Humour et opé­ra a ca­pel­la avec Quar­tom

L'Etoile - - AC­TUA­LI­TÉ -

Après un al­bum de chan­sons po­pu­laires et un de Noël, le groupe Quar­tom chan­tant a ca­pel­la a re­noué avec la mu­sique clas­sique sur leur troi­sième opus sor­ti en oc­tobre 2016. Quelques jours après la pre­mière de leur spec­tacle re­lié à cet al­bum, le ba­ry­ton-basse Phi­lippe Mar­tel a ré­pon­du aux ques­tions de VI­VA mé­dia sur ce spec­tacle dans le­quel le qua­tuor a, pour la pre­mière fois, un dé­cor, des éclai­rages et une mise en scène, si­gnée par nul autre que Be­noît Brière.

Com­ment s’est pas­sée votre pre­mière le 14 fé­vrier?

La ré­ac­tion du pu­blic a été très bonne. Notre met­teur en scène était très content. On n’avait pas le dé­cor au Théâtre Ou­tre­mont, lors de la pre­mière. Les gros dé­cors sont seule­ment pos­sibles dans les grandes salles comme à Sa­la­ber­ry-de-Val­ley­field et à Sainte-Ge­ne­viève.

C’est la pre­mière fois que vous avez une mise en scène?

On avait eu une lé­gère mise en scène pour notre spec­tacle de Noël, qui avait été faite par Ma­rie-Thé­rèse For­tin. On n’avait pas de dé­cor, mais on avait des ac­ces­soires et des dé­pla­ce­ments. Cette fois-ci, on est ren­du à une autre étape. On a des per­son­nages, qui se rap­prochent de nos per­son­na­li­tés, et aus­si des textes avec beau­coup d’humour étant don­né que c’est Be­noît Brière notre met­teur en scène.

Par­lons de votre met­teur en scène. Com­ment Be­noît Brière est-il ar­ri­vé dans l’aven­ture?

C’est nous qui l’avons ap­pro­ché. Les trois autres de Quar­tom avaient dé­jà tra­vaillé avec lui à l’uni­ver­si­té. Il a dé­jà fait des mises en scène d’opé­ras et il connaît beau­coup la mu­sique clas­sique. On trou­vait que c’était un bon pa­ckage d’avoir le cô­té théâ­tral de Be­noît Brière, qui fait quand même des choses sé­rieuses comme du Mo­lière, mais qui a aus­si le cô­té hu­mo­ris­tique. Ça se mé­lange bien avec nous qui fai­sons du clas­sique, mais in­ca­pables d’être sé­rieux plus que six mi­nutes, soit le temps d’une chan­son. Be­noît Brière nous aide au ni­veau théâ­tral entre les pièces. On s’amé­liore de jour en jour grâce à lui.

Votre troi­sième al­bum Acte III est plus clas­sique. Aviez-vous en­vie de re­tour­ner à la source?

On a tous com­men­cé dans les Pe­tits chan­teurs. On a été ex­po­sés à la mu­sique à un très jeune âge, mais on a tous eu un par­cours dif­fé­rent. Moi, j’avais un groupe de hea­vy me­tal quand j’étais ado­les­cent. Je trouve que la mu­sique reste de la mu­sique peu im­porte le style. En fait, on a été si­gnés avec une com­pa­gnie pour la pre­mière fois, qui s’ap­pelle AT­MA Clas­sique, dont le conte­nu est es­sen­tiel­le­ment du clas­sique. Dans l’al­bum, les pièces sont toutes ex­traites d’opé­ras, d’opé­rettes et de co­mé­dies mu­si­cales, on est al­lés dans un vaste éven­tail d’époques, du ba­roque à Ger­sh­win. C’est très va­rié et il y au­ra aus­si des sur­prises dans le spec­tacle, qui ne se­ront pas de l’opé­ra.

Vous vous plai­sez dans le clas­sique? On est comme dans nos pan­toufles. C’est là-de­dans qu’on a été for­més, les quatre on a des di­plômes, des bac­ca­lau­réats et des maî­trises en chant clas­sique et en opé­ra. C’est là-de­dans qu’on est les meilleurs. On fait aus­si toutes sortes de choses. On ne se li­mite pas au clas­sique, même si c’est ce­la notre force. Notre al­bum a eu de très bonnes cri­tiques. Ça fait chaud au coeur ces ré­ac­tions, comme quatre étoiles dans La Presse. Sans comp­ter que le fa­meux cri­tique Ch­ris­tophe Huss dans Le De­voir, on était son coup de coeur. On est très fiers de ce disque-là.

Le clas­sique, ça peut faire peur… Est-ce que le spec­tacle Acte III est ac­ces­sible à tous? On es­saye de dé­mo­cra­ti­ser tout ça et de dire aux gens c’est sûr que vous al­lez ai­mer ça. Cette mu­sique-là est pour tout le monde, jeune et moins jeune. Sou­vent dans les concours comme Ame­ri­can Idol c’est une ven­deuse de cel­lu­laires qui chante un air d’opé­ra qui gagne. Tout le monde aime ça. On pense que c’est juste parce que ce n’est pas as­sez mis à l’avant dans les mé­dias. C’est pour ça qu’on l’en­ve­loppe d’un ca­chet plus hu­mo­ris­tique. On fait les pièces sé­rieu­se­ment, mais entre les pièces on se dé­tend et l’on fait de l’humour. Dans le fond, au dé­but l’opé­ra c’était pour le peuple. C’est de­ve­nu éli­tiste, alors que ce ne l’est pas à la base. Par­tout où l’on est pas­sés et où l’on a chan­té du clas­sique, les gens ont ai­mé ça. On est vrais dans ce que l’on fait. On fait de la mu­sique et l’on fait de l’humour, c’est ça qu’on est les quatre in­di­vi­dus en­semble. Et, Be­noît Brière nous a fait bou­ger. Je vous ré­serve la sur­prise, mais on bouge.

Quar­tom se­ra en spec­tacle le 19 mars pro­chain à la salle Al­bert-Du­mou­chel, à 14 h (billets : 514 373-5794), ain­si que le 25 avril à la salle Pau­line-Ju­lien à 20 h (billets 514 626-1616).

CA­RO­LINE BO­NIN

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