Les pro­duc­teurs s’en­tendent avec le gou­ver­ne­ment

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

Après avoir an­non­cé un blo­cus qui de­vait dé­bu­ter le 6 fé­vrier, les pro­duc­teurs agri­coles, l’Union des pro­duc­teurs agri­coles (UPA) en tête, s’est ré­joui de voir re­cu­ler le gou­ver­ne­ment sur le Pro­gramme de cré­dit de taxes fon­cières agri­coles.

Ce­la fait dé­jà des —AGRI­CUL­TURE mois que l’UPA ta­lonne le mi­nistre de l’Agri­cul­ture afin de le convaincre qu’une telle orien­ta­tion au­rait des consé­quences né­fastes sur les en­tre­prises agri­coles. Le gou­ver­ne­ment, se­lon les pro­duc­teurs agri­coles, a net­te­ment sous-es­ti­mé les im­pacts né­ga­tifs de cette ré­forme. « Le gou­ver­ne­ment du Qué­bec a pris une bonne dé­ci­sion, men­tionne Ch­ris­tian St-Jacques, pré­sident de la Fé­dé­ra­tion de l’UPA de la Mon­té­ré­gie. La dé­ter­mi­na­tion de nos agri­cul­teurs de­puis le dé­but de cette mo­bi­li­sa­tion et nos éva­lua­tions des comptes de taxes, qui se sont ré­vé­lées être exactes, ont clai­re­ment fait la dif­fé­rence dans ce dos­sier. » Ce der­nier a te­nu à re­mer­cier les agri­cul­teurs de la Mon­té­ré­gie pour leur so­li­da­ri­té, leur pa­tience et leur té­na­ci­té dans ce dos­sier, de même que l’in­dus­trie ré­créo­tou­ris­tique mon­té­ré­gienne, no­tam­ment les clubs de mo­to­neiges et de quads, pour leur ap­pui tout au long de cette né­go­cia­tion.

« En fait, le gou­ver­ne­ment a dé­ci­dé de re­cu­ler pour un an et de re­ve­nir à avec l’an­cien ré­gime. On n’en sait pas plus pour l’ins­tant. Il n’y a pas de ren­contres de pré­vues et ça fait un an que l’on de­mande de ces ren­contres », pré­cise Louis-Ma­rie Le­duc, pré­sident de l’UPA De Vau­dreuilSou­langes. Pour lui, au fond, il n’y a rien de ré­glé. « Pour 2017, ça va, mais après, on est dans l’in­con­nu », com­mente le pré­sident.

IL Y A UN MAIS

Il va de soi que, compte te­nu des cir­cons­tances, la Fé­dé­ra­tion de l’UPA de la Mon­té­ré­gie a de­man­dé aux agri­cul­teurs de la ré­gion de per­mettre l’ac­cès à leurs terres.

Tou­te­fois, le gou­ver­ne­ment du Qué­bec n’a pas an­non­cé qu’il créait une table de tra­vail réunis­sant la FQM (Fé­dé­ra­tion qué­bé­coise des mu­ni­ci­pa­li­té), l’UPA et les mi­nis­tères concer­nés afin de trou­ver des so­lu­tions du­rables au ré­gime fis­cal agri­cole qui est main­te­nant désuet. Se­lon les pro­duc­teurs, le ré­gime ac­tuel ne ré­pond plus aux nou­veaux en­jeux agri­coles. L’aug­men­ta­tion im­por­tante du far­deau fis­cal des agri­cul­teurs ces der­nières an­nées, en rai­son no­tam­ment de la hausse sub­stan­tielle de la va­leur des terres (800 % en 20 ans) et du mode d’éva­lua­tion uti­li­sé par les mu­ni­ci­pa­li­tés, est pour­tant bien réelle. L’UPA conti­nue­ra donc d’in­ter­pel­ler le gou­ver­ne­ment du Qué­bec à cet ef­fet.

LE DÉ­PU­TÉ DE BEAUHARNOIS SA­TIS­FAIT De son cô­té, Guy Le­clair, le dé­pu­té de Beauharnois a ac­cueilli avec sa­tis­fac­tion le re­cul du gou­ver­ne­ment qui an­nu­le­ra, se­lon lui, une ré­forme in­ac­cep­table du Pro­gramme de cré­dit de taxes fon­cières agri­coles. « Dès avril 2016, lors de l’étude des cré­dits bud­gé­taires, le Par­ti Qué­bé­cois a aver­ti le mi­nistre d’alors, Pierre Pa­ra­dis, que les chan­ge­ments qu’il sou­hai­tait ap­por­ter au PCTFA al­laient obli­ger les agri­cul­teurs qué­bé­cois à sor­tir plu­sieurs mil­liers de dol­lars sup­plé­men­taires de leurs poches. Après avoir trai­té les agri­cul­teurs de men­teurs pen­dant des mois, le gou­ver­ne­ment a en­fin dé­ci­dé de re­cu­ler », a-t-il dé­cla­ré. Le dé­pu­té pré­cise tou­te­fois que, mal­gré ce re­cul des li­bé­raux, la fis­ca­li­té fon­cière agri­cole de­meure pro­blé­ma­tique, no­tam­ment à cause de la hausse ful­gu­rante de la va­leur des terres de­puis deux dé­cen­nies. « Le pro­blème de la fis­ca­li­té fon­cière agri­cole reste d’ac­tua­li­té, et le gou­ver­ne­ment ne doit pas ba­layer la ques­tion sous le ta­pis. Il est tou­jours aus­si im­pé­ra­tif de créer une table de tra­vail où le gou­ver­ne­ment, les mu­ni­ci­pa­li­tés et les agri­cul­teurs pour­ront dé­ter­mi­ner com­ment re­voir le mode de taxa­tion des terres agri­coles », a conclu Guy Le­clair.

STÉ­PHANE FOR­TIER

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Les mo­to­nei­gistes n’au­ront dé­sor­mais plus d’in­quié­tudes quan ta ux moyens de pres­sion exer­cé spar les pro­duc­teurs agri­coles.

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