teurs des salles de spec­tacle en re­mon­tant seul sur scène pour se ra­con­ter.

Avant de com­po­ser la mu­sique —SPEC­TACLE d’Omer­ta, Sé­ra­phin : Un homme et son pé­ché, Dans une ga­laxie près de chez vous, Mo­ni­ca la mi­traille et Uni­té, pour ne nom­mer que quelques-uns de ses pro­jets, Mi­chel Cusson a aus­si été membre du groupe jazz UZEB. Ce­la est sans comp­ter les spec­tacles pour les­quels il com­pose, comme Ca­va­lia et Les Lé­gendes Fan­tas­tiques. L’écou­ter par­ler est fas­ci­nant. Mi­chel Cusson est pas­sé maître dans l’art de rendre l’émo­tion d’une image en mu­sique. Pour son spec­tacle, qui se­ra pré­sen­té à la salle Pau­line-Ju­lien le 12 no­vembre, il fait se ren­con­trer l’image, la mu­sique et son his­toire. Ce spec­tacle, qui fait la place à une dou­zaine d’émotions, ré­pond à ce dé­sir de re­tour­ner jouer de­vant les gens. Dans sa re­cherche d’un nou­veau for­mat, il a d’abord choi­si d’être en so­lo, puis il s’est ins­pi­ré d’un évè­ne­ment sur­ve­nu lors d’un voyage.

L’HIS­TOIRE DES IMAGES

Les images pro­je­tées pen­dant le spec­tacle sont des pho­to­gra­phies qu’une in­con­nue avait je­tées à la mer et qu’il a ré­cu­pé­rées. Ces images, qui ra­content la vie d’une étran­gère, l’ont in­ter­pel­lé sur sa propre vie. « Au dé­but de ce pro­jet-là, je me suis ren­du compte que les pho­tos avaient été tra­fi­quées par l’eau de la mer et le sable et qu’elles étaient de­ve­nues des mi­ni oeuvres d’art. Ces images-là m’ont fait ré­flé­chir à des mo­ments de ma vie, qui étaient des tour­nants. J’ai com­po­sé de la mu­sique par rap­port à ce que cette femme-là sur ces images m’ins­pi­rait. Pour moi, l’im­por­tant c’est l’émo­tion que ça dé­gage et la connexion que je fais avec les gens sur ces thé­ma­tiques », ra­conte ce­lui dont les ta­lents éla­bo­rés de gui­ta­riste se­ront à l’avant-plan dans ce spec­tacle 100 % gui­tare, pen­dant le­quel les spec­ta­teurs ver­ront la trame so­nore d’une vie prendre forme en di­rect.

CRÉA­TIF ET IMPROVISATEUR

Ceux qui ont ache­té l’al­bum Mi­chel Cusson so­lo, sor­ti en jan­vier 2016, re­con­naî­tront la mu­sique, bien que sur scène l’ar­tiste aime bien se lais­ser de la la­ti­tude pour im­pro­vi­ser et don­ner une sa­veur dif­fé­rente chaque soir.

« Je ra­conte une par­tie de l’his­toire et après je com­mente en mu­sique. C’est là le cô­té im­pro­vi­sa­tion. Je fais mes so­los de gui­tare et ma va­ria­tion de dif­fé­rentes fa­çons. C’est là que ça dé­pend des gens et de comment je me sens par rap­port aux images. Chaque soir, ce n’est pas tout à fait pa­reil », dé­taille Mi­chel Cusson, ajou­tant que l’uni­vers du spec­tacle est moi­tié ci­né­ma­to­gra­phique, moi­tié Mi­chel Cusson.

JEUNE DE CORPS ET D’ES­PRIT

Mi­chel Cusson est en pleine forme. Il fait 30 à 45 mi­nutes d’exer­cice par jour, et ce, 365 jours par an­née. Dans sa tête, il n’a pas son âge. Il se dit même plus en forme qu’à 35 ans. Ce­lui qui aime beau­coup voya­ger fait de l’exer­cice, peu im­porte l’en­droit où il se trouve. Ce­la fait par­tie de l’as­pect créa­tif de sa vie.

« L’idée peut ar­ri­ver n’im­porte où, dans mon au­to, à bi­cy­clette ou en train de na­ger. C’est ar­ri­vé sou­vent en voyage, que j’ai com­po­sé dans une chambre d’hô­tel ou n’im­porte où. Sur l’iP­hone, il y a la fonc­tion d’en­re­gis­tre­ment. J’ai des cen­taines et des cen­taines de fi­chiers. Dans l’an­cien temps, je m’ap­pe­lais et je me lais­sais un mes­sage sur mon ré­pon­deur ou je chan­tais une mé­lo­die », ra­conte Mi­chel Cusson.

Ce­lui qui au­ra 60 ans en jan­vier pro­chain est très loin de prendre sa re­traite. Des idées, il en a en­core plein, sans comp­ter qu’il a su se main­te­nir à la fine pointe de la tech­no­lo­gie. Une exi­gence du mé­tier de com­po­si­teur à l’image. Par­fois, il fait des pro­jets sym­pho­niques avec une cin­quan­taine de mu­si­ciens. D’autres fois, il ex­plore l’uni­vers tech­no avec ses col­lègues de Mé­lo­di­ca.

« Vingt-cing ans ce n’est pas long pour ap­prendre à écrire de la mu­sique sur des images. C’est une chose qui n’est ja­mais ac­quise. Il faut que tu ré­ap­prennes tout le temps. C’est un art d’être trans­pa­rent à tra­vers une image. En spec­tacle, c’est dif­fé­rent, je suis en­tiè­re­ment là. C’est les images qui m’ac­com­pagnent », conclut Mi­chel Cusson, plei­ne­ment heu­reux d’al­ler à la ren­contre des gens avec son spec­tacle dif­fé­rent et évo­lu­tif.

CAROLINE BONIN

PHOTO NATHALIE BRIEN, GRAPHISME VIVIANE TARDIF

On dit qu’une photo vaut mille mots, se­lon Mi­chel Cusson, une note de mu­sique en vaut 10 000.

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