La drôle de vie de Mi­chel Bar­rette

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

De­puis près d’un an, Mi­chel Bar­rette par­court le Québec avec son der­nier spec­tacle Drôle de vie. Quand nous l’avons joint au té­lé­phone pour nous en par­ler, il était sur la route pour re­mor­quer la voi­ture avec la­quelle il ef­fec­tue­ra une course, en com­pa­gnie de son fils, en Flo­ride le 31 dé­cembre pro­chain.

« Je m’en vais en Flo­ride —SPEC­TACLE en fin de se­maine pro­chaine. On va mé­lan­ger va­cances et course au­to­mo­bile. Ça adonne comme ça. Des fois, on est à la mai­son, des fois en Flo­ride, des fois en croi­sière. On est tou­jours en va­cances, mais il n’y a pas une ha­bi­tude ferme », pré­cise Mi­chel Bar­rette à propos de ses cé­lé­bra­tions du temps des fêtes.

SOU­VE­NIRS ET NOS­TAL­GIE

Mi­chel Bar­rette avoue qu’il peut fa­ci­le­ment être triste à cette pé­riode de l’an­née. Ce­lui qui trouve tou­jours la ma­nière de faire rire avec ses mille et un sou­ve­nirs en spec­tacle est un nos­tal­gique de pre­mière et un homme sen­sible, comme on a pu le voir lors de l’hom­mage qui lui a été ren­du au Festival Juste pour Rire, l’été der­nier, où il a eu la larme à l’oeil à plu­sieurs re­prises.

« Il faut que je fasse at­ten­tion, parce que je peux fa­ci­le­ment avoir le temps des fêtes triste, parce qu’il y a plein de sou­ve­nirs qui reviennent et il y a des gens qui ne sont plus là. Je trouve ça dur de m’aper­ce­voir, quand je fais le bi­lan de l’an­née, qu’il y a des gens qui sont par­tis », avoue l’ar­tiste, qui s’ar­range pour avoir du fun afin de contrer la nos­tal­gie.

IN­CON­TOUR­NABLE CLAS­SIQUE

Dans quelques jours, il suf­fi­ra d’ou­vrir la ra­dio pour que la chan­son Le temps d’une dinde se fasse en­tendre. Un pe­tit ri­go­don, qui a trou­vé sa place dans les clas­siques du temps des fêtes de bien des Qué­bé­cois. Chez Mi­chel Bar­rette, pas ques­tion de faire jouer le disque, bien que l’ar­tiste ne re­nie pas son pas­sé et son fa­meux per­son­nage de Ro­land Hi ! Ha! Trem­blay.

« Dans le show je parle de Hi! Ha!. Ça fait 23 ans que je ne le fais plus. Il y a en­core des gens qui m’ap­pellent Hi! Ha!, des gens qui pensent que je fais Hi! Ha! ou des gens qui me de­mandent quand je vais le re­faire. J’ai ado­ré le per­son­nage, mais il est mort et il est très bien où il est », af­firme Mi­chel Bar­rette, ajou­tant que son clas­sique de Noël c’est plu­tôt d’écou­ter le film Ch­rist­mas Va­ca­tion en fa­mille.

SPEC­TACLE LE PLUS DRÔLE

Lors­qu’il monte sur scène, Mi­chel Bar­rette pré­co­nise un dé­cor des plus épu­rés. Comme dans les deux spec­tacles pré­cé­dents, la chaise ber­çante de son grand-père est en­core une fois le seul élé­ment de dé­cor de Drôle de vie. Un lien avec son pas­sé, mais aus­si bien pra­tique pour s’as­seoir à quelques re­prises pen­dant les 90 mi­nutes que dure sa pres­ta­tion, sans en­tracte.

« Il y quelque chose de très cui­sine d’une autre époque, d’avoir une chaise ber­çante blanche au centre de la scène et qui donne le ton à ce que je fais sur scène. C’est-àdire de ra­con­ter, que ce­la soit dans ma cui­sine ou sur scène c’est le même bon­homme et le même genre d’hu­mour », sou­ligne Mi­chel Bar­rette.

Lors­qu’on lui de­mande de quoi il a eu en­vie de par­ler dans ce 11e spec­tacle, Mi­chel Bar­rette ri­gole. C’est la ques­tion que tous les hu­mo­ristes trouvent la plus em­bê­tante, m’ex­plique-t-il. Ce­lui qui au­ra 60 ans en avril pro­chain ra­conte en­core et tou­jours des his­toires de la vie, qu’il a pi­quées aux di­verses tranches d’âge.

« C’est un long mo­no­logue d’une heure et de­mie, et par­fois plus. De quoi je parle? Dans le fond, la ré­ponse c’est: la vie. J’ai 60 ans et 33 ans de car­rière, ça va dans tous les sens. Ça va dans qu’est-ce que c’est de vieillir. Qu’est-ce que c’est l’édu­ca­tion des en­fants? Qu’est-ce que c’est avoir 50 ans de dif­fé­rence avec son plus jeune en­fant? Qu’est-ce que c’est que vieillir sexuel­le­ment », dé­taille l’hu­mo­riste, ajou­tant que c’est le spec­tacle dans le­quel, il a eu le plus de plai­sir. Il s’aper­çoit aus­si que plus il a du fun sur scène, plus le pu­blic en a dans la salle.

Avant de tom­ber dans le show­biz, Mi­chel Bar­rette a exer­cé plu­sieurs mé­tiers. Il en parle d’ailleurs dans son spec­tacle. Au­jourd’hui, Mi­chel Bar­rette porte en­core plu­sieurs cha­peaux. Il est plus qu’un hu­mo­riste. Il anime des émis­sions, en plus d’in­ter­pré­ter des rôles au pe­tit et au grand écran, quoi­qu’on ne l’ait pas vu jouer un per­son­nage de­puis en­vi­ron cinq ans. Peut-être que son pro­jet de film Une par jour l’oc­cupe, mais il y a aus­si le fait qu’il est de­ve­nu le pro­prié­taire de l’hô­tel les Trois Tilleuls. Il est très fier d’y of­frir, main­te­nant, une salle de spec­tacles où les ar­tistes sont nom­breux à vou­loir y pré­sen­ter leurs numéros. L’hu­mo­riste af­firme que la vue sur la ri­vière fait de sa salle l’une des plus belles. De­puis ven­dre­di der­nier, Mi­chel Bar­rette est en va­cances. La fin de se­maine pro­chaine, il se di­ri­ge­ra vers la Flo­ride où il cé­lé­bre­ra les fêtes en fa­mille sous les doux rayons du so­leil. Il re­mon­te­ra sur scène à la mi-jan­vier. Son spec­tacle Drôle de vie, qui s’adresse à un pu­blic de tous les âges, s’ar­rê­te­ra à la salle Pau­line-Ju­lien, le 17 fé­vrier, et à la salle Al­bert-Du­mou­chel, le 8 avril.

CA­RO­LINE BONIN

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