Offres alléchantes et un peu méchantes

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

Je ne suis pas le pre­mier —ÉDITORIAL à le consta­ter, et ça ne ces­se­ra pas mal­gré cet éditorial.

Mais lais­sez moi vous ra­con­ter cette pe­tite anec­dote qui montre que les grandes sur­faces n’en ont rien à ci­rer du res­pect de leur clien­tèle.

Cette se­maine, avec deux de mes pe­tits loups, courte vi­rée au su­per­mar­ché. Pa­pa, on veut du jus.

Bon, c’est sa­me­di et je me dis que si j’ai le droit de prendre une Lau­ren­tide bien froide, je peux bien per­mettre à la meute d’in­gé­rer une li­mo­nade bien su­crée. Le hic ce n’est pas tant ça. Le pro­blème ré­side dans l’offre sur la ta­blette. Écou­tez bien!

Le prix ré­gu­lier de la li­mo­nade de la marque de la ban­nière, que je ne nom­me­rai évi­dem­ment pas : 2,49 $.

Cette se­maine, le prix pour une offre com­bi­née : 5 $ pour deux ré­ci­pients de jus. Si, tou­te­fois, vous n’en dé­si­rez qu’un, il vous coû­te­ra 2,79 $.

Quoi?

Oui! Pro­mis. Vu de mes yeux.

2,49 $ ré­gu­lier, ou 2,79 $ en spé­cial. Ar­naque.

Il faut sur­veiller. Tout le temps.

Et si on dé­sire en par­ler à la cais­sière, par­fois elle agi­ra cor­dia­le­ment avec le sou­rire et ajus­te­ra les choses. Par­fois, elle pren­dra la dé­fense de sa ban­nière, mul­ti­mil­liar­daire, et me fe­ra al­ler sur les roses pour 0,20 $, qui ne lui coû­te­ront rien à elle.

Pas que c’est si grave pour 0,20 $. Mais c’est juste le mau­dit prin­cipe.

Nous pre­nez-vous pour des cruches? de la li­mo­nade bien pres­sée j’ima­gine? Ces­sez de nous men­tir.

PAR­LANT DE MEN­TIR

Oui, par­lant de men­songes éhon­tés et de four­be­ries, on s’at­tend à quatre belles an­nées de règne chez les voi­sins du Sud. Nos voi­sins.

Cet élu qui s’en­toure de gens qui sont tout aus­si mé­créants que lui.

C’est triste de voir l’homme le plus puis­sant de la pla­nète, jouer au gnan­gnan avec les jour­na­listes, ces êtres les plus mal­hon­nêtes de la pla­nète, pour l’es­ti­ma­tion d’une foule.

Ils di­saient, image à l’ap­pui, qu’un peu plus de 250 000 per­sonnes ont as­sis­té à l’Inau­gu­ra­tion. Il pré­tend qu’il y avait plus de 1,5 M d’in­té­res­sés.

Je dis qu’il y a toute une marge et qu’on n’a pas fi­ni d’en en­tendre des vertes et des pas mûres éma­ner du bu­reau ovale.

DES MA­NI­FES­TANTS

QUI SORTENT EN­FIN

Puis il y ces gens qui ont ma­ni­fes­té cette fin de se­maine.

Je suis avec eux. Je suis avec ces femmes qui craignent un re­cul d’une ou deux ères.

Je suis avec ces gens qui au­ront de la dif­fi­cul­té à joindre les deux bouts et qui de­vront re­com­men­cer à af­fron­ter leurs lourdes fac­tures mé­di­cales.

Je suis avec ces jour­na­listes, car j’en suis un, qui de­vra se le­ver et dire que non, nous ne sommes pas des gens mal­hon­nêtes, des men­teurs, des mé­créants. Nous vou­lons la vé­ri­té, la li­ber­té d’ex­pres­sion et un monde juste et in­for­mé de ce qui se passe.

Mais, je ne suis pas avec ces gens qui vont ma­ni­fes­ter, mais qui n’ont pas pris quelques mi­nutes de leur vie en no­vembre 2016, le 8, pour al­ler vo­ter. Pour al­ler ins­crire un cro­chet à la fin d’un autre nom que ce­lui du 45e pré­sident élu des États-Unis.

Et je ne suis sur­tout pas avec ceux qui, en ma­ni­fes­tant, dé­cident de bri­ser le bien pu­blic. De van­da­li­ser, de bri­ser, de brû­ler, de bles­ser.

J’ai vu ces images de jeunes ca­gou­lés qui lan­çaient à peu près tout ce qui leur tom­bait sous la main, dans les vi­trines des Star­bucks et autres com­merces sur leur pas­sage.

Aus­si ca­pi­ta­listes soient les com­merces et en­tre­prises, les em­ployés et clients qui se trouvent dans ces com­merces aux mo­ments de com­mettre ces mé­faits n’ont rien à voir avec les four­be­ries de Trump.

Ces­sez cette casse et concen­trez-vous à ali­gner votre vie vers un monde meilleur. Oui aux ma­ni­fes­ta­tions. Mais dans la ci­vi­li­té.

Non aux cas­seurs. Aux anar­chistes. Par­fois les non-dits et les actes pa­ci­fiques parlent beau­coup plus que ces mé­faits et bru­ta­li­tés. Entre-temps, es­pé­rons que les men­teurs de ce monde prennent leur trou. Parce que si ça conti­nue, Phil, la mar­motte, ne vou­dra rien sa­voir de sor­tir de sa ta­nière le 2 fé­vrier. Non pas qu’il en au­ra pour ou contre l’hi­ver, la neige, la ga­doue ou le froid.

Il en au­ra sur ces chan­ge­ments que le monde a su­bis au cours de la der­nière an­née.

Ser­rons-nous les coudes.

YANICK MICHAUD

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