Vote des jeunes : La so­lu­tion vient de Sainte-Marthe

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

Au Qué­bec, on compte plus de 2 mil­lions de jeunes de

18 à 24 ans et de ce nombre, la moi­tié n’a pas l’in­ten­tion d’exer­cer leur droit de vote lors du pro­chain scru­tin de 2018. Com­ment so­lu­tion­ner le pro­blème?

Avec trois autres col­lègues, —SO­CIÉ­TÉ une jeune mar­théene de 18 ans, Au­drey Du­pras, étu­diante au Col­lège de Valleyfield semble avoir trou­vé la so­lu­tion. En fait, sa so­lu­tion est tel­le­ment bonne que le Di­rec­teur gé­né­ral des élec­tions du Qué­bec (DGEQ ), Pierre Reid, a re­te­nu l’idée et s’en ser­vi­ra comme base de dé­part.

IDÉALISME RÉA­LISTE

Mais par­lons d’abord de l’ori­gine du pro­jet. Il faut d’abord savoir que l’Ins­ti­tut du Nou­veau Monde (INM) est un or­ga­nisme non par­ti­san dont la mis­sion est d’ac­croître la par­ti­ci­pa­tion des ci­toyens à la vie dé­mo­cra­tique. Au­jourd’hui, les prin­ci­paux champs d’ex­per­tise de l’INM sont : la par­ti­ci­pa­tion citoyenne, la dé­mo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, l’ac­cep­ta­bi­li­té so­ciale, la gou­ver­nance par­ti­ci­pa­tive, l’en­tre­pre­neu­riat so­cial et l’in­no­va­tion so­ciale.

Des jeunes y pré­sentent leur vi­sion du monde de fa­çon gé­né­rale. Au­drey et ses col­lègues ont orien­té leur pen­sée sur la so­cié­té qué­bé­coise. « À la base, je ne crois pas que tous naissent égaux. Il y a des in­éga­li­tés fla­grantes dans notre so­cié­té. À par­tir de ce constat, ce qu’il faut at­teindre comme ob­jec­tif, c’est d’en ar­ri­ver à une plus grande équi­té. Don­ner 4 $ à tout le monde, c’est faire preuve d’éga­li­té. Ne pas don­ner les mêmes 4 $ à ceux qui n’en ont pas be­soin et le re­dis­tri­buer à ceux qui en ont vrai­ment be­soin, ça c’est l’équi­té », énonce Au­drey Du­pras. Si on donne la chance à tout le monde d’at­teindre les mêmes ob­jec­tifs, nous se­rons plus équi­tables, se­lon celle qui s’est concen­trée sur la jus­tice so­ciale et le monde du tra­vail.

FAIRE SOR­TIR LE VOTE DES JEUNES Pré­sen­té à l’Ins­ti­tut du Nou­veau Monde, il y a quelques mois, le plan d’Au­drey Du­pras, Phi­lippe Beau­lieu (Cé­gep Maisonneuve) Ma­rie-Claire Mur­phy (Cé­gep de Gran­by) et Louis Des­champs (Cé­gep Gé­rald-Go­din), outre le DGEQ , a su vi­ve­ment in­té­res­sé les per­sonnes pré­sentes à l’Ins­ti­tut du Nou­veau Monde, dont plu­sieurs dé­pu­tés re­pré­sen­tant dif­fé­rents par­tis po­li­tiques. « La politique, c’est la base de notre so­cié­té. Si nous n’uti­li­sons pas notre droit dé­mo­cra­tique, on ne peut avan­cer et avoir une so­cié­té à notre image », lance An­drey Du­pras d’en­trée de jeu. Pour­quoi les jeunes sont si peu in­té­res­sés par la politique? « Nous avons réa­li­sé que c’est sur­tout en ré­gion éloi­gnée que les jeunes vo­taient le moins. Le taux est seule­ment de 20%à30%.Dans­bien­des­ré­gions,on­forme des­tra­vailleur­sa­vant­de­for­mer­des­ci­toyens. Je crois qu’il faut faire le contraire », ex­plique-t-elle. Ain­si, se­lon elle, une équipe d’in­for­ma­teurs, qui irait ren­con­trer les jeunes dans le­sé­co­les­tech­ni­que­set­les­cé­gep­sen­leur­pré­sen­tant, sans au­cune par­ti­sa­ne­rie les pla­tes­formes de tous les par­tis po­li­tiques, cela per­met­trait aux jeunes de se faire une opi­nion. « Si tu es­saies de leur faire ren­trer une idéo­lo­gie dans le crâne, tu risques de les perdre. Il faut leur mon­trer toute la beau­té de la dé­ci­sion qu’ils doivent prendre der­rière le pa­ravent du bu­reau de vo­ta­tion et leur faire réa­li­ser que cette dé­ci­sion peut in­fluen­cer les quatre ou cinq pro­chaines an­nées de leur vie », dé­montre Au­drey Du­pras. LA PAR­TI­SA­NE­RIE APRÈS

Pour elle, il est clair que cette étape doit pré­cé­der toute par­ti­ci­pa­tion à de la sol­li­ci­ta­tion par­ti­sane. « Il est im­por­tant qu’ils se fassent leur propre opi­nion d’abord et avant tout. En­suite, ils pour­ront as­sis­ter à des as­sem­blées po­li­tiques, his­toire de voir com­ment pensent les adeptes des dif­fé­rents par­tis », croit Au­drey.

Au­drey Du­pras se­ra ins­crite, l’an­née pro­chaine, à l’Uni­ver­si­té d’Ot­ta­wa en double bac­ca­lau­réat, Droit et Sciences so­ciales, avec spé­cia­li­sa­tion en re­la­tions in­ter­na­tio­nales et mon­dia­li­sa­tion. Par la suite, elle en­tend faire son Ju­rist Doc­tor.

Chose cer­taine. Au­drey est très fière de voir que la voix des jeunes a été en­ten­due et que le pro­jet pré­sen­té se­ra mis en ap­pli­ca­tion.

— STÉ­PHANE FOR­TIER

PHO­TO STÉ­PHANE FOR­TIER

Au­drey Du­pras, une jeune femme de Sainte-Marthe qui en­tend faire bou­ger les choses dans le fu­tur.

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