En­tre­vue avec An­dré For­cier lors de son pas­sage à Vau­dreuil-Do­rion

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

Le ci­néaste An­dré For­cier était à Vau­dreuil-Do­rion, le 28 no­vembre, pour pré­sen­ter son der­nier film Em­brasse-moi comme tu m’aimes. Il a ré­pon­du aux ques­tions des ci­né­philes et de VIVA mé­dia.

Je ne me suis ja­mais in­ves­ti du titre de poète du cinéma qué­bé­cois. J’ai tou­jours cru qu’il fal­lait ra­con­ter des his­toires au­tre­ment. Avant de faire un film, j’ex­plore la réa­li­té. À un mo­ment don­né, cette ex­plo­ra­tion fait que la ma­tière en­gendre une sorte d’état de grâce qui s’ap­pelle le réa­lisme ma­gique ou sur­réa­lisme. Ap­pe­lez ça comme vous vou­lez. Moi, je n’ai pas à me qua­li­fier.

EST-CE QUE DÈS LE DÉ­BUT VOUS

SA­VIEZ QUE C’ÉTAIT COMME ÇA

QUE VOUS VOU­LIEZ AL­LU­MER LES

CI­NÉ­PHILES QUÉ­BÉ­COIS?

C’est ve­nu na­tu­rel­le­ment. J’avais ça en moi avec mon pre­mier film. Tous mes films se res­semblent quelque part.

EST-CE QUE VOUS POUR­RIEZ ME

DIRE L’HIS­TOIRE D’EM­BRASSE-MOI

PARCE QUE

BIEN­TÔT LES GENS VONT POU­VOIR

L’ÉCOU­TER DANS LEUR SA­LON.

Je ne peux pas vendre l’his­toire. Il y a un per­son­nage qui s’ap­pelle Pierre Sau­va­geau qui est joué par Émile Sch­nei­der. On est en 1940. La mou­vance po­pu­laire veut qu’on fasse tout pour évi­ter la guerre, mais il y a la me­nace de la conscrip­tion et l’en­traî­ne­ment est obli­ga­toire. Pierre vou­drait s’en­ga­ger pour al­ler se battre contre le na­zisme, parce qu’il est conscient du dan­ger du na­zisme, mais il a une soeur qui est in­firme, in­ter­pré­tée par Ju­liette Gos­se­lin. C’est sa ju­melle. Elle ne voit pas d’homme à la mai­son. Sa mère est cha­pe­lière. Elle est éprise amou­reu­se­ment de son frère, ce qui n’est pas le cas de son frère qui éprouve un amour fra­ter­nel pour sa soeur. Tout ce­la va nous ame­ner as­sez loin.

Il faut al­ler là en toute li­ber­té. Être prêt à se faire émou­voir et se faire sur­prendre aus­si. On m’a dit que dans mon film on est sur­pris de s’être re­trou­vé là, après s’être re­trou­vé là. Comme dans la vie quoi. Le cinéma ne nous donne pas tou­jours ça. Le cinéma est trop pré­vi­sible à mon goût.

VOUS AI­MEZ SUR­PRENDRE

LES GENS. EST-CE QUE VOUS

AI­MEZ LES CHO­QUER AUS­SI?

Je ne fais rien pour les cho­quer. Il se peut qu’il y ait des choses qui choquent les gens, mais je ne fais rien d’in­ten­tion­nel dans ce sens-là.

La sor­tie DVD est pré­vue pour le 20 dé­cembre pro­chain. Les ci­né­philes pour­ront pro­fi­ter des va­cances du temps des fêtes pour vi­sion­ner ce film et se lais­ser trans­por­ter en 1940.

— CA­RO­LINE BO­NIN

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.