Trump : bras­ser idées et pan­cartes

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

Heu­reux ou mal­heu­reux —ÉDITORIAL ha­sard, je ne sais comment le qua­li­fier. Quelque part en avril ou mai der­nier, j’ai ef­fec­tué des ré­ser­va­tions pour un voyage or­ga­ni­sé à New York. En com­pa­gnie de l’épouse et de mes pa­rents. Une fin de se­maine res­plen­dis­sante, in­ou­bliable et fes­tive à pré­voir. Ain­si, on fixe la date du 11 no­vembre. Toute la fin de se­maine dans la Grosse Pomme, à Man­hat­tan, ad­mi­rer les lu­mières et pu­bli­ci­tés de Times Square, une messe gos­pel, man­ger du gâ­teau au fro­mage, une la­sagne suc­cu­lente dans le quar­tier ita­lien et tout le reste. 72 heures de plai­sir.

C’était en igno­rant que trois jours plus tôt, Do­nald Trump, ma­gnat des af­faires, ve­dette de té­lé-réa­li­té et gou­jat, al­lait être élu 45e pré­sident des ÉtatsU­nis. Comment pou­vait-on le pré­voir en avril ou mai, alors que mêmes les son­deurs ne pou­vaient pas le dire la se­maine der­nière, à quelques heures de cette fa­ta­li­té?

C’est donc en gar­dant en tête que l’un des plus connus ré­si­dents de New York, une ville comp­tant des mil­lions et des mil­lions de ci­toyens, ve­nait d’être élu comme homme le plus puis­sant du monde, que nous y sommes en­trés. L’un des plus connus, mais aus­si l’un des plus dé­tes­tables et plus dé­tes­tés par ses conci­toyens. Les gens de New York. Ils ont hâte qu’il dé­mé­nage ses pé­nates à la Mai­son-Blanche, à Wa­shing­ton. Ils ne veulent plus de lui dans la ville où l’on ne dort ja­mais.

Et ils le font sa­voir. Pan­cartes, masques, pé­tards. On ar­bore tout ça et on crie, et on chante, et on cha­hute. Et ça brasse. De­vant sa luxueuse Trump To­wer, bar­ri­cades, ca­mé­ras de chaînes de nou­velles et ma­ni­fes­tants sont pré­sents. Im­por­tante horde de gar­diens de sé­cu­ri­té et po­li­ciers font le pied de grue. Pas moyen de s’ap­pro­cher de cet im­meuble em­blé­ma­tique.

Nous avons pu as­sis­ter, sa­me­di soir, à une im­po­sante des­cente de po­li­ciers qui sont ar­ri­vés, une ving­taine de voi­tures, si­rènes hur­lantes, lu­mières aveu­glantes, pour mettre à mal les nom­breux ma­ni­fes­tants.

C’est, di­sons, im­pres­sion­nant.

ON NE L’AIME PAS

Dans un pays ou plus de la moi­tié des vo­teurs ont vou­lu élire une autre per­sonne que le ga­gnant, ima­gi­nez la grogne dans une ville ou la grande ma­jo­ri­té des gens ne vou­laient rien sa­voir de lui. On le cri­tique, on le conspue.

La guide qui nous a per­mis d’en ap­prendre un peu plus sur New York, lors du tour de ville sa­me­di ma­tin, était dé­cou­ra­gée. Elle vit à New York et res­sent toute cette fo­lie quo­ti­dien­ne­ment. Elle dit ne pou­voir ex­pli­quer ce qui s’est pro­duit. Elle dé­teste Trump? C’est peu de le dire.

Bonne chance et bonne conti­nua­tion Ma­ria. Tu en au­ras be­soin.

VOYAGE IN­OU­BLIABLE

Pour le reste, nous nous sommes bien amu­sés. On a ri, bien man­gé, bien bu. Nous nous sommes rem­pli les yeux et fait de mer­veilleuses dé­cou­vertes. J’aime New York? C’est peu de le dire. Autre anec­dote concer­nant Trump. Notre guide en par­tance du Qué­bec était Car­los. Un Qué­bé­cois d’ori­gine mexi­caine. De­man­dez si les pas­sa­gers de notre au­to­bus lui ont par­lé du mur. Mais Car­los, un guide splen­dide a bien ri­go­lé. Il a un sens de l’hu­mour im­pa­rable. Beau tra­vail et mer­ci.

Idem pour Mau­rice, le chauf­feur, qui doit se dé­pê­trer dans ces ar­tères où les taxis jaunes sont rois et les chauf­feurs im­pa­tients. Cha­peau Mau­rice. YA­NICK MI­CHAUD

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