Te­nir à son jour­nal lo­cal par­tout au Qué­bec!

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

L’équipe de cette en­tre­prise —MÉ­DIAS de com­mu­ni­ca­tions a vou­lu tâ­ter le pouls au­près de la po­pu­la­tion de la province, pour connaître l’im­por­tance des jour­naux lo­caux dans les mu­ni­ci­pa­li­tés du Qué­bec. Met­tant le cap sur de nom­breux coins de la Belle Province, Lac-Mé­gan­tic, Ri­viè­re­du-Loup, Baie-Co­meau, Tadoussac, Sa­gue­nay, La­chute et évi­dem­ment, Valleyfield et Vaudreuil-Soulanges, l’équipe a re­cueilli des té­moi­gnages vi­brants, dé­mon­trant l’at­ta­che­ment des gens pour leurs mé­dias tra­di­tion­nels.

« Non, ça ne de­vrait pas dis­pa­raître, parce que c’est quand même une ré­fé­rence. Les gens ont hâte d’ou­vrir le jour­nal, les jeunes, les moins jeunes. Parce qu’ils couvrent ce qui se fait dans la ré­gion, l’éco­no­mie, le vo­let spor­tif. On ne de­vrait pas voir nos jour­naux dis­pa­raître », af­firme De­nis Bol­duc, com­mer­çant, pro­prié­taire de Bol­duc chaus­sures et vê­te­ments à LacMé­gan­tic.

« Lors­qu’on ferme un mé­dia, c’est toute la dé­mo­cra­tie lo­cale qui est at­teinte. Toute la dé­mo­cra­tie mu­ni­ci­pale, tout ce que les gens ont be­soin de savoir, dans les mu­ni­ci­pa­li­tés, les com­mis­sions sco­laires, ne se­rait-ce que pour le di­ver­tis­se­ment aus­si, les arts, les sports, c’est im­por­tant. C’est ce qui soude une ré­gion. Donc les mé­dias lo­caux, dé­fi­ni­ti­ve­ment, ils ne sont pas utiles, ils sont es­sen­tiels », ex­plique An­dré Bras­sard-Au­bin, en­sei­gnant en jour­na­lisme en Arts et Tech­no­lo­gie des Mé­dias au Cé­gep de Jon­quière.

« À Tadoussac, il n’y a pas beaucoup de mé­dias, donc ils sont très pré­cieux. Nous ve­nons jus­te­ment de perdre le dé­par­te­ment des nou­velles de la sta­tion de ra­dio com­mu­nau­taire. Donc il nous reste seule­ment un mé­dia dis­po­nible pour pou­voir an­non­cer nos bons coups, des vi­sites de mi­nistres, des choses à an­non­cer à nos ci­toyens, nous uti­li­sons le jour­nal. C’est le mé­dia qu’il nous reste et c’est im­por­tant de le gar­der pour la vi­ta­li­té, pour être ca­pable de com­mu­ni­quer avec nos gens. C’est notre porte d’en­trée pour nous rendre chez les ci­toyens », ana­lyse Pa­trick Noël, agent de promotion et mar­ke­ting de la mu­ni­ci­pa­li­té de Tadoussac.

VI­VA mé­dia a bra­vé vents et ma­rées au cours de la der­nière se­maine pour créer une vague d’amour vi­sant à dé­fer­ler sur les jour­naux ré­gio­naux.

Par­tout au Qué­bec, le consen­sus tient.

Les jour­naux ré­gio­naux sont es­sen­tiels et servent à in­for­mer les gens de ce qui se passe chez eux.

L’IM­POR­TANCE DE L’ÉCO­NO­MIE

Pour de nom­breux in­ter­ve­nants ren­con­trés dans les dif­fé­rentes lo­ca­li­tés, l’im­por­tance de l’ap­port éco­no­mique du jour­nal est in­dé­niable. « C’est un ca­ta­ly­seur, c’est un sti­mu­lant pour l’éco­no­mie. C’est un in­con­tour­nable et il ne faut pas prendre ça pour ac­quis », dit Ber­nard Fi­lia­trault, conseiller en pla­ce­ment à la Fi­nan­cière Banque Na­tio­nale de Baie-Co­meau.

Il en va de même pour Stéphanie Trem­blay, com­mer­çante de Baie-Co­meau, mais aus­si pré­si­dente du Re­lais pour la vie de l’en­droit. « Le Ma­nic est par­te­naire avec nous de­puis plu­sieurs an­nées pour nous sup­por­ter (Re­lais pour la Vie de Baie-Co­meau), c’est im­por­tant parce que c’est un évé­ne­ment pu­blic qui ras­semble des mil­liers de mar­cheurs et les gens ont be­soin de s’in­for­mer. »

Ailleurs, on parle de coups de hache dans l’éco­no­mie lo­cale. « La ré­gion est en ré­ces­sion et on conti­nue à nous en­le­ver des em­plois. Ici, nous avons dé­jà per­du des jour­naux et d’autres sont en train de se ju­me­ler. Ce sont des cou­pures et des cou­pures. L’ar­gent de la ré­gion s’en va. C’est comme les gens qui achètent sur In­ter­net. Nos com­merces ferment et ils se de­mandent pour­quoi. Nous sommes en train de vi­der notre ré­gion », ex­plique Steve Trem­blay, pro­prié­taire du Pa­villon du HotDog, une ins­ti­tu­tion de 50 ans dans Jon­quière.

PROXI­MI­TÉ DES IN­TER­VE­NANTS

Les jour­naux et leurs équipes de jour­na­listes sont à même de ren­con­trer, de com­prendre, d’in­ter­ve­nir au­près des lec­teurs, des di­ri­geants, des élus.

En ré­gion, la proxi­mi­té se fait sen­tir quo­ti­dien­ne­ment.

« Le jour­nal a un rôle de proxi­mi­té avec la com­mu­nau­té. C’est-à-dire de trans­mettre les in­for­ma­tions de ce qui se passe dans notre mi­lieu. Les in­for­ma­tions au ni­veau des gens, les pro­jets que les gens mettent de l’avant, de ce qui se passe dans la com­mu­nau­té », ra­conte So­nia Pa­gé, agente de dé­ve­lop­pe­ment lo­cal et com­mu­ni­ca­tion de la SADC à Lac-Mé­gan­tic.

« Quoi de mieux qu’un jour­na­liste d’une ré­gion, qui connaît les in­ter­ve­nants, les en­jeux, les dos­siers, pour par­ler aux gens de ce qui se passe chez eux. L’in­for­ma­tion lo­cale, c’est cou­vrir le gouvernement le plus proche des ci­toyens », ajoute An­dré Bras­sard-Au­bin.

« C’est un des seuls mé­dias qui peut re­joindre les gens dans leur sa­lon. Ils prennent le temps de le feuille­ter, de re­gar­der leurs nou­velles et sur­tout de le gar­der avec eux. Le jour­nal tu le touches, tu le vois, tu le lis », in­dique Sé­bas­tien Lé­vesque, com­mer­çant, pro­prié­taire du ma­ga­sin Cy­clo Ex­pert de Ri­vière-du-Loup et membre de la Chambre de com­merce de l’en­droit. DES ÉLUS SUPPORTENT LA VAGUE Ma­rie-Claude Ni­chols, est dé­pu­tée de Vaudreuil. Elle est une an­cienne mai­resse et pré­fet de la MRC de Vau­dreuilSou­langes. Ayant évo­lué dans le do­maine mu­ni­ci­pal, elle com­prend la proxi­mi­té né­ces­saire entre les élus, le jour­nal et les ci­toyens/lec­teurs. « Nous sommes 70 au cau­cus li­bé­ral et nous sommes plu­sieurs à avoir le­vé le dra­peau au su­jet de ce pro­jet de loi. Je suis dans votre camp et plu­sieurs autres le sont. En fai­sant le tour du Qué­bec, vous avez sou­le­vé cette vague et je porte votre voix, votre mes­sage à l’As­sem­blée na­tio­nale. Je re­con­nais l’im­por­tance de votre rôle dans la so­cié­té », as­sure la dé­pu­tée pro­vin­ciale.

Elle ajoute même que l’adop­tion de la Loi 122, dont une por­tion per­met­trait aux mu­ni­ci­pa­li­tés de ne plus af­fi­cher les avis pu­blics dans les jour­naux est pré­ma­tu­rée. « Tu passes la même loi dans 20 ans, c’est cor­rect. Mais ac­tuel­le­ment c’est trop tôt. Nous sommes à la croi­sée des che­mins. Il y a plein d’en­droits au Qué­bec ou l’In­ter­net n’est pas ac­ces­sible pour la po­pu­la­tion », conclut Ma­rie-Claude Ni­chols qui re­mer­cie la MRC de Vaudreuil-Soulanges d’avoir éga­le­ment dé­mon­tré pu­bli­que­ment son ap­pui à la cause des jour­naux.

En un peu plus de 24 heures, la page Fa­ce­book mon­jour­nal­jy­tiens a re­çu l’ap­pui de plus de 840 per­sonnes, des lec­teurs in­té­res­sés, et le chiffre conti­nuait de mon­ter en jour­née mar­di.

YA­NICK MI­CHAUD

PHO­TO YA­NICK MI­CHAUD

Une par­tie de l’équipe qui a réa­li­sé le re­por­tage a par­cou­ru le Qué­bec et a vi­si­té le Sa­gue­nay afin de re­cueillir les com­men­taires de lec­teurs des jour­naux ré­gio­naux.

Plus de 1900 ki­lo­mètres en quatre jours pour re­cueillir les com­men­taires de lec­teurs de nom­breux jour­naux ré­gio­naux par­tout dans la Belle Province. PHO­TO LAURELINE BA­RIL-BOISC­LAIR

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