Par amour pour le ba­se­ball et les en­fants

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

La Ville de Vaudreuil-Do­rion a ré­cem­ment sou­li­gné les 52 an­nées de bé­né­vo­lat de Nor­mand Desjardins dans l’As­so­cia­tion de ba­se­ball La Pres­qu’Île. Ce pas­sion­né de ba­se­ball tire sa ré­vé­rence d’une vie de bé­né­vo­lat dont le point cen­tral a tou­jours été le bien-être et le plai­sir des en­fants.

Le sport est in­dis­so­ciable —BÉ­NÉ­VO­LAT de Nor­mand Desjardins. Jeune, il jouait au ho­ckey et au ba­se­ball. Quand les amis du voi­si­nage le voyaient pas­ser avec son gant de ba­se­ball, tous sa­vaient que le si­gnal était don­né pour une bonne par­tie de plai­sir entre amis au parc.

POUR LES JEUNES

C’est un peu comme ça, par ha­sard, qu’il s’est re­trou­vé à la pré­si­dence de l’As­so­cia­tion de ba­se­ball mi­neur de Do­rion lors de sa créa­tion dans les an­nées 1960. Au dé­but, il ras­sem­blait les jeunes pour les sor­tir de la rue et les oc­cu­per pour mi­ni­mi­ser les mau­vais coups. De fil en ai­guille, l’idée est ve­nue de re­lan­cer l’as­so­cia­tion de Do­rion, qui était un peu sur la glace. « Je vou­lais que les jeunes s’en­lèvent de dans la rue. S’ils jouent, ils ne sont pas dans la rue. S’ils ar­bitrent, ils ne sont pas dans la rue. Un sport d’équipe, c’est la meilleure af­faire pour les jeunes, que ce­la soit le soc­cer, le ba­se­ball, ou n’im­porte quoi », sou­ligne Nor­mand Desjardins.

Son as­so­cia­tion exis­tait avant même que Ba­se­ball Qué­bec voit le jour. En­suite, l’As­so­cia­tion de Do­rion a fu­sion­né avec les as­so­cia­tions de Vaudreuil, en 1994, et de L’Île-Per­rot, en 2007. À tra­vers les an­nées, Nor­mand Desjardins a oc­cu­pé pas mal tous les postes pos­sibles au­tant sur le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion que sur le ter­rain puis­qu’il a éga­le­ment été coach et ar­bitre.

« Le plus gros de ma car­rière c’est dans l’ar­bi­trage. Pour les jeunes seule­ment, je n’al­lais pas ar­bi­trer des adultes. Tout ce que j’ai fait, c’est pour les jeunes seule­ment. Je suis al­lé ar­bi­trer par­tout. C’était pour rendre ser­vice aux jeunes, parce que s’il n’y a pas d’ar­bitre, il n’y a pas de jeune », ex­plique le pas­sion­né de ba­se­ball, qui a même don­né des cours et for­mé un grand nombre d’ar­bitres.

Lors de la ré­cente soi­rée des bé­né­voles de la Ville de Vaudreuil-Do­rion, le maire Guy Pi­lon lui a re­mis une mé­daille ho­no­ri­fique. Les conseillers Fran­çois Sé­guin et Paul Du­mou­lin ont, par la même oc­ca­sion, an­non­cé que le Pa­villon de Do­rionGar­dens, si­tué au 671, rue Va­lois, por­te­ra dé­sor­mais le nom de Pa­villon Nor­mandDes­jar­dins. Ces re­con­nais­sances sou­lignent l’ap­port im­por­tant de ce grand bé­né­vole, qui a gran­de­ment contri­bué à l’amour de ce sport.

CONTRE LES IN­JUS­TICES

En un de­mi-siècle, Nor­mand Desjardins s’est consti­tué une belle col­lec­tion de sou­ve­nirs. Ce qui l’a le plus mar­qué reste, ce­pen­dant, la grosse ba­taille qu’il a me­née pour faire jouer tous les jeunes lors des matchs.

« Il y a plein d’af­faires qu’on a sor­ties dans la ligue Vaudreuil-Soulanges que Ba­se­ball Qué­bec n’avait pas dans ses livres. Ne pas gar­der des en­fants sur le banc, ce­la a été ma plus grosse ba­taille. J’ai réus­si à faire jouer tout le monde égal. Avec mes co­pains, on était d’ac­cord pour se battre. On a ap­pli­qué ces rè­gle­ments qu’on a in­ven­té, avant même que Ba­se­ball Qué­bec le fasse », ra­conte Nor­mand Desjardins, qui a réus­si à convaincre Ba­se­ball Qué­bec, après trois ou quatre ans, qu’il n’était pas nor­mal que le ba­se­ball soit le seul sport où un jeune joueur pou­vait ne pas avoir joué lors d’un match.

Ce n’est pas le seul chan­ge­ment au­quel il a as­sis­té et contri­bué. Ayant tou­jours en tête de rendre ser­vice aux jeunes et de gar­der leur in­té­rêt pour le ba­se­ball, Nor­mand Desjardins a aus­si in­sis­té pour que les joueurs changent de po­si­tion et que les lan­ceurs ne lancent pas plus de deux manches.

« Dans mon As­so­cia­tion La Pres­qu’île, dont j’étais pré­sident, il y avait 400 joueurs. Pour moi, le 400e en ta­lent est aus­si im­por­tant que le pre­mier. Pour­quoi un meilleur joue­rait plus que le moins bon? C’est le contraire, le moins bon de­vrait jouer plus pour ap­prendre », men­tionne Nor­mand Desjardins ex­pli­quant que le line-up est main­te­nant fait en ro­ta­tion à la Pres­qu’île. Après plus de cin­quante ans à s’oc­cu­per de ba­se­ball trois ou quatre soirs par se­maine, Nor­mand Desjardins prend sa re­traite. Sa fille Jo­sée et son fils Luc ain­si que ses pe­tit­sen­fants An­toine, Ma­ri­ka et Xa­vier ne sont pas les seuls à avoir eu la pi­qûre du ba­se­ball ou du sport grâce à lui. En chan­geant cer­tains rè­gle­ments, les jeunes de la ré­gion ont pu avoir plus de plai­sir en pra­ti­quant le ba­se­ball. Leurs beaux sou­ve­nirs, ils les doivent un peu à Nor­mand Desjardins. « J’aime les en­fants. Les en­fants pour moi c’est tout. C’est ma vie presque, après 50 ans dans le ba­se­ball », conclut Nor­mand Desjardins, qui se pro­met bien de traî­ner en­core dans les es­trades de la ré­gion l’été pro­chain. Si sa re­traite de bé­né­vo­lat dans l’or­ga­ni­sa­tion est ar­ri­vée, il est en­core loin de prendre sa re­traite de spec­ta­teur.

CA­RO­LINE BONIN

PHO­TO CA­RO­LINE BONIN

Nor­mand Desjardins est un vi­sage bien connu du ba­se­ball mi­neur dans la ré­gion.

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