Des jour­naux trans­pa­rents, utiles et sur­tout es­sen­tiels

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

Vous avez re­gar­dé la page 6 —ÉDITORIAL de ce jour­nal et cher­ché en vain l’éditorial qui s’y trouve ha­bi­tuel­le­ment.

Je l’ai vo­lon­tai­re­ment chan­gé de place dans le jour­nal pour vous mon­trer à quel point l’in­for­ma­tion pour­rait se trans­for­mer ra­pi­de­ment, ad­ve­nant que le prin­cipe de trans­pa­rence dis­pa­raisse.

UNE VAGUE D’AMOUR

Une par­tie de la loi 122, qui don­ne­rait plus de pou­voirs aux mu­ni­ci­pa­li­tés, vise la pu­bli­ca­tion des avis pu­blics dans les jour­naux. Les villes ne se­raient plus obli­gées de pu­blier ces avis dans les pages des jour­naux, rem­part de la dé­mo­cra­tie. Les mu­ni­ci­pa­li­tés pour­raient se conten­ter de les pu­blier sur leurs sites In­ter­net. En douce. Ce se­rait une perte de vi­si­bi­li­té es­sen­tielle pour les ci­toyens. Les lec­teurs étaient as­su­rés de re­trou­ver ces avis chaque se­maine. Cer­tains mi­nistres à Qué­bec, sur­tout ceux qui n’émanent pas du gouvernement mu­ni­ci­pal, semblent croire que les jour­naux sont dé­pas­sés. Que la po­pu­la­tion ne lit plus les mé­dias tra­di­tion­nels. Que nous sommes plei­ne­ment à l’ère Fa­ce­book. Or, il n’en est rien et nous sommes tan­nés d’en­tendre que : « les jour­naux, il n’y a plus per­sonne qui lit ça. »

Nous avons par­cou­ru le Qué­bec afin de voir si vous te­nez à vos jour­naux. S’ils sont im­por­tants pour vous. Pour l’in­for­ma­tion, pour la trans­pa­rence.

Vous avez été for­mels. Les jour­naux ne sont pas qu’utiles, ils sont es­sen­tiels.

Les jour­naux sont es­sen­tiels. Je prêche certes pour ma pa­roisse, mais vous de­vriez voir ces lec­teurs, dont plu­sieurs d’entre vous, at­tendre avec fé­bri­li­té le jour­nal chaque se­maine, pour le feuille­ter, le consul­ter, le lire. Pour vous in­for­mer. Vous me l’avez dit dans ce re­por­tage que j’ai réa­li­sé avec plai­sir. En fai­sant ce mé­tier que j’aime, pour vous in­for­mer. Pour vous te­nir au cou­rant de ce qui se passe. En toute trans­pa­rence. Comme ce doit l’être.

UN MÉ­DIA ES­SEN­TIEL

Ima­gi­nez un monde sans salle de ré­dac­tion. Une an­nonce mi­nis­té­rielle pour les aî­nés. Pas d’ar­ticle en page 3. Des an­nonces de cam­pagne de fi­nan­ce­ment des mai­sons de soins pal­lia­tifs. Pas d’ar­ticle pour les mous­ser. Idem pour les Fon­da­tions d’hô­pi­taux ou d’en­fants. Les villes qui an­noncent leurs fêtes d’hi­ver, les courses de trac­teur à ga­zon, les nou­velles règles concer­nant le sta­tion­ne­ment des in­fra­struc­tures. Pas de jour­nal pour en par­ler. Pour in­for­mer la po­pu­la­tion. Pas de salle de nou­velle pour trou­ver des su­jets qui font vi­brer, qui font connaître les gens d’ici. Les ar­tistes, les peintres, les spor­tifs, les en­sei­gnants, leurs élèves, les réa­li­sa­tions. Pas d’an­nonces de ver­nis­sages, de congrès, de fo­rums.

Oui, Fa­ce­book, les ré­seaux so­ciaux, c’est mer­veilleux. On peut y re­trou­ver des nou­velles. Mais Fa­ce­book, ce n’est pas une salle de ré­dac­tion. C’est un re­lais. Qui dif­fuse des nou­velles pro­ve­nant de jour­naux. Qui plus est, c’est un al­go­rithme qui dé­cide de l’ordre des nou­velles. De ce que vous voyez. De ce que vous li­sez. De ce qui vous in­forme. Nous sommes à des mil­liers de ki­lo­mètres de la trans­pa­rence sou­hai­tée. Nous de­vons dire main­te­nant, que même si on le tient par­fois pour ac­quis, Mon jour­nal j’y tiens!

YA­NICK MI­CHAUD

PHO­TO LAURELINE BA­RIL-BOISC­LAIR

J’ef­fec­tue mon mé­tier avec pas­sion, comme lors de l’en­tre­vue avec Régent Char­land à Lac-Mé­gan­tic qui me parle de son at­ta­che­ment pour son jour­nal lo­cal.

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